Aucun message portant le libellé La Tanière du Loup. Afficher tous les messages
Aucun message portant le libellé La Tanière du Loup. Afficher tous les messages

mardi 8 juin 2021

6758 - Que sont-ils devenus (4)

La Wolfsschanze, aujourd'hui : un parc thématique pour touristes avides de ruines...
* utilisé pour la première fois par Hitler du 16 juillet au 30 octobre 1942, puis à nouveau du 19 février au 13 mars 1943, le complexe ukrainien du Werwolf fut dynamité en mars 1944 par les Allemands lors de leur retraite.  

En dehors de quelques vagues fragments de bétons épars, son seul élément encore visible aujourd’hui est la piscine, spécialement construite pour Hitler mais que le Führer, conformément à son habitude, n’utilisa jamais…

* abandonnés par Hitler le 20 novembre 1944, et dynamités par le Génie allemand le 25 janvier 1945, les colosses de béton de la Wolfsschanze furent investis le lendemain par l’Armée rouge sans tirer le moindre coup de feu, mais il fallut attendre jusqu’en 1955 avant que le site soit entièrement nettoyé des dizaines de milliers de mines qui y avaient été posées.

Devenu polonais, comme la plus grande partie de la Prusse Orientale, après la guerre, le site et ses bunkers fut laissé totalement à l’abandon jusqu’à la chute du Mur de Berlin, lorsque le nouveau gouvernement polonais, réalisant son potentiel historique, et surtout touristique, décida de le réhabiliter. 

Devenue parc thématique, la Wolfsschanze qui, durant quelque 800 jours avait hébergé Hitler et sa suite, accueille aujourd’hui quelque 300 000 visiteurs par an…

* occupé par Hitler du 6 au 17 juin 1940, puis du 19 au 25 juin, le site du Wolfsschlucht de Brûly-de-Pesche fut ensuite abandonné par les Allemands, et demeura inutilisé durant toute la guerre 

Ses deux petits bunkers cubiques de 7m x 7m sont encore visibles, et visitables, aujourd’hui...

lundi 7 juin 2021

6757 - Que sont-ils devenus (3)

Le Führersonderzug : utilisé du premier au quasiment dernier jour de la guerre
* utilisé pour la première fois par Hitler comme quartier-général de campagne le 3 septembre 1939, dans le cadre de l’invasion de la Pologne, le Führersonderzug lui servit tout au long de la guerre de moyen de transport, et parfois de poste de commandement, jusqu’au 16 janvier 1945, lorsqu’il le ramena de l’Adlerhorst à Berlin, d’où il ne devait plus jamais sortir. 

Détruit par un bombardement, ou incendié par la SS, le wagon privé d’Hitler disparut à la fin de la guerre, mais les autres wagons du train furent réutilisés anonymement par les Alliés, par le nouveau Chancelier Adenauer, et finalement par la Deutsche Bundesbahn ouest-allemande jusqu’au début des années 1980 

A l’instar des innombrables canons de la Wolfsschanze, ceux des plateformes de Flak systématiquement accrochées à l’avant et à l’arrière du train ne tirèrent pas un seul obus de toute la guerre, si ce n’est à l’entrainement : le train n’ayant en effet jamais été attaqué par l’Aviation alliée.

* utilisé une seule fois par Hitler entre le 28 juin et le 5 juillet 1940, et essentiellement pour permettre au Führer de faire du tourisme sur les forts, immédiatement voisins, de la Ligne Maginot, les deux bunkers du Tannenberg furent dynamités en 1945. 

Perdues au beau milieu du Parc National de la Forêt Noire,  seules leurs fondations sont encore visibles aujourd’hui.

dimanche 6 juin 2021

6756 - Que sont-ils devenus (2)

Les ruines du Berghof, peu après la guerre. Le bâtiment fut dynamité et rasé en 1952
* connu du monde entier, et ayant lui aussi longuement servi de Führerhauptquartier,  le Berghof fut sévèrement endommagé par des bombardiers britanniques le 25 avril 1945, puis incendié par ses gardes SS le 4 mai.

Pillé par les Alliés dans les jours suivants la Capitulation allemande, le Berghof fut finalement dynamité par le gouvernement bavarois le 30 avril 1952, sept ans après la mort d’Hitler, mais les ruines de son garage subsistèrent jusqu’en 1995.

* utilisé à plusieurs reprises par Hitler au cours de l’automne 1939, puis lors du déclenchement de la Bataille de France en mai 1940, le Felsennest fut définitivement abandonné par Hitler le 6 juin 1940, mais demeura opérationnel durant toute la guerre, en particulier fin 1944, lorsque le maréchal Model l’utilisa comme quartier-général personnel lors de la Bataille des Ardennes 

Bombardé à plusieurs reprises par les Alliés début 1945, il fut finalement dynamité par les Allemands eux-mêmes au mois de mars, et très peu de vestiges en subsistent aujourd’hui. 

* le Führerbunker de la Chancellerie du Reich, dans lequel Hitler vécut ses derniers mois avant de se suicider le 30 avril 1945, fut entièrement pillé par les Soviétiques lorsqu’il s’en emparèrent, le 2 mai.  

Plusieurs tentatives de démolition, menées dans les années suivantes, firent disparaître les structures extérieures, comme le puits d’aération et la sortie vers le jardin de la Chancellerie, mais laissèrent à peu près intact le bunker lui-même, qui réapparut brièvement lors de travaux de construction menés sur le site après la réunification de l’Allemagne, avant de disparaître à nouveau, et probablement à jamais : personne n’ayant véritablement intérêt à en faire un lieu de pèlerinage pour nostalgiques du Troisième Reich.

samedi 5 juin 2021

6755 - Que sont-ils devenus (1)

Un des bunkers ferroviaires de l'Anlage Mitte, devenu musée
* abandonné par Hitler le 16 janvier 1945, le complexe de bunkers de l’Adlerhorst fut évacué de tout son personnel à la fin mars avant d'être entièrement dynamité, mais pas au point d’empêcher les Américains d’en réutiliser certaines parties comme centre de détention pour V.I.P.,… au profit, notamment, de son propre concepteur, Albert Speer

En très mauvais état, le Château de Kransberg fut progressivement restauré par l’armée américaine qui, en 1990, le restitua, ainsi que l’ensemble du site de l'Adlerhorst au gouvernement allemand, lequel revendit ensuite le château au secteur privé pour le reconvertir en appartements de grand luxe, les bunkers survivants étant quant à eux transformés en musée.

* spécialement conçus pour abriter l’entièreté du train spécial d’Hitler, les deux gigantesques bunkers ferroviaires de l’Anlage Mitte ne virent pourtant jamais arriver celui-ci et servirent simplement d’entrepôts durant la guerre. 

Demeurés intacts après celle-ci, ils peuvent encore se visiter aujourd’hui.

* érigés dans le même but quelque 250 km plus au Sud, le bunker et le tunnel ferroviaire de l’Anlage Süd eurent au moins le mérite d’abriter les trains spéciaux de Mussolini et d’Hitler lors de leur rencontre des 27 et 28 août 1941, puis ceux d’Himmler, de Keitel ou encore de Rommel à différents moments de la guerre. 

Capturés intacts par les Soviétiques à l’été 1944, ils servirent également brièvement comme hôpitaux de campagne. 

Si le tunnel fut ensuite laissé à l’abandon, le bunker fut en revanche longuement utilisé comme champignonnière, puis converti en musée après la chute du Mur de Berlin

vendredi 4 juin 2021

6754 - un témoignage en béton

Les ruines de la Wolfsschanze : tout ça... pour aboutir à ça !
… pendant quasiment toute la durée de la guerre, Adolf Hitler fit construire, aménager, agrandir et renforcer quantités de quartiers généraux de campagne éparpillés d’un bout à l’autre de l’Europe occupée.

Des milliers de travailleurs, souvent forcés, furent réquisitionnés; des montagnes de terre excavées, et des milliers de tonnes de béton coulés à leur emplacement; des milliers de soldats, d’architectes, d’ingénieurs, qui auraient assurément été bien plus utiles ailleurs, et en particulier sur le Front de l’Est, furent mobilisés pendant des mois, et certains pendant des années, dans le seul but d’assurer la sécurité et le confort de leur Führer en quelque endroit où il décide de s’installer, et quelle que soit la durée de son séjour.

Pourtant, la plupart de ces Führerhauptquartiere n’hébergèrent le Führer que quelques jours, et certains ne l'entrevirent même pas de toute la durée de la guerre !

En regard des moyens humains et matériels, et des millions de Reichsmarks, engloutis dans cette aventure, il est clair que ces multiples camps retranchés n’ont pas profité, mais au contraire gravement nui, à l’effort de guerre du Reich, tout comme d’ailleurs les décisions prises par Hitler lui-même en ces endroits.

En inaugurant la Nouvelle Chancellerie du Reich, le 7 janvier 1939, Hitler avait déclaré à son bâtisseur, Albert Speer,"Ce qu’il y a de spécial et de merveilleux dans l’Architecture, c’est qu’à la différence d’une paire de bottes, qui peut également être fabriquée mais qui finit toujours par s’user et qu’on jette après un an ou deux, le monument résiste quand le travail est terminé. Il demeure et, à travers les siècles, porte témoignage de ceux qui ont aidé à le construire"

Soixante-quinze ans après la disparition d’Hitler, la quasi-totalité des monuments construits sous son égide ont pourtant disparu, mais les bunkers de la Wolfsschanze, eux, sont encore debout, et portent toujours témoignage de celui qui en avait ordonné l’érection…

jeudi 3 juin 2021

6753 - Le Destin, le hasard, Dieu ou le Diable

Plaque commémorative à l'emplacement où se trouvait la baraque détruite le 20 juillet 1944
… à la Wolfsschanze,Adolf Hitler, qui craignait en permanence d’être victime d’une attaque contre sa personne, vivait nuit et jour dans des bunkers munis d’énormes portes blindées, et revêtus d’une couche de plusieurs mètres de béton armé.

Pourtant, lorsque l’attaque se produisit, il se trouvait paradoxalement à l’intérieur d’une vulgaire baraque en bois, ce qui, tout aussi paradoxalement, lui sauva sans conteste la vie, attendu qu’il n’aurait jamais survécu à l’explosion si celle-ci avait eu lieu à l’intérieur d’un de ses bunkers habituels !

Et à la Wolfsschanze, Hitler était protégé par quantités de champs de mines, de canons et de mitrailleuses, et par des milliers de soldats en armes, qui arpentaient l’intégralité du périmètre du camp à toute heure du jour et de la nuit, et ne laissaient entrer personne sauf si détenteur d’un rare et précieux sésame, et toujours sous bonne escorte.

Pourtant, c’est avec une facilité dérisoire qu’un homme seul, Claus Schenk von Stauffenberg, qui n’avait qu’un œil, une main et seulement trois doigts valides (!), et juste des éléments d’une petite bombe dissimulés dans une simple serviette en cuir jaune, parvint à pénétrer jusqu’au Saint des saints, à y assembler sa machine infernale, à la déposer juste à côté de l’homme le plus protégé d’Europe, à la faire exploser,… et même à quitter ensuite les lieux sans se faire arrêter !

Avec un peu de chance, et un peu moins de précipitation, cet attentat aussi réel qu’improbable aurait pu réussir et débarrasser prématurément le Monde du dictateur fou qui s’était juré de le conquérir par le feu et le sang.

Le Destin, le hasard, Dieu ou le Diable, en décida cependant autrement...

mercredi 2 juin 2021

6752 - les paradoxes de la Wolfsschanze

Le Troisième Reich : des colosses de béton à l'abri de tout,... et même du Temps
… de tous les Führerhauptquartiere où résida Hitler entre le 1er septembre 1939 et le 30 avril 1945, la Wolfsschanze, la "Tanière du Loup" fut incontestablement le plus vaste et le plus imposant, mais aussi - et de loin - celui où il demeura le plus longtemps

De son arrivée à la Wolfsschanze, le 24 juin 1941, à son départ définitif de celle-ci, le 20 novembre 1944, Hitler y passa en effet quelque 800 jours sur une période totale de 1 245, soit… 64% de son temps (!), loin devant le Berghof et le Werwolf.

Plus que tous les autres quartiers généraux de campagne, la Wolfsschanze était un véritable camp retranché, dissimulé aux regards indiscrets par d’immenses filets de camouflage et une végétation - vraie ou fausse - savamment disposée, protégé par des dizaines de milliers de mines, des centaines de km de barbelés, des milliers d’hommes en armes, des dizaines de postes de garde et de tirs, de véhicules blindés et de canons antiaériens, et finalement doté d’immenses bunkers, dont l’épaisseur de béton armé finit par dépasser les 7 mètres (!) afin de résister aux plus grosses bombes de l’époque - certains d’entre eux, et en particulier celui d’Hitler, pouvant même être scellés hermétiquement de l’intérieur, tel un sous-marin, afin de préserver durant plusieurs jours leurs occupants d’une éventuelle attaque au gaz de combat (1)

Encore le périmètre du camp était-il lui-même situé dans une zone militaire totalement interdite, et protégé par des appareils de la Luftwaffe et, à partir de 1944, par plusieurs unités de parachutistes en mesure de rallier l’enceinte en moins d’une heure, et sur simple appel.

Pourtant - et premier paradoxe - de toute son existence, la Wolfsschanze ne fut pas bombardée ou attaquée une seule fois, et quand les troupes soviétiques y pénétrèrent, le 26 janvier 1945, ce fut sans avoir à tirer un seul coup de feu : les Allemands s’étant eux-mêmes chargés de tout détruire sur place avant de déguerpir sans demander leur reste !

(1) Hitler, qui en avait été victime lors de la 1ère G.M., craignait particulièrement une attaque de ce type

mardi 1 juin 2021

6751 - le "Monde selon Hitler"

"Le Monde selon Hitler" : quatre murs de béton gris,... et une bouteille d'oxygène
… mais si les bunkers permirent à Hitler de mieux surveiller ses généraux, d’entretenir sa nostalgie du passé, ou encore de se protéger des critiques et de tous ses ennemis, ils eurent en revanche des effets catastrophiques sur la santé physique et mentale de cet homme déjà écrasé sous le poids des responsabilités et qui, à partir de 1942, ne reçut quasiment plus que des mauvaises nouvelles en provenance des différents Fronts.

Par nature humides, sombres, mal aérés et claustrophobiques, ces bunkers insalubres, agissant sur Hitler telle une drogue addictive, accélérèrent dramatiquement le processus de vieillissement d'un homme qui, à la fin de la guerre, ne sortait presque plus jamais à l'extérieur, et paraissait facilement 10 ou 15 ans plus vieux que son âge réel.

Mais au plan mental, les effets furent cependant bien plus graves ! 

Hitler, certes, avait toujours été enclin à l’autoritarisme et la paranoïa et, au moins depuis la mort de Geli, en 1931, probablement porté en lui ce que son photographe personnel, Heinrich Hoffman, appela pudiquement le "germe de l’inhumanité", mais l’isolement presque total auquel il se soumit volontairement, et tout le temps passé dans des bunkers - 800 jours rien qu’à la Wolfsschanze ! - firent véritablement exploser ces tendances : le "Monde selon Hitler" se résuma - littéralement - à un camp retranché et à un mur de béton gris où toute lumière, tout sentiment, toute Humanité, étaient par principe exclus.

En 1945, reclus comme jamais dans le bunker de la Chancellerie, Hitler perdit carrément tout contact avec le Réel, éructant des ordres à des armées qui avaient depuis longtemps cessé d’exister, et vouant à la mort et au complet anéantissement son propre peuple qui "l’avait déçu" en ne se montrant pas digne du grandiose dessein qu’il avait conçu pour lui…

lundi 31 mai 2021

6750 - la nostalgie du bunker

Le bunker de Berlin : deux bunkers sur deux niveaux différents, et reliées entre eux
… mais la troisième raison, et peut-être la plus importante, réside sans doute dans l’attachement romantique, pour ne pas dire puéril, d’Hitler envers "sa vie d’avant", lorsqu’il n’était encore qu’une modeste estafette courant de tranchée en tranchée lors de la 1ère G.M.

Même parvenu au sommet du Pouvoir, le Chancelier Hitler évoquait souvent avec nostalgie le caporal Hitler et cette période certes dangereuse - il avait failli mourir à plusieurs reprises et terminé la guerre sur un lit d’hôpital, brûlé par des gaz de combat - mais qui avait néanmoins été "la plus heureuse de sa vie" parce que, pour la première fois, il y avait découvert un cadre et un sens à apposer sur une existence qui, jusque-là, ne l’avait mené nulle part.

Pour Hitler, s’exiler dans un bunker - fut-il chauffé et climatisé -  au fin fond d’une forêt perdue de Prusse orientale ou d'Ukraine était sans conteste ce qui le rapprochait le plus de cette "vie d’avant" et de sa propre jeunesse.

Et à cette volonté de renouer avec son passé et sa jeunesse perdue s’ajouta également très vite celle d’échapper, en s’isolant dans un bunker, aux regards, et peut-être aux reproches, de ses concitoyens auxquels il avait de moins en moins, et pour finir plus aucune, bonne nouvelle à offrir.

Le fait, là encore, est symptomatique : de toute la guerre, jamais on ne vit Hitler quitter son bunker pour se déplacer dans une ville allemande bombardée afin d’en réconforter personnellement les habitants et discuter avec eux, jamais on ne le vit dans un hôpital civil au chevet des victimes civiles des bombardements alliés : ces tâches, il les laissait à des subalternes, à ses fidèles Gauleiters, et aux membres de son gouvernement (en particulier à Goebbels), se contentant pour sa part d’appeler à la lutte et à la vengeance dans un communiqué diffusé depuis son bunker…

dimanche 30 mai 2021

6749 - le bunker comme exemple

Une des pièces du Fûhrerbunker de Berlin, après l'arrivée des Soviétiques
… une fois la guerre déclarée, Hitler estima également de son devoir de "montrer l’exemple", en se tenant lui-même le plus près possible des soldats à qui il demandait tout de même de risquer leur vie pour lui et pour le Reich, et en partageant autant que possible leur rude existence.

A défaut de donner lui-même l’assaut, fusil en mains et baïonnette au canon, un quartier-général de campagne érigé à proximité raisonnable du Front était sans conteste ce qui se rapprochait le plus d’une bataille, et un bunker, fut-il dessiné et meublé par Albert Speer, ce qui évoquait le mieux le difficile quotidien du soldat recroquevillé dans sa tranchée ou son trou de fantassin.

Et un Führer "au Front" et contraint de vivre dans un logement aussi peu fastueux qu’un bunker pouvait sans doute également servir d’exemple positif pour une population civile allemande à qui on imposait également toutes sortes de sacrifices, à commencer par le rationnement et de longues heures de travail.

A cette vertu que confère toujours l’exemple, s’ajouta bien vite la volonté d’Hitler de contrôler d’aussi près que possible, et donc quasiment sur place, les actions et initiatives de ses généraux, afin de s’assurer que ceux-ci fassent constamment ce que lui, Hitler, estimait bon, juste et surtout indispensable à la réalisation de son "grand-oeuvre".

Et dès l’arrivée des premiers revers militaires, cette volonté se transforma en véritable obsession, qui incita Hitler à ajouter à ses déjà fort nombreuses responsabilités celle de commandant suprême de l’Armée, et le contraignit à demeurer plus que jamais aux cotés de ses généraux, et dans le bunker de son quartier-général de campagne…

samedi 29 mai 2021

6748 - une vie de bunkers

Réplique du salon et du bureau d'Hitler au Führerbunker. Notez le portrait de Frédéric Le Grand
… de tous les dirigeants de la 2ème G.M., Adolf Hitler est sans conteste celui qui - et de très loin ! - a passé le plus de temps dans des bunkers.

De sa première visite au Felsennest, à l’automne 1939, jusqu’à son suicide dans le Führerbunker de Berlin, le 30 avril 1945, Hitler n’a pour ainsi dire vécu que dans l’univers glauque, étouffant et claustrophobique d’un bunker, et ce même lorsque ses médecins, pour d’évidentes raisons de santé physique mais aussi mentale, lui recommandaient d’en sortir et de prendre du repos dans des endroits moins insalubres, et en particulier dans sa résidence de montagne du Berghof.

Mais même lorsqu’il accédait finalement à leurs demandes, ou lorsque ses obligations l’amenaient à Berlin, à Munich ou encore à proximité de l’un ou l’autre champ de bataille afin de conférer avec ses généraux, il finissait toujours par retourner tôt ou tard dans un bunker,… au grand dam de son entourage, et particulièrement de ses secrétaires féminines, qui auraient assurément préféré être cantonnées dans une ambiance et un confort moins monacal.

Trois raisons au moins peuvent être invoquées pour expliquer le profond attachement d’Hitler à un type aussi particulier d’habitat, à commencer bien sûr par les craintes pour sa sécurité personnelle

Convaincu d’avoir un "grand-oeuvre" à mener avant sa mort, mais aussi du caractère inéluctable de celle-ci, Hitler devait se protéger par tous les moyens possibles de tous ceux - et ils étaient nombreux ! - qui avaient juré sa perte : et qu’il s’agisse de terroristes isolés, de comploteurs nationaux ou encore de puissances étrangères et ennemies, quoi de mieux en vérité qu’un bunker doté de plusieurs mètres de béton armé pour se mettre à l’abri d’une balle, d’une grenade, d’une bombe d’avion ou encore d’une attaque de redoutables parachutistes ?

vendredi 28 mai 2021

6747 - la Dernière Cène

… Führerbunker, 30 avril 1945, 15h15

Vers midi, Hitler partage son dernier repas en compagnie de ses derniers fidèles

La veille, il a reçu confirmation qu'aucune aide n’est plus à attendre de l'extérieur, et aussi que les ultimes défenseurs de la Chancellerie ne tiendront pas plus de 48 heures face à la poussée irrésistible des troupes soviétiques

Cette Dernière Cène est suivie d'une brève cérémonie d'adieux, après laquelle le Führer se retire dans sa chambre avec sa jeune épouse, tend une capsule de cyanure à Eva puis, par sécurité, et parce qu'il craint, là encore d'avoir été trahi, dégaine son propre pistolet.

Il avale à son tour le cyanure et, presque du même geste, se fait sauter la cervelle.

Vers 15H15, son valet Heinz Linge, ainsi que quelques témoins, pénètrent dans la pièce.

Les corps d'Adolf et Eva Hitler sont transportés dans des couvertures à l'extérieur du bunker, déposés dans un trou, puis arrosés avec l'essence qu'Erich Kempka, chauffeur personnel du Führer, est allé chercher dans les garages de la Chancellerie.

Goebbels, Bormann, les généraux Krebs et Burgdorf, présentent leurs ultimes respects, bras levés, à l'hitlérienne, au moment où les cadavres s'embrasent.

A demi ivre, un des SS présents dans la cantine assiste à la scène, puis dévale les marches du bunker en criant à son ami Rochus Misch "Le chef est en feu, tu veux venir voir ?"

Telle est la dernière épitaphe d'un dictateur qui aura terrorisé puis ensanglanté l'Europe pendant douze ans…

jeudi 27 mai 2021

6746 - ne pas subir le sort du Duce

Reddition de soldats allemands, à Berlin : leur guerre est enfin finie...
Adolf Hitler s’est pris de passion pour cette race de chiens en 1921, à l'époque où quelqu'un lui en a offert un en cadeau, alors qu'il vivait dans une misère noire.

N'arrivant pas à le loger dans sa chambre minuscule, il a alors voulu le placer chez des amis, mais l'animal s’est échappé,… et lui est revenu.

Devenu l'homme le plus puissant d'Allemagne, Hitler n'a jamais oublié cet incident qui, sans doute, a ensuite joué un grand rôle dans son amour des bergers allemands, tout autant que dans son obsession pour la fidélité…

Craignant plus que tout de tomber vivant aux mains des Russes qui, il n'en doute pas, l'exhiberont dans une cage, le dictateur vient également d'apprendre le triste sort de son "ami" Mussolini, qu'il n'avait plus revu depuis l'attentat raté du 20 juillet, et qui fusillé par les partisans italiens, a ensuite été trainé dans les rues de Milan avant d’être pendu par les pieds à l’auvent d’une station-service de la Piazzale Loreto

Résolu à ne pas subir le même sort, il donne donc des ordres pour que son corps soit brûlé après sa mort,.. et fait tester l'efficacité du cyanure sur son chien.

Blondi et ses cinq chiots sont ainsi sacrifiés, et précédent leur maître dans la tombe.

Les six enfants du docteur Goebbels, avec lesquels ils jouaient encore quelques minutes auparavant, les y rejoindront bientôt…

mercredi 26 mai 2021

6745 - la fièvre érotique

Dernière photo connue d'Hitler : une ombre dans les ruines de la Chancellerie
... Führerbunker, 30 avril 1945

A quatre heures du matin, ayant enfin terminé de dactylographier le testament politique de son maître, Traudl Junge remonte à l’étage supérieur du bunker pour y chercher de quoi nourrir les six enfants du docteur Goebbels, mais est frappée par la "fièvre érotique" qui, "semble avoir pris possession de tous"

"Partout, même sur le fauteuil du dentiste, je vis des corps emmêlés en des étreintes lascives. Les femmes avaient renoncé à toute pudeur et exhibaient librement leurs parties sexuelles"

De fait, des officiers SS partis à la recherche de déserteurs ont ramené non pas des déserteurs à pendre, mais bien des berlinoises affamées, à qui ils ont promis la fête et, surtout, les inépuisables réserves de nourriture et de champagne qu'abrite le Führerbunker

Au même moment, ceux qui ne s’adonnent pas aux plaisirs de la chair se contentent d’attendre le suicide, désormais quasi-certain, du maître du Troisième Reich.

Les derniers doutes furent levés lorsque ce dernier réclame que l'on teste sur son berger allemand adoré - une chienne prénommée Blondi - les capsules de cyanure fournies par le docteur Stumpfegger

mardi 25 mai 2021

6744 - le testament

Enfants jouant au milieu d'armes abandonnées. Allemagne, Année Zéro....
… dans le petit salon du Führerbunker, les mariés sont ensuite accueillis par les derniers fidèles, verres de champagne à la main.

Hitler emmène ensuite sa dernière secrétaire, Traudl Junge, dans la pièce voisine, pour lui dicter son testament politique.

Un testament de pure convenance, où le maître du Troisième Reich, qui ne regrette rien, affirme une fois de plus n'avoir jamais voulu la guerre, mais y avoir été contraint par les "milieux juifs internationaux".

"Cette guerre", déclare Hitler, "en dépit de tous les revers, descendra un jour dans l'Histoire comme la plus glorieuse et héroïque manifestation de vivre d'un peuple".

Une des copies de cet étrange testament est transmise par messager au maréchal Schörner, nouveau commandant en chef de l'Armée, accompagnée d'une lettre du général Burgdorf soulignant que la trahison d'Heinrich Himmler a constitué "le coup ultime" pour Hitler qui, désormais, se prépare à la Mort.

Les soldats soviétiques ne sont plus qu'à quelques centaines de mètres...

lundi 24 mai 2021

6743 - l'heure d'Eva

Eva Braun : l'éternelle attente d'Hitler...
… Bunker de la Chancellerie, Berlin, 29 avril 1945

Car au lendemain de la trahison d’Himmler, dans les profondeurs glauques et humides du Führerbunker, dans la capitale à feu et à sang d’un Troisième Reich où l’autorité d’Hitler ne s’exerce plus que sur quelques km2 de ruines, il existe encore une personne parfaitement heureuse de son sort, et même véritablement comblée…

 …Eva Braun

Eva Braun, la "Petite Bécasse" que l'on cachait aux regards lors de toutes les réceptions officielles, l’éternelle compagne des bons et des mauvais jours qui, depuis qu’elle l’a rencontré pour la première fois, un jour de 1929, alors qu'elle travaillait comme assistante chez Heinrich Hoffman, photographe officiel du parti nazi, a passé la quasi-totalité de son temps à l’attendre en vain mais qui, aujourd’hui, alors que plus rien n’a d’importance, et qu’il n’existe plus d’avenir commun, va enfin pouvoir réaliser son rêve…

… Épouser Adolf Hitler

Et en ce 29 avril 1945, c’est à un obscur fonctionnaire municipal que l'on a déniché à la hâte, Walter Wagner, terrorisé et totalement dépassé par les événements, qu’incombe à présent la lourde tâche de procéder à ce mariage tellement hors-norme qu’il ne peut s’empêcher de bégayer lorsqu'il demande au couple, comme l'exige la Loi, s'ils sont bel et bien  tous deux "d'ascendance purement aryenne"

Goebbels et Bormann signent comme témoins. Eva Braun, radieuse, commence à signer sous son nom habituel, puis raye le "B" pour inscrire "Eva Hitler, née Braun".

La main d'Hitler tremble tellement que sa signature est illisible…

dimanche 23 mai 2021

6742 - l'heure des trahisons

Berlin : le dernier baroud des SS étrangers combattant pour le Reich
… Bunker de la Chancellerie, Berlin, 23 avril 1945

Mais avec les premiers obus soviétiques viennent aussi les premières trahisons : au soir du 23 avril 1945, dans un message envoyé depuis le Berghof,Hermann Goering, fidèle d'entre les fidèles, annonce en effet à Hitler qu’il se propose d'assumer la lourde tâche de présider dès à présent aux destinées du Troisième Reich !

En guise de réponse, Hitler, après un superbe éclat de rage, ordonne alors que l'intéressé soit immédiatement destitué de tous ses titres et fonctions, et envoie un détachement de SS  au Berghof pour l'y faire prisonnier.

Mais à peine cette trahison dévoilée que cinq jours plus tard, 28 avril, la radio de Stockholm lui annonce les ouvertures faites par Heinrich Himmler - Reichsführer-SS - au comte Folke Bernadotte - de la Croix Rouge Internationale - et visant à obtenir une paix séparée avec les Alliés occidentaux (1)

A nouveau hors de lui, Hitler ordonne que le Reichsführer-SS soit lui aussi déclaré "traître" et "félon", immédiatement arrêté, démis de toutes ses fonctions, remplacé par Karl Hanke (2), et chassé du parti !

Pour Hitler, qui se refuse toujours à abandonner son bunker et à s'enfuir par avion (3), voici enfin venue l’heure de l’effondrement définitif, du renoncement aux ultimes illusions, aux grands projets architecturaux d’Albert Speer qui, bien que pardonné, l'a lui aussi trahi en refusant d’appliquer ses ordres de destruction totale, et, évidemment, aux rêves de conquête d’un vaste lebensraum à l’Est

Mais avant d’en finir avec tout, et avec la vie, il lui reste une dernière formalité à accomplir…

(1) sur Heinrich Himmler : Saviez-vous que… Au coeur des Ténèbres
(2) Obergruppenführer-SS et Gauleiter de Basse-Silésie, Karl Hanke sera capturé, en uniforme de simple soldat, par des partisans tchèques, et abattu lors d'une tentative d'évasion le 8 juin 1945

(3) le 26 avril, la célèbre aviatrice Hanna Reitsch avait réussi, en compagnie du général Ritter von Greim, à se poser en avion près de la porte de Brandebourg. Elle redécolla deux jours plus tard, en compagnie du même Greim, dans l'Arado 96 qui avait été gardé en réserve pour Hitler

samedi 22 mai 2021

6741 - "un véritable climat de désintégration"

Le Bunker de l'Anhalter, aujourd'hui. 12 000 personnes s'y entassaient fin avril 1945
… Bunker de l’Anhalter, 23 avril 1945

 Le 23 avril, dans le bunker de la gare d'Anhalter - un des plus vastes abris de Berlin - quelque 12 000 personnes - en majorité des civils - s'entassent dans un espace de 3 600 mètres carrés dépourvu d’installations sanitaires.

Il y a bien, à l'extrémité de la gare, une pompe à eau qui fonctionne encore,... mais celle-ci se trouve  placée sous le feu direct de l'artillerie soviétique.

Néanmoins, les jeunes femmes se trouvant près de l'issue de l'abri tentent parfois leur chance, ne serait-ce que pour échapper l'espace de quelques secondes à l'intolérable promiscuité du bunker, qui fit même dire à l'une d'entre elle qu'elle avait passé six jours sans bouger, sur la même marche d'escalier.

Celles qui réussissent à s'en sortir indemnes échangent souvent le contenu de leur seau contre un peu de nourriture, qui leur permettra de tenir quelques heures de plus.

Dans cet enfer qu’est devenu Berlin, il semble que toute décence a définitivement disparu, tant l'omniprésence de la mort exacerbe le besoin de s'accoupler.

Au désir éperdu des très jeunes miliciens de perdre leur virginité avant de perdre la vie répond celui des jeunes-filles, et même des femmes mûres, de se donner volontairement à n'importe quel Allemand de passage plutôt que d'être violées par la soldatesque russe, l'un n'évitant hélas pas toujours l'autre.

Dans les bâtiments de la Grossdeutscher Rundfunk, où les deux tiers du personnel sont composés de jeunes filles dont certaines ont à peine 18 ans, l'on voit ainsi "un véritable climat de désintégration" "l'on pouvait trouver des couples s'ébattant jusque dans les salles où étaient stockées les archives sonores. Les mêmes phénomènes étaient observés dans les caves et les abris peu éclairés"

vendredi 21 mai 2021

6740 - les rats quittent le navire

Canon automoteur soviétique, en action dans Berlin
… Bunker de la Chancellerie, Berlin, 21 avril 1945

Le 21 avril 1945, au lendemain de l'anniversaire d'Adolf Hitler, quantités de dignitaires du parti nazi, que la population appelle désormais, et par dérision, les "faisans dorés" tant ils semblent ne pas souffrir du rationnement, se présentent à l'état-major du général Reymann, non pas pour se porter volontaires contre les Russes, mais tout bonnement pour obtenir une autorisation officielle de quitter Berlin, contrevenant ainsi au décret de l’inévitable Goebbels stipulant que "nul homme en état de porter les armes ne doit quitter la capitale"

"Les rats quittent le navire", nota sobrement le colonel Von Refior, chef d'état-major de Reymann, dont les services vont ce jour-là délivrer plus de 2 000 laisser-passer officiels

A 9H30, deux heures après la fin d’un nouveau raid aérien aanglo-américain, les premiers obus soviétiques s'abattent sur la ville, surprenant Hitler dans son sommeil.

"Que se passe-t-il ? D'où viennent ces tirs ?", demande-t-il, hagard, au général Burgdorf

Et celui-ci de lui répondre que le cœur de la capitale est désormais à portée de l'artillerie de campagne soviétique

"Déjà si près ?", soupire Hitler

De fait, le général Kazakov a fait monter en première ligne ses plus gros canons de siège. Sur les obus de 152 ou 203mm, les artilleurs soviétiques ont même peint de délicates dédicaces  à l’attention du "rat Goebbels" ou du  "gros Goering"

Entre le 21 avril et le 2 mai 1945, ils vont ainsi expédier plus de 1 800 000 obus sur la capitale du Reich...

jeudi 20 mai 2021

6739 - Bon Anniversaire

Hitler, à 56 ans : l'usure accélérée du Temps
… en cet avant-midi du 20 avril 1945, les ultimes fidèles du national-socialisme se retrouvent donc à Berlin pour un étrange remake de la Dernière Cène

Göring, Ribbentrop, Dönitz, Himmler, Goebbels, Kaltenbrunner, Speer, Keitel, Jodl, Krebbs, Bormann,… ils sont tous venus tous là, à la Chancellerie du Reich, pour y célébrer le  56ème anniversaire de son occupant.

A 56 ans, Hitler en paraît désormais 20 de plus, et c'est en vain que ses fidèles le pressent d'abandonner la capitale du Reich pendant qu'il en est encore temps.

Hagard, le regard vitreux, maîtrisant à grand peine ses tremblements, le Führer balaye leurs suppliques, et réaffirme que les Russes vont bientôt subir une défaite retentissante.

Mais ces belles paroles n’ont néanmoins que peu d'effets sur la plupart de ses interlocuteurs, qui, très vite, ne manquent pas de se découvrir de puissantes raisons pour quitter à présent Berlin.
 
Sous prétexte d'importantes tâches officielles, Göring, Himmler, Ribbentrop et Kaltenbrunner abandonnent en effet la capitale, tandis qu'une partie du personnel de la Chancellerie reçoit pour sa part l’ordre de partir vers les Alpes.

Les rats quittent le navire…