dimanche 17 juillet 2005

861 - imprévu

... en cinq mois seulement, le Japon s'est emparé d'un empire immense et de richesses considérables. Tous ses objectifs ont été atteints, et même dépassés, au prix de pertes finalement bien plus légères que prévu : quelques milliers de soldats, cinq destroyers, et près de 2 000 avions, mais seulement un tiers en combat aérien.

Chez les Alliés, en revanche, les pertes sont terribles et le moral au plus bas, ce qui fait dire au Haut Commandement nippon qu'ils vont forcément se mettre à la recherche d'une paix négociée qui laissera le Japon seul maître de l'Asie...

Le 18 avril 1942, pourtant, c'est le coup de théâtre. A la stupéfaction de l'État-major nippon, Tokyo a été bombardée (!) Le raid a été mené par 16 bimoteurs B25 qui, de façon invraisemblable, sont parvenus à décoller de l'étroit pont d'envol du porte-avions Hornet, lequel s'est aventuré jusqu'à 600 milles des côtes japonaises (Saviez-vous que... 663 à 665).

Sur le strict plan militaire, c'est un raid de peu d'importance - la plupart des habitants de la capitale japonaise ne s'en sont même pas aperçus - qui n'a d'ailleurs causé que des dégâts insignifiants. Au plan politique, en revanche, c'est un double coup de massue. D'abord parce qu'il prouve que le Japon n'est pas invulnérable. Ensuite, et surtout, parce qu'il démontre que, contre toute attente, les Alliés, Américains en tête, ne sont pas disposés à négocier.

Il faut de toute urgence revoir tous les plans opérationnels, et mettre définitivement le Japon hors de portée des attaques américaines.

Jusqu'ici, les stratèges japonais hésitaient encore entre deux grands axes d'attaque : vers le Sud et l'Australie, ou vers l'Est, en direction d'Hawaï. Après le raid de Doolittle, la décision de l'amiral Yamamoto est prise : il faut venger l'affront et foncer vers l'Est, mettre le Japon à l'abri de nouvelles frappes, et pour cela s'emparer de la petite île de Midway qui, comme son nom l'indique, se trouve située à mi-chemin entre la côte Ouest des États-Unis et le Japon.

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