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| Le croiseur lourd Exeter, ou pourquoi vouloir ressusciter un mort... |
Très gravement endommagé lors de l’affrontement du 13 décembre, ayant perdu toute son artillerie, troué comme une passoire, prenant l’eau de toute part, et contraint de tracer sa route uniquement à l’aide d’un simple d’embarcation (!), l’Exeter, devenu poids mort, avait - rappelons-nous - finalement été autorisé à retraiter aux Falklands, archipel certes isolé et distant de quelque 1 800 km, mais offrant toutefois, parce que britannique, le considérable avantage de lui éviter tout risque d’y être interné jusqu’à la fin de la guerre.
Arrivé par ses propres moyens, et presque par miracle, à Port Stanley le 16 décembre, ses blessés et la plus grande partie de son équipage évacués à terre, le croiseur, après quelques réparations de fortune uniquement destinées à s’assurer qu’il ne coule pas au beau milieu du port (!), est ensuite quasiment abandonné sur place.
Car à Londres, l’Amirauté le considère en effet dores et déjà comme une cause perdue, et même une perte totale, d’abord parce qu’il n’existe à Port Stanley, à plus de 13 000 km de la métropole, rien qui pourrait le remettre minimalement en état de combattre, et ensuite parce qu’en supposant-même qu’on parvienne à le rapatrier en Grande-Bretagne, les réparations, qui s’apparenteraient en fait à une quasi-reconstruction (!), ne seraient ni militairement ni financièrement justifiées, tant elles exigeraient de moyens humains et matériels.
De toute manière, en cette "funny war", cette "drôle de guerre" où il ne se passe pour ainsi dire plus rien depuis l’écrasement final de la Pologne, le 6 octobre, la Royal Navy n’est certes pas sur le point de manquer de croiseurs, alors à quoi bon vouloir ressusciter un mort ?
Un homme, pourtant, ne l’entend pas de cette oreille…
… Winston Churchill






