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| Le Blücher, au fond de l'image, photographié depuis le croiseur léger Emden, 8 avril 1940 |
" Malgré ces éléments ô combien probants, et par ailleurs rendus publics par l’agence Reuters le même soir, ni le gouvernement norvégien ni l’Amirauté britannique ne prirent la mesure de la situation.
Le premier refusa d’y croire et, pendant un certain temps, ne prit même aucune disposition pour alerter ses défenses côtières, la question de la mobilisation générale n’ayant, quant à elle, pas encore été envisagée.
À Whitehall, la crainte qu’une escadre ennemie ne tente une percée vers l’Atlantique détourna l’attention de ce renseignement capital" (1)
Alors qu’à présent chaque minute compte, mais qu’ils pourraient encore, s’ils s’y prenaient avec toute la célérité et la détermination voulues, empêcher au moins une partie des troupes allemands de prendre pied sur le rivage norvégien, les Britanniques passent une fois de plus à côté de la montre en or !
Et ce n’est pas fini puisque, peu après 15h00, un message de l’attaché naval britannique à Copenhague révèle quant à lui le passage du croiseur lourd Blücher, du croiseur de bataille Gneisenau (en réalité l’ex Panzerschiff Lützow) et de plusieurs autres navires allemands à travers le Kattegat, passage maritime qui sépare le Danemark de la Suède, une information confirmée trois heures plus tard par les sous-marins Triton et Sunfish, mais qui, là encore, ne fait qu’ajouter à la confusion.
Il s’agit pourtant du Gruppe V, qui vogue tranquillement en direction d’Oslo…
(1) ibid, page 27






