![]() |
| "J'étais prisonnier sur le Graf Spee" l'amitié improbable entre un capitaine britannique et son geôlier allemand |
… dans la matinée du 14 décembre, Langsdorff a fait débarquer ses morts et ses blessés, mais aussi, et comme l’exigent les Conventions internationales, la soixantaine de prisonniers encore détenus à son bord, à commencer par Patrick Dove.
Patrick Dove, rappelons-nous, c'est l’irascible commandant du tanker Africa Shell qui, depuis la capture et la destruction de son bâtiment au large des côtes du Mozambique, puis de sa propre incarcération sur le Graf Spee, le 15 novembre, a néanmoins progressivement noué des liens d’amitié avec Langsdorff, dont il dressera d’ailleurs, et pour la petite Histoire, un portrait pour le moins flatteur dans son futur livre "J’étais prisonnier sur le Graf Spee"
Ces formalités accomplies, et après l’inévitable rencontre avec les plénipotentiaires allemands en poste à Montevideo, et les non moins inévitables rapports et compte-rendus expédiés à Berlin, Langsdorff a tranquillement attendu à son bord la venue des membres de la commission technique désignée par l’Inspecteur général de la Marine uruguayenne, auxquelles il a remis une "liste des avaries affectant la capacité du navire à reprendre la mer"
Mais le problème - et il est de taille - c’est que, dans leur rapport, les membres de la dite commission ne vont pas du tout arriver aux mêmes conclusions que lui et, en substance, écrire que les réparations les plus essentielles, selon les termes de la Convention de La Haye, peuvent être effectuées "sous trois jours".
"En conséquence, le gouvernement uruguayen accorda un délai de 72 heures, malgré les protestations du Chargé d’Affaires d’Allemagne, M. Langmann qui, d’après les conclusions d’un expert allemand arrivé par avion, avait réclamé quinze jours au minimum" (1)
Chez les Allemands, c’est évidemment la douche froide…
(1) Mordal, op cit, page 145






