![]() |
| Langsdorff, à l’enterrement des morts du Graf Sppe. Notez les saluts nazis dans l'assistance |
Mais en attendant l’issue du compte à rebours, Langsdorff n’en doit pas moins satisfaire de multiples obligations, à commencer bien sûr par présider, le 15 décembre, l’enterrement des 36 marins du Graf Spee décédés lors du combat, cérémonie à laquelle assistent d’ailleurs pas moins de 5 000 personnes, germanophiles ou non.
"Au milieu des couronnes offertes par la colonie allemande de Montevideo, il s’en trouvait une donnée par les 60 marins anglais prisonniers dont le gouvernement de l’Uruguay avait immédiatement exigé la libération. Elle était dédiée "à la mémoire de braves marins de la part de leurs camarades de la marine de commerce britannique" (1)
Dans la rade de Montevideo, le Graf Spee est quant à lui devenu une véritable attraction touristique : les citoyens de la ville se pressent en effet dans de petites embarcations qui font le tour du Panzerschiff, contemplent les dommages dus au combat… et se demandent quand celui-ci va y retourner pour affronter les navires britanniques qui l’attendent au large et dont on aperçoit parfois tantôt la fumée, tantôt l’un ou l’autre de leurs hydravions d’observation.
Le dénouement de toute cette affaire n’est pourtant plus très loin,… comme en témoigne d’ailleurs la liberté de mouvements rendue à l’Altmark qui, jusqu’ici, mais toujours à bonne distance, avait - rappelons-nous - toujours fidèlement et très discrètement accompagné le Graf Spee dans toutes ses aventures.
A présent débarrassé de ses obligations, le pétrolier-ravitailleur, dans les cales duquel se trouvent près de 300 marins britanniques capturés lors des différentes prises du Graf Spee, a donc repris le chemin de l’Allemagne, ce qui, dans quelques semaines, va d'ailleurs lui valoir de se trouver bien malgré lui à l’origine d’un grave incident diplomatique, dont nous parlerons dans notre prochaine chronique…
(1) Mordal, op cit, page 145-146






