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| Le croiseur de bataille Hindenburg, sabordé à Scapa Flow : que faire à présent ? |
En cet après-midi du 21 juin 1919, à Scapa Flow, dans cette immense baie devenue la plus grande base navale britannique des Orcades, la quasi-totalité de la flotte de guerre allemande, saisie et internée à peine quelques mois plus tôt, achève de disparaître sous les flots.
En tout, cinquante-deux des soixante-quatorze navires présents, dont cinq croiseurs de bataille sur cinq et dix cuirassés sur onze (!), sont à présent perdus à jamais, autant pour l’Allemagne que pour ses vainqueurs.
La Hochseeflotte, cette étrange "Marine de parvenus", sans Histoire ni traditions, est donc retournée au néant dont elle avait surgi, à la stupéfaction générale, à la toute fin du 19ème siècle, lorsque le Kaiser Guillaume II et le Grand-Amiral Tirpitz avaient soudainement décidé que l’Avenir de l’Allemagne se jouerait désormais sur l’eau.
Chez les Britanniques, c’est la consternation, et bientôt la colère envers ces infâmes marins allemands qui, en sabordant leurs propres bâtiments, ont en quelque sorte "rompu l’armistice" (!), traîtrise qui leur vaut d’être aussitôt expédiés dans un camp de prisonniers de guerre dont leur chef, l’amiral Ludwig von Reuter, ne sortira lui-même qu’en janvier 1920.
Mais en Allemagne, ce choc, qui s’ajoute à l’humiliation de l’Armistice de novembre 1918, est une véritable catastrophe : en seulement quelques heures à peine, et sans même combattre, la toute jeune République de Weimar, qui a succédé à un Empire allemand désormais défunt, vient de perdre la quasi-totalité de son orgueilleuse Marine de guerre constituée au prix d’efforts démesurés au cours des années précédentes.
Que faut-il faire à présent ?






