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| Narvik, dans les années 1930 : une paisible neutralité bientôt violée... |
Cruelle ironie : alors que les Norvégiens ne souhaitent rien tant que conserver leur confortable neutralité, et n’ont naturellement pas la moindre envie de se retrouver plongés malgré eux dans une guerre, Britanniques et Français d’un côté, Allemands de l’autre, sont tous tranquillement occupés à préparer l’invasion et l’occupation de leur pays !
Côté allemand, un plan détaillé d’occupation de la Norvège, curieusement baptisé Weserübung, c-à-d "exercice sur la Weser" (1), est formalisé le 27 janvier 1940, soit… une semaine avant le plan britannique, qui ne prévoit quant à lui qu’un débarquement limité à Narvik et en trois autres endroits du littoral norvégien.
"Mais tandis que le plan et les préparatifs allemands étaient élaborés avec le soin méticuleux caractéristique des officiers d'état-major allemands - et fondés sur l'hypothèse réaliste que l'assaut rencontrerait une opposition -, le plan britannique, malgré des mois de réflexion, donnait une impression d'improvisation et d’amateurisme : les renseignements sur les fortifications côtières étaient lacunaires, les cartes rares, et la connaissance du terrain ainsi que des probables conditions météorologiques, fort sommaire. Se fiant au rapport optimiste de l'amiral Evans selon lequel les Norvégiens haïssaient à ce point les Allemands qu'ils ne s'opposeraient pas aux Britanniques, la force expéditionnaire comptait carrément sur eux pour le transport motorisé et le soutien d'artillerie" (2)
Dans un cas comme dans l’autre, aucune date définitive n’est cependant fixée pour le déclenchement de l’opération, chacun semblant se complaire dans la posture "attendre et voir" en vigueur à l’Ouest depuis le début de la guerre.
En pratique, les cargos allemands continuent donc de charger du minerai de fer suédois à Narvik, puis de circuler jour après jour et en toute impunité dans les eaux territoriales norvégiennes, et ce en dépit des pressions de plus en plus fortes exercées sur Oslo par Londres et Paris, où l’on parle désormais très ouvertement de procéder, à minima, au mouillage de mines dans les dites eaux si le gouvernement norvégien s’obstine de son côté à ne rien faire pour interrompre ce trafic.
Un évènement aussi imprévu que spectaculaire va toutefois bientôt changer la donne...
(1) la Weser est un fleuve exclusivement allemand qui se jette dans la mer du Nord au niveau de Bremerhaven, à quelque 2 500 km de Narvik
(2) ibid, pp 12-13





