vendredi 16 décembre 2005

1013 - Ubu roi

... "Quand nous sommes arrivées à Auschwitz", raconta Silvia Vezela, jeune juive slovaque, "on nous a fait descendre sans ménagement des wagons, et les officiers SS se sont mis à crier sur notre médecin. Ils voulaient savoir pourquoi il était le seul homme du transport. Il a répondu dans un allemand parfait "je suis médecin, et c'est la conférence juive centrale qui me l'a demandé. Mon rôle est d'accompagner le convoi puis de retourner en Slovaquie". Sur ce, un officier SS a sorti une arme et l'a abattu"

Plus tard, alors qu'elles attendaient, nues, de se faire raser la tête, arriva un autre officier SS qui ordonna à cinq d'entre elles d'aller dans le cabinet du médecin.

"Il voulait examiner des Juives et voir si elles étaient vraiment vierges. Il voulait aussi savoir si les Juives étaient saines. (...) Toutes ces femmes étaient des Juives pieuses. Il n'était pas question pour elles de laisser un homme les toucher avant le mariage. Mais au cours de leur examen, toutes les filles ont été privées de leur virginité : les médecins se servaient de leurs doigts. Elles ont toutes été déflorées, encore une façon de les humilier"

De fait, et aussi étrange que cela puisse paraître à nos yeux, si les meurtres de Juifs par les SS allemands étaient quotidiens et pratiqués sur une échelle industrielle, les viols de Juives par ces mêmes SS étaient en revanche fort rares. La raison n'en était évidemment pas humanitaire mais purement idéologique : les relations sexuelles - fussent-elles sous formes de viols - entre un représentant de la race supérieure et une sous-humaine juive contrevenaient en tout point à l'idéal national socialiste de pureté raciale. Elles étaient donc combattues, et souvent sanctionnées, par la hiérarchie.

Si violer une Juive était formellement prohibé, rien n'interdisait en revanche à un SS de la déflorer par plaisir, avec ses doigts, un manche de brosse ou un objet quelconque, ni, évidemment, de lui faire sauter la tête à coups de pistolet s'il lui en prenait l'envie.

C'était cela aussi, la logique des camps...

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