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| La Garnd Fleet, à la poursuite des Allemands, dans des conditions de visibilité précaires |
De fait, la décision de Jellicoe d'abattre vers la gauche plutôt que vers la droite vient de sauver l'escadre de Scheer de l'anéantissement !
En dehors d'une demi-douzaine de petits torpilleurs mis hors de combat, et de dégâts supplémentaires aux croiseurs de bataille, le troisième, et ultime, demi-tour de Scheer, ne provoque en effet que quelques dommages aux cuirassés Markgraf, Grosser Kurfüst et König, qui demeurent néanmoins en état de combattre.
Scheer peut s’estimer heureux, puisque son erreur précédente n’a finalement provoqué aucune conséquence irrémédiable pour la Hochseeflotte.
Mais la Chance étant maîtresse par nature fort versatile, il serait bien trop dangereux, et même carrément suicidaire, de s’obstiner.
Et comme il n'est pas davantage question de se laisser refouler vers l’ouest, c.-à-d. vers les côtes anglaises, l'Allemand décide de rentrer au pays par le chemin le plus court, donc au sud-est, en passant par le bateau-phare de Horns Reef.
Jellicoe, cette fois, a parfaitement saisi l'intention, et a lui-même commencé à manœuvrer de manière à couper la route de son adversaire.
Hélas pour les Britanniques, c’est une fois encore la visibilité – déjà fort précaire au début de la bataille – qui se met à nouveau au service des Allemands : quand les combats reprennent, vers 20h00, c’est à peine si les croiseurs de bataille de Beatty, qui ont repris leur poste à l’avant-garde, aperçoivent encore leurs adversaires, ce qui ne les empêche cependant pas de causer de nouvelles avaries au Seydlitz, au Derfflinger (qui y perd sa dernière tourelle),… mais aussi aux malheureux pre-dreadnought de l’amiral Mauve, qui tentent fort imprudemment de se porter à leur secours…






