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| Les Dardanelles : une opération à l'origine purement navale et en principe facile... |
Longuement abordée dans une autre chronique à laquelle les lecteurs intéressés n’auront qu’à se référer (1), l’Affaire des Dardanelles - dont nous ne intéresserons ici qu’à ses débuts et à la partie strictement navale, peut se résumer de la manière suivante.
Si le Front de l'Ouest paraît pour l'heure relativement stabilisé, et le mariage entre Français et Britanniques plus fort que jamais, la situation est en revanche toute autre à l'Est, où le troisième partenaire, la Russie, mal commandée et équipée, et qui a déjà subi d'énormes pertes face aux Allemands et Austro-Hongrois, est en difficultés et va de surcroît bientôt devoir affronter les Ottomans.
Outre son effet bénéfique à l'Ouest, un "troisième Front" que l'on ouvrirait au Sud-Est, et plus précisément aux Dardanelles, et contre l'Empire ottoman, soulagerait assurément la Russie et permettrait également de rétablir avec elle le lien maritime rompu par ces mêmes Ottomans avec la fermeture des détroits.
A la fin de 1914, l’amiral Sackville Hamilton Carden, qui commande l'escadre britannique de Méditerranée orientale, s’est donc vu confier l’étude d’une attaque des Dardanelles, et a bientôt estimé qu’elles pourraient être forcées "par des opérations d'envergure" mettant en œuvre - et la précision est importante - "un grand nombre de navires".
Le 13 janvier 1915, à Londres, Churchill, rallié aux convictions de Carden, emporte alors l’adhésion du gouvernement britannique, puis de l’allié français, sur une opération qui - précision tout aussi importante - se veut quant à elle presque exclusivement navale.
Dans l’esprit, le "grand nombre de navires", majoritairement britanniques, réclamés par Carden se chargera simplement de réduire un à un les forts ottomans qui barrent les Dardanelles jusqu’à la Mer de Marmara.
Voyant leur capitale (2) désormais sous la menace directe des gros canons de marine, et craignant d'assister, dans la foulée, à l'arrivée de troupes grecques, roumaines, voire bulgares appâtées par la perspective d'un imposant butin, les Ottomans - personne n'en doute - s'empresseront sinon de réclamer la paix, du moins de rapatrier nombre de leurs divisions actuellement engagées contre la Russie,.. ce qui allègera par conséquent la pression que subit actuellement celle-ci.
Sur le principe, donc, le plan présenté par Churchill est fort simple et pourrait du reste très bien fonctionner.
Mais le diable, comme toujours, est dans les détails...
(1) Saviez-vous que… Gallipoli
(2) Ankara ne deviendra capitale de la Turquie qu'en 1923



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