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| Le sous-marin polonais Orzel, à Gdynia, en février 1939 |
Car côté britannique, les messages de détresse du Glowworm faisant état de sa rencontre avec un croiseur lourd allemand, suivis de son complet silence, n’ont nullement, et fort ironiquement, permis... d'éclaircir la situation (1)
On s’est certes empressé d’expédier les croiseurs de bataille de bataille Renown et Repulse, le croiseur léger Penelope et plusieurs destroyers vers la dernière position connue du navire allemand, mais que signifie réellement sa présence en pareil endroit ?
A ce stade, la possibilité d’une invasion du territoire norvégien n’est pas encore sérieusement envisagée : pour beaucoup, le dit croiseur allemand n’est là que pour s’en prendre aux navires britanniques qui s’apprêtent pour leur part à miner les eaux norvégiennes (!), alors que pour d’autres, il se prépare au contraire, et comme le Graf Spee et le Deutschland avant lui, à passer dans l’Atlantique à travers le Détroit du Danemark, afin de s’en prendre aux navires de commerce alliés.
Dans l’intervalle, et alors qu’il patrouille dans le Skagerrak, le sous-marin polonais Orzel (2) tombe quant à lui sur un étrange cargo qui navigue sans pavillon, et toute marque d’identité et de nationalité effacée, au large de la commune norvégienne de Lillesand.
Ayant fait surface à proximité vers 11h15, l’Orzel, conformément au Droit international, somme alors le dit cargo, qui s’avèrera être le Rio de Janeiro allemand transformé en transport de troupe, de s’arrêter et de s'identifier puis, devant son refus et ses multiples messages de détresse, l’expédie finalement à la torpille avec son équipage, mais aussi avec les quelque 300 soldats, chevaux, canons et autres véhicules militaires qui se trouvent à son bord.
"Alors que l’Orzel replongeait sous la surface, un destroyer norvégien ainsi que des bateaux de pêche arrivèrent sur les lieux afin de recueillir les hommes entassés dans les canots de sauvetage. À leur grande surprise - et non sans inquiétude - les Norvégiens découvrirent qu’un grand nombre de ces naufragés étaient des soldats allemands en uniforme. Ces derniers ne firent d’ailleurs aucun mystère de leur mission : ils se rendaient à Bergen, munis d’armes et de moyens de transport, afin d’"assurer la protection" de la ville"" (3)
(3) Macintyre, op cit, page 27






