... dans les Salomons, l'île de Rabaul, surnommée "le Gibraltar du Pacifique", est réputée imprenable. Qu'importe : fidèle à sa stratégie des "sauts de puce", le général McArthur a décidé de la couper du monde, en y laissant croupir la garnison japonaise sans ravitaillement.En février 1944, la Nouvelle-Bretagne et Bougainville sont repris, après de furieux combats où, une fois encore, les soldats nippons ont préféré la mort à la reddition.
Mais le coup le plus dur viendra de l'archipel des Mariannes où les Japonais, pensant remporter une victoire décisive, ont réuni une flotte de neuf porte-avions et cinq cuirassés. C'est plus qu'à Pearl Harbour mais, face à la machine de guerre américaine qui tourne désormais à plein régime et a réuni quinze porte-avions et sept cuirassés (!), c'est dramatiquement insuffisant.
De plus, les aviateurs expérimentés qui sont tombés à Midway et dans les Salomons ont d'autant moins été remplacés qu'à la différence des Américains, les Japonais n'ont quant à eux développé aucun service de secours en mer.
S'il est abattu, le pilote japonais n'a donc aucune chance de survivre et de reprendre le combat. Du reste, en raison de l'étroitesse de l'habitacle, la plupart des pilotes de "Zéro" volent sans parachute, alors que leur équipement de survie - si tant est qu'on puisse l'appeler ainsi - se compose en tout et pour tout d'un pistolet Nambu - copie du Luger allemand - pour se suicider...
"Nous ne parlions pas de cela", expliqua après guerre un pilote japonais, "mais je suis sûr que très peu d'entre nous espéraient survivre à la guerre, à l'exception des officiers supérieurs, qui ne pilotaient pas. Nous attendions la mort à chaque mission, avec sérénité"
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