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| Combat de nuit au Jutland : l'ennemi à la seule lueur des projecteurs... |
L’un n’a pas d’autre choix que de combattre de nuit, l’autre veut à tout prix l’éviter; l’un s’est entraîné et équipé pour combattre de nuit, l’autre n’a rien entrepris en ce sens.
En conséquence, et malgré son infériorité autant en nombre de navires qu’en puissance de feu, Scheer va bel et bien réussir à passer en bousculant l’écran des croiseurs légers britanniques lors d’une succession d’affrontements extraordinairement confus, qui durent plus de deux heures, et dans lesquels Jellicoe, une fois de plus, ne voit rien, se méprend complètement sur les mouvements de son adversaire,… et ne reçoit aucun renseignement valable de la part de ses subordonnés qui, de leur côté, estiment par trop inconvenant de prévenir leur commandant–en-chef, persuadés qu’ils sont que celui-ci voit forcément la même chose qu’eux !
Tenus dans une obscurité à peine rompue de temps à autres par le faisceau d’un projecteur, la lueur d’un obus éclairant, ou l’incendie qui ravage l’un ou l’autre bâtiment, les combats reprennent donc peu après 22h00
Côté allemand, disparaissent ainsi les croiseurs légers Elbing, Frauenlog et Rostock, le pré-dreadnought Pommern et, surtout, le croiseur de bataille Lützow, ex navire-amiral de Hipper, qui, trop endommagé et prenant l’eau de toute part, est finalement abandonné par son équipage et sabordé à 02h45.
Côté britannique, on déplore la perte d’une demi-douzaine de torpilleurs et, surtout, celle du croiseur-cuirassé Black Prince qui, à l’instar du Defence quelques heures auparavant, s'est lui aussi retrouvé au mauvais endroit et au mauvais moment, c-à-d sous le feu direct de plusieurs cuirassés allemands
La Hochseeflotte est passée mais, sur l’Iron Duke, Jellicoe ne le sait pas encore…






