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| Affiche de propagande allemande présentant les marins du Cossack en sauvages meurtriers d’innocents marins allemands |
Chez les Norvégiens, chacun s’empresse évidemment de fustiger la violation flagrante de leur souveraineté, puisque des navires de guerre britanniques n’ont pas hésité à pénétrer dans leurs eaux territoriales sans y être invités, et même à faire le coup de feu dans un de leurs fjords alors qu’on leur avait pourtant, et plusieurs fois, intimé l’ordre de vider les lieux.
Et cette accusation est bien entendu reprise, mais avec encore plus de virulence (!), par les Allemands, les services de Propagande du docteur Goebbels n’hésitant d’ailleurs pas à qualifier l’abordage de leur bâtiment "d’acte de piraterie", et à dénoncer les "meurtres" de plusieurs membres de son équipage.
Mais chez les Britanniques, si on se félicite naturellement de la libération de quelque 300 marins et, en cette drôle de guerre qui n’a finalement rien de fort réjouissant, d’une action militaire brillamment menée, et surtout menée sans la moindre perte, personne - et certainement pas Churchill ! - ne peut en revanche accepter le fait que l’Altmark ait été contrôlé à pas moins de trois reprises (!) par les autorités norvégiennes sans qu’un seul des hommes montés à son bord se soit rendu compte de la présence de quelque 300 prisonniers anglais !
Pourquoi, se demande-t-on, les Norvégiens se sont-ils contentés d’arpenter brièvement le pont et la passerelle, d’examiner l’un ou l’autre document, et d’accepter les dénégations du commandant Dau, au lieu de descendre - comme ils en auraient eu parfaitement le droit - dans les entrailles du bâtiment, où ils n’auraient pas manqué de découvrir le pot-aux-roses ?
Pourquoi, à la troisième et tout aussi infructueuse inspection, ont-ils mobilisé des navires de guerre pour escorter l’Altmark jusqu’à la fin de son parcours dans les eaux norvégiennes ?
Pourquoi ont-ils obstinément refusé la demande britannique de mener une inspection conjointe,… et pourquoi ont-ils menacé d’ouvrir le feu si des bâtiments britanniques s’engageaient dans le Jossingfjord à la suite de l’Altmark, et tentaient ensuite de le prendre d’assaut ?
Dans cette affaire, mais aussi dans le transit incessant du minerai de fer suédois dans leurs eaux, les Norvégiens ne sont-ils pas, finalement, les alliés des Allemands ?






