... en 1934, au grand rassemblement annuel du parti nazi, à Nuremberg, Hitler permet finalement à Eva de siéger à ses côtés à la tribune d'honneur, et même d'apparaître de temps à autres en sa compagnie.C'est un début de reconnaissance. Un début timide, mais quand même un début.
Le problème, c'est qu'Eva, à la différence de Magda Goebbels, n'a aucune des qualités nécessaires pour briller en société, ce dont Hitler ne veut de toute manière pas entendre parler.
Alors, en mai 1935, après avoir noté dans son journal que Hitler "n'a besoin de moi qu'à des fins tout à fait déterminées" (1), elle décide une fois de plus de mettre fin à ses jours, en avalant des dizaines de cachets de somnifère.
Mais, à nouveau, elle est sauvée in extremis par l'intervention de ses proches.
"A partir de ce jour, il [Hitler] fit tout pour donner à Eva des nouvelles quotidiennes. (…) Elle obtint des privilèges, put être présente en quelques occasions officielles, même si c'était seulement en tant que "secrétaire". Et elle ne fut plus forcée de travailler (…) A la demande du Führer, Hoffmann acquit un an plus tard, pour trente mille Reichsmarks, une maison (…) à Munich. C'est là qu'Eva emménagea avec sa sœur, le 30 mars 1936 (…) Au fil du temps, les cadeaux d'Hitler emplirent le domicile (…) Pour Eva, cette maison [qu'Hitler lui légua peu après par acte notarié] était avant tout un signe de reconnaissance, une sorte de symbole de son statut social (…) [De cette maison] on pouvait rejoindre à pied l'appartement d'Hitler, sur la Place du Prince-Régent. Lorsqu'il venait à Munich, raconte la gouvernante des Braun (…) Eva se mettait en route avec une petite valise" (2)
(1) Knopp, page 95
(3) ibid, 95-97
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