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| La tourelle centrale du croiseur de bataille Lion, éventrée par une explosion interne au Jutland |
Dans cette logique, la Bataille du Jutland est alors et sans conteste une victoire britannique, puisque c'est bel et bien la Royal Navy qui, une fois encore, et conformément à sa longue tradition, est restée maîtresse du terrain et a contraint la Marine impériale allemande à battre en retraite jusque dans ses ports, et ce sans plus guère d'espoir d'en ressortir un jour.
Mais en Grande-Bretagne, l’annonce de cette bataille, et de son issue, est pourtant loin de soulever autant d’enthousiasme qu’en Allemagne !
"De l'autre côté de la mer du Nord, la perception de ce qui allait bientôt être connu des Britanniques sous le nom de Bataille du Jutland était radicalement différente. Les attentes populaires, fondées sur des siècles de suprématie navale, avaient toujours été démesurées, et seule la destruction totale de la flotte allemande aurait été acceptable pour le public britannique.
Les questions de stratégie et de sécurité nationale n'entraient pas en ligne de compte. On s'attendait simplement à une défaite cuisante des Allemands. À la lumière de cette vision, ce qui se produisit réellement au Jutland s’avéra bien en deçà des espérances.
Même pour les professionnels, il n'y eut ni triomphe ni victoire. Pour Jellicoe, Beatty, l'Amirauté et les hommes de la Royal Navy, la Bataille du Jutland constitua une profonde déception. Avant même que la Grand Fleet ne soit rentrée au port, les premières rumeurs de défaite commencèrent même à circuler, suscitant une vive inquiétude au sein de la section de l'Amirauté chargée de diffuser les communiqués et de contenir l'enthousiasme démesuré du public" (1)
(1) Steel et Hart, op cit, pages 501-502






