Saviez-vous que...
mardi 21 avril 2026
9247 - comme le choc d'une masse sur une enclume
lundi 20 avril 2026
9246 - les mouches et les éléphants
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| Le croiseur léger Southampton |
Sur ces entrefaites, les petits torpilleurs allemands, qui jusqu'ici s'étaient prudemment tenus à l'écart des affrontements entre mastodontes, se sont rués à l'attaque,... immédiatement imités par leurs homologues britanniques.
Dans ce combat entre mouches et éléphants, la mer se met bientôt à grouiller de torpilles, mais les dits éléphants s'en tirent néanmoins sans dommage (1), à l'exception du Seydlitz, qui en encaisse une sans pour autant ralentir son allure.
En définitive, le véritable résultat de toute cette agitation est surtout d'accroître encore un peu plus la fumée, et la confusion, qui règnent dans chaque camp !
Mais c'est alors que le croiseur léger Southampton, à l'avant-garde de l'escadre de Beatty, fait une stupéfiante découverte : en plus de la flotte de Hipper, en route vers le sud, une deuxième flotte allemande, bien plus importante, est en train de monter vers le nord !
C'est Scheer, et c'est toute la Hochseeflotte !
Branle-bas immédiat chez les Britanniques !
Pour Beatty, il n'est évidemment pas question de poursuivre l'engagement contre pareil adversaire : il faut au contraire virer au nord, c-à-d vers Jellicoe et ses propres cuirassés, mais, pour la deuxième fois, la communication entre ses croiseurs de bataille et les super-dreadnought d’Evan Thomas se passe mal, avec pour résultat que, durant plusieurs minutes, ces derniers continuent leur petit bonhomme de chemin vers l'escadre allemande…
(1) cet engagement se traduira néanmoins par la perte de deux torpilleurs dans chaque camp
dimanche 19 avril 2026
9245 - un quelque chose qui cloche...
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| Le Princess Royal, en achèvement en 1912 avec, à sa droite, le futur Kongo japonais |
Mais il y a effectivement "quelque chose qui cloche" avec les croiseurs de bataille, et plus particulièrement avec les croiseurs de bataille anglais.
Ce "quelque chose", c'est le manque de blindage, particulièrement au niveau des fûts de tourelles, qui ne permet pas à ces navires ayant la vitesse d'un croiseur et la puissance de feu d'un cuirassé de soutenir durablement le tir d'obus de gros calibre.
L'idéal, au fond, serait de posséder des cuirassés... rapides, ce que le Warspite et ses jumeaux préfigurent déjà à leur manière, et ce que les Iowa américains - plus rapides cuirassés jamais construits - incarneront à merveille lors de la guerre suivante
En attendant, il faut bien faire avec ce que l'on a, c-à-d avec les quatre croiseurs de bataille survivants - et déjà passablement malmenés - et les quatre super-dreadnought d'Evan Thomas qui sont certes les plus cuirassés du monde, mais dont les obus sont défectueux !
Reste que malgré la tragique disparition de deux de ses croiseurs de bataille, dont l'un très récent (1), Beatty combat toujours à huit contre cinq, avec l'avantage de canons de bien plus gros calibre, et contre un adversaire qui jusqu'ici a certes parfaitement tenu son rôle d'appât, mais qui commence tout de même à fatiguer et à accuser les coups,... et qui se trouve donc fort aise d’apercevoir enfin, vers 16h30, les premières mâtures des cuirassés de Scheer...
(1) dernier croiseur de bataille construit pour la Royal Navy avant la 1ère G.M., le Queen Mary avait été mis en service à l'automne 1913
samedi 18 avril 2026
9244 - "pas une grande perte au niveau tactique"
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| Le croiseur de bataille Queen Mary, déchiré par les explosions |
Et c’est particulièrement vrai d’Alfred Chatfield, capitaine de pavillon de Beatty, qui, après la bataille, écrira, avec un détachement très britannique, que "l’Indefatigable était un navire plus petit et moins bien protégé que ceux de la 1ère Division (1) et, à ce titre, ne représentait pas une grande perte au niveau tactique" !
Et de fait, au niveau… tactique, il a raison, puisque l’arrivée des quatre super-dreadnought fait plus que rétablir l’équilibre, qui rendu à cinq contre cinq, repasse instantanément à neuf contre cinq !
Arrivé à extrême portée de tir, le Barham d’Evan Thomas, réussit même bientôt à décocher un 381mm qui atteint le Von der Tann sous la flottaison et lui fait embarquer 600 tonnes d'eau.
Les super-dreadnought tirent bien, et bien mieux que les croiseurs de bataille, mais leurs projectiles, qui n'ont jamais été éprouvés au combat, sont manifestement défectueux et se contentent le plus souvent d'exploser sur les blindages allemands sans réussir à les transpercer, ce qui permet donc à Hipper et à ses navires d'échapper à l'anéantissement.
Mieux : à 16h25, sous l'effet des tirs conjugués du Seydlitz et du Derfflinger, c'est maintenant le Queen Mary, le meilleur "buteur" du côté anglais, qui disparaît à son tour dans une série d’explosions qui ne laissent qu'une vingtaine de survivants sur un équipage de près de treize cents hommes !
Et Beatty, comme s’il voulait rivaliser en matière de détachement, se tourne alors vers son capitaine de pavillon et se contente lui aussi d'un commentaire laconique : "Il semble, Chatfield, qu'il y ait quelque chose qui cloche avec nos foutus bateaux"…
(1) la 1ère Division était composée des Queen Mary, Princess Royal et Tiger qui, comme le Lion, portaient des pièces de 343mm, contrairement aux plus anciens New Zealand et Indefatigable de la 2ème Division, qui ne disposaient que de 305mm
vendredi 17 avril 2026
9243 - une affaire fort mal engagée...
Même s'ils luttent à six contre cinq, et même s'ils disposent de canons plus puissants, les Anglais ne sont pas à la fête, puisqu'il leur faut encore attendre plusieurs minutes avant de voir un 343mm du Queen Mary s'abattre sur le Seydlitz, pulvérisant sa tourelle "C", et provoquant un début d'incendie qui, comme au Dogger Bank, est à deux doigts d'anéantir le croiseur de bataille allemand.
A 16h00, alors que la distance entre les protagonistes est tombée à 12 000 mètres, les deux navires amiraux sont touchés presque simultanément, mais si le Lützow, victime du Queen Mary, s'en tire sans trop de dommages, il en va tout autrement du Lion, qui perd sa tourelle centrale et manque de disparaître corps et biens dans l'incendie qui s'ensuit.
Et ce n'est pas fini puisque les Allemands, qui tiennent la bonne hausse, s'acharnent, le touchent à plusieurs reprises et le forcent bientôt à quitter sa ligne.
De son côté, le Princess Royal vient également de perdre une de ses tourelles et tous les autres navires de Beatty sont déjà touchés à des degrés divers
Les canonniers allemands tirent bien, en tout cas bien mieux que les britanniques - ceux du Queen Mary exceptés - et pour ces derniers, le pire est encore à venir car à 16h05, trois 280mm du Von der Tann, pourtant le plus ancien et le moins puissant des croiseurs de bataille allemands - crèvent les ponts de l'Indefatigable, qui disparaît aussitôt dans une formidable explosion ne laissant que deux survivants sur un équipage de plus de mille officiers et marins !
En moins de vingt minutes, l'affaire est déjà fort mal engagée côté anglais, et virerait même à la débâcle complète si le Warspite et ses trois frères ne venaient enfin de faire leur apparition…
(1) ibid, page 106
jeudi 16 avril 2026
9242 - "par une erreur quelconque, nous avions été oubliés"
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| Le croiseur de bataille Moltke, en visite aux États-Unis, en 1912 |
Et sur le Derfflinger, le commandantt Georg von Hase est naturellement ravi de cette méprise !
"Ce qui m'étonnait, c'est que, jusqu'à présent, nous n'avions apparemment pas été touchés une seule fois. Seuls quelques rares tirs s'approchaient de nous. J'observai de plus près les tourelles de notre cible et constatai que ce navire ne tirait pas sur nous. Il tirait lui aussi sur notre navire amiral. J’observai un instant le troisième navire ennemi : par une erreur quelconque, nous avions été oubliés.
Je ris amèrement et commençai alors à engager le combat avec un calme olympien, comme à l'entraînement, et avec une précision sans cesse croissante" (1)
Et la discipline n’étant manifestement pas le point fort des Britanniques en cet après-midi du 31 mai 1916, voilà le Tiger qui manque également son signal de répartition et commence à tirer non pas sur le Seydlitz tel que prévu, mais bien sur le Moltke… déjà ciblé par le New Zealand !
Et comme les télémètres britanniques sont toujours autant à la peine, rien d’étonnant dès lors à ce que les tirs des croiseurs de bataille anglais s’avèrent rien moins que lamentables… contrairement bien sûr à ceux de leurs adversaires qui, salves après salve, se rapprochent dangereusement des buts !
Et de fait, à 15h54, plusieurs obus du Moltke, pourtant lui-même visé par deux adversaires, s’abattent sur le Tiger et mettent deux de ses tourelles hors service.
Les Allemands tiennent le bon bout...
mercredi 15 avril 2026
9241 - saisir l'aubaine
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| Le croiseur de bataille Derfflinger, en action, 31 mai 1916 |
Quatre des six croiseurs de bataille de Beatty alignent des pièces de 13,5 pouces (343mm) qui portent à 22 000 mètres, soit bien plus loin que les 11 pouces (280mm) et 12 pouces (305mm) des navires allemands, lesquels offrent une portée ne dépassant guère 17 000 et 19 000 mètres.
Sur le papier, les Lion, Princess Royal, Queen Mary et Tiger pourraient donc ouvrir le feu bien avant que leurs adversaires soient eux-mêmes à portée… si les télémètres britanniques, gênés par la fumée mais aussi par les vibrations de ces mastodontes qui avancent à pleine vitesse, parvenaient à mettre au point et à transmettre leurs informations aux directeurs de tirs et, à travers eux, aux canonniers.
Sur le Lion, un jeune cadet ne peut d’ailleurs s’empêcher de noter que "Je n'arrivais pas à réaliser que nous étions en présence de l'ennemi. Ce qui m'a paru assez étrange, c'est que, alors que la distance à laquelle nous l'avions aperçu n'était que d'environ 23 000 yards [21 000 mètres], nous n'avons ouvert le feu que lorsque la distance affichée sur nos viseurs est tombée à 18 500 yards [17 000 mètres]" (1)
Les Allemands, bien sûr, sont trop heureux de l’aubaine,… et même les premiers à ouvrir le feu, à 15h48
Le Lützow tire sur le Lion, le Derfflinger sur le Princess Royal, le Seydlitz sur le Queen Mary, le Moltke sur le Tiger, et le Von der Tann sur l’Indefatigable, ce qui, par la force des choses, ou plus exactement la simple loi du nombre, laisse provisoirement le New Zealand en paix.
Côté britannique, et puisqu'on est à six contre cinq, les Lion et Princess Royal ont résolu de s’en prendre simultanément au Lützow - ce qui, au demeurant ne va certes pas les aider à régler leurs tirs ! - tandis que les Tiger, New Zealand et Indefatigable doivent respectivement viser les Seydlitz, Moltke et Von der Tann.
Sur le Queen Mary, des signaux mal interprétés font néanmoins en sorte qu’au lieu de s’en prendre, tel que prévu, au Derfflinger, les canonniers décident plutôt de reporter leurs tirs sur le Seydlitz, lui-même visé par le Tiger, en sorte que, durant de longues minutes, le dit Derfflinger va ainsi se retrouver en mesure de tirer sans être inquiété par qui que ce soit en retour…
(1) ibid, page 97






