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| "Mais on l'a quand même coulé, n'est-ce pas ?", caricature américaine, 1921 |
Étant demeurés en Allemagne après l’Armistice, les quatre Nassau et les quatre Helgoland seront en effet répartis, tel qu’initialement prévu, entre les différents vainqueurs de l’Allemagne, à l’exception du Rheinland qui, en trop mauvais état, sera simplement expédié à la démolition en juin 1920
Attribués aux Japonais, l’Oldenburg et le Nassau n’intéresseront finalement pas ces derniers, qui, en conséquence, décideront plutôt de les envoyer dans des chantiers de démolition, où ils seront respectivement ferraillés en 1921 et 1922
Attribués aux Britanniques, le Posen, l’Helgoland et le Westfalen ne retireront pas davantage l’attention de ceux-ci, et seront dès lors ferraillés eux aussi entre 1922 et 1924
Devenu français en avril 1920, le Thüringen sera quant à lui remorqué jusqu’à Gâvres (Morbihan) puis échoué afin de servir de navire-cible. Brisé en deux à la fin de 1921, il sera ensuite partiellement ferraillé sur place entre 1923 et 1933
En définitive, ce sera donc l’Ostfriesland, attribué aux Américains, qui connaîtra la fin la plus intéressante, mais aussi la plus spectaculaire. Arrivé aux États-Unis par ses propres moyens, et sous pavillon américain, ce dernier sera ensuite ancré près de Cape Henry (Virginie) pour servir de cible à un nouveau type d’arme : la bombe d’avion.
Menés par le bientôt célèbre Billy Mitchell, les essais de bombardement, au départ infructueux, connaîtront leur apothéose le 21 juillet 1921 lorsque Mitchell, désobéissant aux ordres, aura l’idée de remplacer les bombes de 230 et 600 livres, parfaitement inefficaces, par des bombes "géantes" de 2 000 livres (910 kg) qui provoqueront rapidement le chavirage du cuirassé allemand.
En 1914, les marins du monde entier considéraient les cuirassés comme les armes absolues de la guerre sur mer
Sept ans plus tard, les aviateurs du monde entier ne les voient déjà plus que comme de vulgaires proies...






