mardi 18 août 2026

9366 - sans descendance

Lancement du Prince of Wales à Birkenhead, 3 mai 1939
… Newcastle-upon-Tyne, 21 février 1939

En termes de football, on dirait des cuirassés allemands et britanniques qu’ils se marquent à la culotte puisque le 21 février 1939, soit une semaine jour pour après le Bismarck, le King George V est lancé à son tour à Newcastle-upon-Tyne !

Et le 3 mai, à Birkenhead, un mois après le Tirpitz, c’est au tour du Prince of Wales !

Mais comme leurs homologues et futurs adversaires allemands, ces deux nouveaux bâtiments en ont encore pour de longs mois avant d’être admis en service, le 01 octobre 1940 pour le premier, et le 19 janvier 1941 pour le second.

Là encore, la similitude avec les navires allemands (24 août 1940 pour le Bismarck, 25 février 1941 pour le Tirpitz) est frappante et démontre autant l’incroyable complexité de ses grands navires que les ravages déjà exercés par la guerre sur les délais de livraison.

Et ces délais ne vont faire qu’empirer : bien que mis sur cale en mai, juillet et juin 1937, les trois cuirassés britanniques suivants - les Duke of York, Anson et Howe - ne seront lancés qu’en février et avril 1940, et n’entreront en service qu’en août 1941, avril et juin 1942.

Et côté allemand, la situation est bien pire encore puisque, bien que débutés à Hambourg le 15 juillet 1939, les travaux sur le premier H39 - successeur désigné du Bismarck - vont être interrompus dès le 10 octobre, suite au déclenchement de la 2ème G.M., puis définitivement annulés en août 1941, après l’invasion de l’URSS, condamnant dès lors les Bismarck et Tirpitz à demeurer à jamais sans descendance…

lundi 17 août 2026

9365 - un défi ouvertement lancé à la face du Monde

Lancement du Tirpitz à Wilhemshaven, 1er avril 1939
… quelques instants après le discours du Führer, et sous les Heil Hitler des quelque 60 000 hommes, femmes, enfants et vieillards de l’assistance, Dorothea von Loewenfeld lance la traditionnelle bouteille de champagne, qui se fracasse sur l’étrave du grand navire, lequel, lentement, majestueusement, sous les vivats de la foule en délire, et au son du Deutschland über alles, "l’Allemagne au-dessus de toutes autres nations", glisse vers les eaux sales de la rade.

Au même moment, les quelques ouvriers qui ont pris place à bord dévoilent, de chaque côté de l’étrave, un grand panneau en bois, frappé au nom de Bismarck, le "Chancelier de Fer" et premier unificateur de la Grande Allemagne.

C’est un symbole, mais aussi un défi ouvertement lancé à la face du Monde…

Six semaines plus tard, le 1er avril 1939, à Wilhelmshaven, c’est au tour de son jumeau de goûter à son tour à la cérémonie du lancement. 

Une cérémonie aussi grandiose que la précédente, et une cérémonie toujours présidée par ce même Adolf Hitler qui, malgré ses doutes quant à la véritable utilité de ces mastodontes, n’en apprécie pas moins d’être à chaque fois ovationné par des dizaines de milliers d’Allemands enthousiastes.

Le Bismarck ayant été baptisé par nulle autre que la petite-fille du défunt Chancelier de Fer, celui-ci l’est par la propre fille du tout aussi défunt amiral von Tirpitz, laquelle lui donne évidemment le nom de son père et fondateur de cette Kaiserlische Marine qui, partie de rien, avait fini, sous son impulsion, par devenir la deuxième du monde, et par menacer sérieusement la suprématie jusque-là incontestée de la Royal Navy.

C’est un autre symbole, et un autre défi lancé à la face du Monde…

dimanche 16 août 2026

9364 - au coeur de chaque Allemand

La tribune d'honneur, dressée juste devant l'étrave du Bismarck
… sur le coup de 13h00, Adolf Hitler en personne, monte à la tribune d’honneur, installée juste devant l’étrave de l’immense bâtiment.

"Il y a 20 ans", déclare le Führer,"la flotte a rencontré son destin et a disparu des mers après quatre années de vaillants combats, et ceci continue aujourd’hui encore de toucher chaque Allemand au cœur. 

Six ans après la révolution nationale-socialiste, nous assistons aujourd’hui au lancement du troisième (1) et du plus grand cuirassé de notre flotte.

En tant que Chancelier et Führer du peuple allemand, je ne peux lui donner de meilleur nom de notre passé historique que celui de l’homme qui fut un chevalier sans peur dans une armure étincelante, le créateur du Reich allemand dont la clairvoyance nous a fournis les moyens de renaître d’une cruelle adversité

(…) Puissent les marins allemands et les officiers qui, un jour, auront l’honneur de commander ce bâtiment, puissent-ils toujours se montrer dignes de son nom. Puisse l’esprit du Chancelier de Fer les accompagner dans leurs agréables traversées du Temps de Paix, et puisse-t-il aussi les guider à faire leur devoir dans les moments de péril.

 C’est avec ces voeux que la Nation allemande salue son nouveau cuirassé Bismarck !"

(1) les deux autres étant les Scharnhorst et Gneisenau. L’auteur de ses lignes, pour sa part, les a toujours considérés comme des croiseurs de bataille, ce qui était également le cas de la Royal Navy durant la guerre.

samedi 15 août 2026

9363 - un beau matin de Saint-Valentin

Hambourg, 14 février 1939 : une foule immense se presse pour assister au lancement du Bismarck
… Hambourg, 14 février 1939

Mais pour l’heure, nous n’en sommes pas encore là : le 21 mai 1938, soit deux mois après l’Anschluss - c-à-d l’annexion sans combat de l’Autriche par l’Allemagne - le Schlachtschiffe Gneisenau est mis en service.

Le 7 janvier 1939, soit trois mois après les Accords de Münich qui ont permis à Hitler de s’emparer, toujours sans combat, du Territoire des Sudètes - c-à-d de la partie germanophone de la Tchécoslovaquie - c’est au tour de son jumeau Scharnhorst.

Dans les deux cas, contrairement à ce que craignait Raeder,... mais conformément à ce que prophétisait Hitler le 5 novembre 1937, la France et la Grande-Bretagne n’ont pas pris les armes en faveur de l’Autriche ou de la Tchécoslovaquie, ce qui, le 14 février 1939, à Hambourg, permet donc aux deux hommes de se rendre, le cœur débordant d’optimisme, au lancement du nouveau cuirassé Bismarck.

En cette belle matinée de la Saint-Valentin, plus de 60 000 Allemands, hommes, femmes et enfants, se sont également rassemblés aux environs de la cale de construction numéro 9 du chantier Blohm & Voss afin d’assister eux aussi au lancement du plus récent et du plus gros navire de guerre jamais construit en Allemagne.

Comme c’est la coutume, le nom de ce nouveau bâtiment n’est pas encore connu officiellement, bien que les initiés, qui savent déjà qu’il sera baptisé par nulle autre que Dorothea von Loewenfeld, petite-fille du défunt Chancelier Otto von Bismarck, peuvent naturellement s’en faire une idée assez précise...

vendredi 14 août 2026

9362 - une lourde hypothèque sur le réarmement naval

Hitler et Raeder, en pleine discussion
… considérée sous le seul angle de la froide rationalité, l'analyse hitlérienne ne manque pas de logique, mais elle n'en jette pas moins la consternation parmi les invités présents qui, en arrivant à la Chancellerie du Reich, ne s'attendaient nullement à pareille issue !

Les objections les plus sérieuses émanent du trio Neurath/Blomberg/Fritsch, respectivement Ministre des Affaires étrangères, Ministre de la Guerre et commandant-en-chef de l’Armée de Terre, trois hommes que Hitler, qui supporte tout sauf la contradiction, va rapidement pousser vers la sortie et remplacer dans les semaines suivantes lors de ce qu'on appellera "L'Affaire Blomberg/Fritsch" (1)

Raeder n’est certes pas plus enthousiaste que ces derniers à l’idée de partir en guerre aussi rapidement, c-à-d en pratique à se retrouver engagé dans un nouveau conflit avec la France et la Grande-Bretagne, deux pays dont il est convaincu - n’en déplaisent aux assurances du Führer - qu’ils ne manqueront pas de se porter à la rescousse de leurs alliés tchèques ou polonais.

Mais autant sous la République de Weimar que depuis l'arrivée de Hitler au Pouvoir, le grand-amiral a toujours eu la sagesse de ne pas exprimer trop ouvertement ses opinions personnelles,… ce qui va ainsi lui permettre de conserver son poste jusqu’en janvier 1943 (2)

Reste que s’il n’est pas directement menacé pour l’heure, son énorme programme de réarmement naval est désormais gravement hypothéqué à la suite de cette réunion (3), et même condamné par la guerre à passer bientôt à la trappe…
 
(1) Saviez-vous que… 4002-4014
(2) le 14 janvier 1943, suite au fiasco de la Bataille de la Mer de Barents, Raeder fut contraint à la démission et remplacé par Karl Doenitz : sur ce sujet : Saviez-vous que… le Crépuscule de la Kriegsmarine
(3) cette réunion du 5 novembre 1937 est généralement connue sous le nom de Note (ou de Protocole) Hossbach   

jeudi 13 août 2026

9361 - l'arbitre suprême

Le Tirpitz : ultime grand navire de guerre construit et mis en service par l'Allemagne nazie
… Berlin, 5 novembre 1937

Mais alors que cette nouvelle course aux armements semble à présent inarrêtable, le pays qui l’a initiée, à savoir l’Allemagne, décide subitement de mettre les freins !

En cet automne de 1937, le Bismarck et le Tirpitz sont toujours en construction, et le grand-amiral Raeder toujours occupé à se démener comme un beau diable pour obtenir le financement, la main d’œuvre et l’acier indispensables à la réalisation de son gigantesque programme de réarmement naval, lequel prévoit pas moins d'une dizaine de cuirassés et de croiseurs de bataille à livrer avant 1945 !

S’agissant de l’acier, il a ainsi exigé que lui soit accordée la priorité absolue,... mais s’est aussitôt heurté à l’opposition virulente de ses collègues des autres Armes, en sorte que chacun a fini par en appeler à l'arbitre suprême, autrement dit à Hitler lui-même.

En se rendant à la Chancellerie du Reich le 5 novembre 1937 pour cet arbitrage décisif, Raeder s'attend tout naturellement à livrer une rude bataille à ses collègues et rivaux Hermann Goering et Werner von Fritsch, respectivement Ministre de l'Économie et de l'Air, et commandant-en-chef de l'Armée de Terre.

Mais d’emblée, Hitler élude la question, et préfère exprimer, dans un effrayant monologue de plus de deux heures (!), sa propre "vision" socio-économique mais aussi, et surtout, ses intentions pour les années à venir.

Pour lui, il est clair que l'Allemagne n'a à présent plus d'autre choix, pour assurer sa simple survie, que de partir en guerre le plus rapidement possible, c-à-d avant que la France et la Grande-Bretagne. éventuellement aidées par les États-Unis, aient eu le temps de combler leur retard en matière de réarmement.

Le problème de "l'espace vital", déclare-t-il, doit impérativement être réglé, par la force, avant 1943, l'Autriche et la Tchécoslovaquie constituant à cet égard les premiers objectifs de conquête…

mercredi 12 août 2026

9360 - gravely undergunned

Les tourelles avant du Duke of York, en 1945 : deux canons dans l'une, quatre canons dans l'autre
… et de fait, à leur plus grand déplaisir, les Britanniques vont ainsi finir par être les seuls à mettre en service de nouveaux bâtiments dotés de pièces de "seulement" 356mm.

En pratique, les (très rares) combats qui opposeront bientôt les cuirassés de chaque camp démontreront toutefois que les résultats obtenus par les "petits" 356mm valent en fait ceux des "gros" 380mm et 406mm, mais en cette fin des années 1930 où la puissance des Nations passe encore par la taille des canons et le calibre des obus, les nouveaux cuirassés britanniques ne payent malheureusement pas de mine. 

Bien que privé depuis longtemps de poste officiel, Churchill, en particulier, ne décolère pas, et considère, et considérera toujours, ces navires comme "gravely undergunned", "gravement sous-armés" (1)

Pour ne rien arranger, la volonté de maintenir le poids total de ces bâtiments aussi bas que possible a, dans un premier temps, poussé les architectes britanniques à grouper, tout comme d'ailleurs les français, les douze canons prévus à l'intérieur de trois tourelles quadruples fort encombrées, et à la cinématique pour le moins complexe.

… sauf qu’en cours de route, les mêmes architectes se sont rendus compte que les bâtiments ainsi gréés seraient encore trop lourds, ce qui les a dès lors contraints à revenir sur la planche à dessins, à supprimer deux canons, et à remplacer une des tourelles quadruple… par une tourelle double (!), conférant ainsi à ces malheureux navires une silhouette aussi étrange et disgracieuse que celle des vieux Nelson et Rodney...

(1) Iain Ballantyne, Killing the Bismarck

mardi 11 août 2026

9359 - "faire un geste"

Le King George V, ou le réveil britannique
… Birkenhead, 01 janvier 1937

Le 01 janvier 1937, à Birkenhead et Newcastle-upon-Tyne, les travaux commencent donc sur le Prince of Wales et le King George V, soit les deux premiers cuirassés d’une nouvelle série de cinq, et les premiers mis en chantier en Grande-Bretagne depuis les Nelson et Rodney en… 1922 !

Mais bien qu’ultra-modernes, ces nouveaux bâtiments s’attirent vite les critiques, en particulier en raison de leur armement, composé de pièces de 14 pouces (356mm) seulement, soit un choix qui semble aller à l’encontre de toute logique

Pour leurs nouveaux bâtiments, Français et Italiens se sont en effet prononcés pour du 380mm et 381mm (15 pouces), de même que les Allemands (ces derniers en attendant encore mieux), les Américains ont opté pour du 406mm (16 pouces), et les Japonais sont carrément occupés à élaborer en secret des "super-cuirassés" de 70 000 tonnes (les futurs Yamato et Musashi) dotés de pièces de 460mm (18 pouces) !

En Angleterre-même, les vieux Queen Elizabeth, qui datent pourtant de 1916, emportent également du 380mm, de même que le Hood, alors que les Nelson et Rodney disposent quant à eux de pièces de 406mm !

En fait, et depuis des années, la Grande-Bretagne, dans un louable souci de ménager les contribuables, plaide à la fois pour le maintien du déplacement maximal des cuirassés à 35 000 tonnes, et pour une réduction du calibre de leur armement principal à seulement 356mm

Le problème, c’est qu’en cette seconde moitié des années 1930, plus personne n’est disposé à "faire un geste" envers l’autre, ni même en faveur de la Paix…

lundi 10 août 2026

9358 - le grand réveil

Le Bismarck : la grande menace tapie dans la brume...
… mais alors que les Britanniques, depuis des années, s’efforçaient d’enrayer la course mondiale aux armements navals, et venaient même, dans l’espoir d’apaiser Hitler, de lui offrir la possibilité de reconstruire une flotte limitée à 35% de celle de la Royal Navy, les Britanniques, donc, se sont subitement réveillés à l’annonce de la mise en chantier des futurs Bismarck et Tirpitz !

Certes, il faudrait des années d’efforts et d’investissements soutenus avant que les Allemands parviennent à simplement approcher le plafond de 35% défini par le Pacte naval du 18 juin 1935, mais à l’exception du croiseur de bataille Hood - qui date tout de même de 1920 ! - la Royal Navy ne possède pour l’heure dans son inventaire aucun bâtiment qui, en vitesse comme en puissance de feu, pourrait rivaliser avec ces deux nouveaux cuirassés allemands.

Pour ne rien arranger, cette même Royal Navy doit également composer, en Méditerranée, avec les velléités de l’Italie et, dans le Pacifique, avec celles du Japon, deux nations qui, bien qu’alliées à la Grande-Bretagne en 1914, lui sont aujourd’hui de plus en plus hostiles, et viennent également d’initier elles-mêmes un énorme programme de constructions de cuirassés !

L’un dans l’autre, il est donc urgent d’emboîter le pas, c-à-d de se lancer précisément dans cette ruineuse course aux armements navals qu’on avait absolument voulu éviter !

Mais pour sauver ce qui pourrait encore l’être, le gouvernement britannique va toutefois ordonner que les nouveaux cuirassés que l’on s’apprête à mettre en chantier se contentent d’un armement allant totalement à l’encontre de la tendance actuelle…

dimanche 9 août 2026

9357 - les petits Bismarck

L'Admiral Hipper, en Norvège : comme un Bismarck en réduction...
… encore n’avons nous rien dit des croiseurs, des porte-avions, ni des innombrables destroyers et sous-marins qu’envisage l’amiral Raeder !

Pour ne parler que des croiseurs - puisque nous ne nous intéressons ici qu’aux navires de ligne - l’Allemagne, après avoir construit et mis en service les Emden, Königsberg, Karlsruhe, Köln, Leipzig, et finalement Nürnberg, a entrepris, dès juillet 1935, la construction de cinq croiseurs lourds dits de la classe Admiral Hipper. 

Dotés de huit canons de 203mm en quatre tourelles doubles qui les font ressembler à s'y méprendre à de petits Bismarck, mais aussi d’un blindage quasiment sans équivalant dans le monde des simples croiseurs, et enfin d’une puissance de 130 000 CV les propulsant à plus de 32 nœuds, les dits croiseurs ont été conçus, dès le départ, comme corsaires, c-à-d pour s’en prendre d’abord et avant tout au trafic commercial ennemi, et pourraient être considérés comme parfaits si leurs chaudières ne s’avéraient pas, comme la guerre va le démontrer, extrêmement fragiles, s’ils ne consommaient pas d’effrayantes quantités de mazout,… et s’ils respectaient un tant soit peu la limite de "10 000 tonnes" qui leur a été imposée au lieu d’en avouer pas moins de 16 000, soit une "minuscule" différence de 60% !

Des cinq, seuls les Admiral Hipper, Blücher et finalement Prinz Eugen - nous y reviendrons - entreront toutefois en service au sein de la Kriegsmarine

Inachevés au déclenchement de la 2ème G.M. les Seydlitz et Lützow connaitront un tout autre destin : le premier sera en effet transformé en un porte-avions… jamais terminé lui non plus (!), et le second… carrément cédé à l’URSS, alors alliée au Reich, rebaptisé Petropavlovsk, et utilisé comme batterie flottante durant toute la guerre pour la défense de Leningrad, contre l’Armée allemande !

(1), ce croiseur lourd Lützow ne doit pas être confondu avec le Panzerschiffe Deutschland, précisément rebaptisé… Lützow peu après le début de la guerre et la cession du croiseur Lützow à l’URSS

samedi 8 août 2026

9356 - le délire

Le délirant projet de H44 de 130 000 tonnes avec, à sa gauche, un Bismarck de 42 000 tonnes
… car les militaires - allemands ou non - étant d’éternels enfants n’ayant jamais à acquitter les factures de leurs coûteux jouets guerriers, des études ont déjà commencé sur leurs successeurs, les type H, lesquels - sans surprise aucune - seront évidemment encore plus gros, encore plus puissants… et encore plus chers !

Les H39 sont ainsi prévus pour 56 000 tonnes et huit canons de 406mm, les H42 pour 90 000 tonnes et huit canons de 480mm, et les H44 pour… 130 000 tonnes et huit canons de 508mmm !

Et comme il ne saurait être question de construire seulement des cuirassés, des plans globaux, eux aussi remaniés à plusieurs reprises, mais toujours dans le sens de la surenchère, prévoient maintenant de reconstruire une flotte complète et surtout en mesure de rivaliser avec la Royal Navy britannique !

Le plus connu d’entre eux, le Plan Z, envisage ainsi une flotte de dix cuirassés, trois croiseurs de bataille, quatre porte-avions et une vingtaine de croiseurs pour le milieu des années 1940 !

Délire complet car personne, et surtout pas le grand-amiral Erich Raeder, ne se demande où l’on pourra bien trouver les capitaux - mais aussi l’acier - pour construire tout cela

Et même Hitler, piégé autant par les réactions des Français et Britanniques à ses propres actions que par la popularité de ses immenses navires, même Hitler semble à présent avoir perdu le contrôle…

vendredi 7 août 2026

9355 - de réplique en réplique...

Le Bismarck : 42 000 tonnes et huit canons de 380mm
… Hambourg, 01 juillet 1936

Si Paris considère le Pacte naval germano-britannique comme une capitulation supplémentaire face à Hitler, voire comme une trahison, à Londres, en revanche, on estime plutôt - à tort comme l’Histoire le démontrera - que le dit Pacte apaisera l’intéressé et ses revendications somme toute légitimes, mais aussi - et cette fois à raison - qu’il faudrait de toute manière de nombreuses années à l’Allemagne avant qu’elle puisse simplement s’approcher du quota de "35%" qui lui a été consenti.

De fait, le dit quota ne sera jamais atteint, ni même vaguement approché, puisque le Führer va décider, dès l’Invasion de la Pologne, en septembre 1939, de renoncer purement et simplement à tout nouveau développement de sa flotte de surface.

Mais n’anticipons pas car dans l’immédiat, ce Pacte offre en tout cas à la Kriegsmarine la possibilité de construire ce que bon lui semble, et dont elle va d’autant moins s’en priver que la dernière réplique française, à savoir quatre cuirassés "35 000 tonnes", ne peut évidement que l’inciter… à répliquer à son tour !

De réplique en réplique, les travaux sur le premier "vrai" cuirassé allemand - un autre "35 000" mais en réalité 42 0000 tonnes et qui deviendra le célèbre Bismarck - débutent donc à Hambourg le 01 juillet 1936, et ceux d’un deuxième - le futur Tirpitz - à Wilhelmshaven, le 2 novembre de la même année.

Comment arrêter cette surenchère ?

jeudi 6 août 2026

9354 - répliquer à la réplique de la réplique...

Le Richelieu, en 1943, avec ses fameuses tourelles quadruples
… Brest, 22 octobre 1935

Car en France, la mise en chantier de ces deux bâtiments et, surtout, la signature du Pacte naval germano-britannique font l’effet d’une bombe et en incitent beaucoup à évoquer une nouvelle trahison de la perfide Albion !

Pas question d’en rester là : il faut de toute urgence répliquer à la réplique allemande aux Dunkerque et Strasbourg toujours en construction !

Et pas question non plus de se contenter de simples copies de ces derniers : les nouveaux cuirassés devront bien sûr être plus gros, plus lourds plus puissants et, inévitablement,... plus chers que ces derniers !

Et c’est d’autant plus indispensable qu’une nouvelle menace se profile à l’horizon, venue cette fois de l’autre coté des Alpes : celle de l’Italie de Benito Mussolini qui, depuis des mois, est occupée à rebâtir une flotte de combat, d’abord en modernisant ses quatre vieux cuirassés qui datent de la 1ère G.M., et qui vont tous être quasiment reconstruits pièce par pièce (!) selon une formule également utilisée à l’autre bout du monde par les Japonais, puis en lançant, dès la fin de 1934, la construction de deux puis quatre nouveaux cuirassés de la classe Littorio (1) armés de neuf pièces de 381mm et donnés pour "35 000 tonnes" encore qu'en avouant en réalité pas loin de 42 000 !

L’un dans l’autre, la France décide donc de se lancer elle aussi dans la construction de quatre nouveaux cuirassés "35 000 tonnes" - et en fait de 38 000 - dotés de huit canons de 380mm en deux tourelles quadruples, selon une disposition semblable à celle du Dunkerque et du Strasbourg, le premier d’entre-eux (2), le Richelieu, étant mis sur cale à Brest le 22 octobre 1935…

(1) seuls trois d’entre-eux seront finalement construits et mis en service avant la fin de la 2ème GM.
(2) seuls deux d’entre-eux seront finalement construits, et un seul, le Richelieu, mis en service avant la fin de la 2ème G.M.

mercredi 5 août 2026

9353 - autrement plus menaçants

La tourelle arrière du Scharnhorst avec, sur son toit, la plate-forme de la catapulte pour hydravion
… mais le 6 mai 1935, soit un mois auparavant, et en prévision de cet accord, les travaux ont déjà commencé sur le futur Gneisenau, puis, le 15 juin, sur son jumeau Scharnhorst !

Histoire de jouer l’apaisement, et même s’ils avouent en réalité leurs 32 000 tonnes bien tassées, ces deux nouveaux navires sont officiellement annoncés comme des "26 000 tonnes" - soit précisément le tonnage que les Français accordent eux-mêmes à leurs Dunkerque et Strasbourg - et sont toujours dotés des mêmes canons de 280mm et des mêmes tourelles triples que les Panzerschiffe, lesquelles passent ici simplement de deux à trois.

Ce choix est a priori curieux si l’on se rappelle que les bâtiments français portent du 330mm et qu’en cette année 1935, même les plus vieux cuirassés encore en service dans le monde, comme l’américain Texas, portent au minimum du 305mm.

Mais bien au-delà de la volonté d’apaisement, ce choix s’explique par l’impossibilité pour l’industrie allemande, qui croule déjà sous les commandes militaires, de concevoir et de fabriquer rapidement les énormes canons de 380mm voire 406mm, ainsi que les non moins énormes tourelles, dont rêvent déjà les responsables de la Kriegsmarine.

Alors, pour gagner du temps, les deux Schlachtschiffe seront donc équipés avec les canons de 280mm et les tourelles triples déjà commandés pour les nouveaux Panzerschiffe à présent annulés, puis seront remplacés "dès que possible" - et en pratique, jamais - par les pièces de 380mm et les tourelles doubles que l’on a commencé à étudier pour les futurs cuirassés de la classe Bismarck.

Qu’importe : avec leurs 32 000 tonnes, leurs neuf pièces de 280mm et douze de 150mm, les Scharnhorst et Gneisenau paraissent dores et déjà autrement plus menaçants que les cuirassés de poche.

En particulier pour les Français…

mardi 4 août 2026

9352 - le Pacte naval germano-britannique

35% : le nouveau ratio du maillot de bain allemand...
… Londres, 18 juin 1935

Le 2 juin 1935, l’ambassadeur plénipotentiaire - et futur Ministre des Affaires étrangères (1) - Joachim von Ribbentrop débarque donc à Londres pour y négocier un traité de limitation des armements navals que Hitler est déjà tout disposé à accepter… tout en se réservant comme de coutume le droit de le dénoncer si et quand bon lui semble !

Mais les Français, pourtant partenaires traditionnels des Britanniques et signataires, tout comme eux, tant de l’Armistice de 1918 que du Traité de Versailles de 1919 ou de celui de Washington de 1922, n’ont cependant pas été invités, ni même consultés !

En cette affaire, l’Angleterre, première puissance navale au monde mais déjà sur le déclin, a en effet décidé de faire cavalier seul,… ce que la France  ne va pas manquer de lui faire bientôt payer.

Le 18 juin, après s’être enfin entendus sur les derniers détails techniques, Ribbentrop et le nouveau Ministre des Affaires étrangères britannique Samuel Hoare signent donc le Pacte naval germano-britannique, lequel autorise désormais le Troisième Reich et sa nouvelle Kriegsmarine (2) à posséder jusqu’à 45% de la flotte sous-marine de la Grande-Bretagne, et jusqu’à 35% de sa flotte de surface !

Sans même l’avoir voulu, Hitler vient de remporter une victoire supplémentaire, et la route qui mène à un réarmement naval aussi massif que mondial est désormais grande ouverte…

(1) le 4 février 1938, dans la foulée de l’affaire Blomberg-Fritsch, le Ministre des Affaires étrangères Konstantin von Neurath, jugé trop mou par Hitler, sera remplacé par Joachim von Ribbentrop
(2) le 21 mai 1935, la Kriegsmarine avait officiellement succédé à la Kriegsmarine 

lundi 3 août 2026

9351 - jouer l'apaisement

Le Scharnohorst, symbole des ambitions de la Nouvelle Allemagne...
… pourquoi dès lors ne pas tenter de conclure avec la principale puissance navale du monde, autrement dit la Grande-Bretagne, un nouveau Traité qui annulerait les précédents et permettrait enfin au Reich de construire tout ce qu’il veut sans risquer de déclencher une nouvelle guerre ?

Et cette idée est d’autant mieux accueillie à Londres que, depuis plusieurs mois, la nouvelle rivalité franco-allemande ne manque pas d’y inquiéter responsables politiques et militaires !

Plutôt que de se relancer également dans une ruineuse course aux armements navals, pourquoi, se dit-on, ne pas jouer l’apaisement et négocier avec Herr Hitler un nouvel accord de limitation semblable à celui du Traité de Washington de 1922 ?

L’Allemagne, après tout, est le pays le plus peuplé d’Europe et, même s’ils ne l’admettent pas ouvertement, les diplomates britanniques sont prêts à reconnaître que les clauses navales des Traités précédents - qui lui interdisent en particulier de posséder une flotte sous-marine ainsi que des navires de surface de plus de 10 000 tonnes - sont injustes et ont puissamment contribué à l’arrivée de l’intéressé au Pouvoir.

Et Hitler, qui nous l’avons dit n’a aucune intention de rebâtir une flotte aussi importante qu’en 1914, ne demande évidemment pas mieux que de négocier avec les Britanniques une "limitation" de celle-ci, une limitation qui lui permettra du reste de rendre ses actuels Panzerschiffe légaux a posteriori (!), qui enfoncera un coin toujours bienvenu dans la traditionnelle alliance entre la Grande-Bretagne et la France,… et qu’il pourra de toute manière renier quand bon lui semblera…

dimanche 2 août 2026

9350 - à la recherche d'un nouveau Traité

Le Scharnhorst : bien plus qu'un autre "cuirassé de poche"
… après l’abandon des deux Panzerschiffe de 19 000 tonnes, à la fin de février 1934, il va s’écouler plus d’un an avant que leurs successeurs - les futurs Scharnhorst et Gneisenau - les remplacent dans les cales de construction.

Les architectes, ingénieurs et responsables de la Reichsmarine doivent en effet s’entendre sur les plans et caractéristiques de ces deux nouveaux Schlachtschiffe,… et les diplomates trouver le moyen de les rendre légaux !

Car voilà bien le problème : même si le Troisième Reich a succédé à la République de Weimar, sa marine de guerre n’en demeure pas moins soumise aux restrictions des Traités précédents, lesquels lui interdisent en particulier de construire, de posséder et de mettre en service des bâtiments de plus de 10 000 tonnes.

Si l’on pouvait encore faire passer les premiers Panzerschiffe pour des "10 000 tonnes" alors qu’ils en avouaient en réalité 2 000 à 3 000 de plus, impossible d’agir de même avec les Schlachtschiffe, qui se veulent répliques au moins égales aux Dunkerque et Strasbourg français de 26 000 tonnes !

Dit autrement, il faut trouver le moyen de conclure un nouveau Traité, qui annulerait les précédents et permettrait enfin à l’Allemagne de construire ce qu’elle veut.

Hitler n’aime pas les traités, qu’il considère comme autant de "chiffons de papier" qui ne l’engagent en réalité à rien, mais qu’il est prêt à signer s’ils lui procurent un avantage momentané,… quitte à les renier dès le lendemain s’il y trouve son compte !

Pour rebâtir la grande armée qui lui permettra un jour de partir à la conquête de son lebensraum, Hitler a impérativement besoin de temps, ce pourquoi il est essentiel de ne pas inciter Français et Britanniques à lui déclarer prématurément la guerre pour violation flagrante des traités navals existants.

samedi 1 août 2026

9349 - l’éternelle logique de la surenchère

Réplique aux cuirassés de poche allemands, le Dunkerque français allait générer une réplique... allemande
… car l’annonce des caractéristiques des futurs Dunkerque et Strasbourg français vient soudainement changer la donne !

Même à 19 000 tonnes et améliorés au niveau du blindage, les deux nouveaux Panzerschiffe, toujours armés de six pièces de 280mm, demeureront en effet largement inférieurs aux 26 000 tonnes français dotés de huit canons de 330mm !

Sans attendre, les travaux sont donc arrêtés, les constructions annulées, et les cales libérées pour un meilleur projet.

Hitler - rappelons-le à nouveau - n’a pas la moindre intention d’offrir à Raeder la gigantesque marine dont il rêve. Mais c’est une question de prestige, le sien et aussi celui du Troisième Reich tout entier : si ces perfides Français construisent des répliques plus grosses et mieux armées que les Panzerschiffe allemands, alors le Reich se doit de construire des répliques aux répliques françaises,... et des répliques bien évidemment encore plus grosses et encore mieux armées que celles-ci !

C’est l’éternelle logique de la surenchère, et d’une surenchère ruineuse que Hitler s’était pourtant promis d’éviter, mais à laquelle il est aujourd’hui contraint : dès la fin du mois de février 1934, architectes et ingénieurs se remettent donc au travail sur les plans de deux navires qui, à l’exception des tourelles triples de 280mm, n’auront plus rien à voir avec les Panzerschiffe précédents, ni même avec leur version améliorée et portée à 19 000 tonnes.

Ces deux navires, qui seront baptisés Scharnhorst et Gneisenau en hommage à leurs glorieux devanciers disparus aux Falklands (1) seront en effet des Schlachtschiffe, des "navires de bataille", et considérés par les historiens tantôt comme des croiseurs de bataille, tantôt comme de véritables cuirassés.

Reste à les faire accepter par nuls autres que les Britanniques...

(1) Saviez-vous que… Le Choc des Titans

vendredi 31 juillet 2026

9348 - ne pas en faire trop

L'Admiral Graf Spee. Notez la tourelle arrière et les quatre tubes lance-torpilles sur chaque flanc
… 14 février 1934

Hitler - nous l’avons dit - n’entend rien aux choses de la mer,… mais sait fort bien ce que coûtent les navires de guerre !

Et comme il n’a aucune envie de guerroyer pendant des années contre les Britanniques, les Français, les Américains, les Japonais et même les Australiens ou les Belges (!) pour reconquérir les colonies d’Afrique, d’Asie ou du Pacifique perdues lors de la guerre précédente, à quoi pourrait bien lui servir la vaste flotte de surface que Raeder et les responsables de la Reichsmarine espèrent reconstituer ?

Pour mettre la main sur le lebensraum dont il rêve de s’emparer à l’Est, nul besoin de croiseurs, de cuirassés, de porte-avions ni de marins : ce qu’il faut, ce sont des canons, des tanks, des avions, des fantassins et des aviateurs, et dans les plus grandes quantités possibles !

Hitler n’est bien sûr pas insensible à l’attrait que ces rutilants bâtiments exercent encore sur le peuple allemand, ni formellement opposé à l’idée de rebâtir une flotte digne de ce nom, mais pas au point de vouloir, comme naguère Guillaume II, rivaliser avec la Royal Navy britannique,… et encore moins si la dite flotte grève par trop la renaissance de l’Armée de Terre et de l’Aviation !

A la fin de 1933, il se limite donc à autoriser la construction de deux nouveaux navires de ligne, les ersatz Elsass et ersatz Hessen, qui ne sont en fait que des versions allongées des premiers Panzerschiffe, et améliorées essentiellement au niveau du blindage, notable point faible des précédents. 

Mais comme leur poids est cette fois condamné à s’envoler bien au-delà de ce qu’autorisent les Traités, Hitler, malgré tout soucieux de ne pas trop irriter Français et Britanniques à ce stade ô combien précoce du réarmement allemand, exige qu’ils ne dépassent pas 19 000 tonnes, et se contentent du même armement que les autres Panzerschiffe, soit six canons de 280mm et huit de 150mm.

Le 14 février 1934, les deux navires sont mis sur cale, mais les travaux vont toutefois très rapidement s’arrêter… 

jeudi 30 juillet 2026

9347 - un certain Adolf Hitler

Lancement de l'Admiral Graf Spee sous les Heil Hitler, 30 juin 1934
… mais si la République française éprouve des difficultés à concevoir, construire et financer ses nouveaux navires, la République de Weimar n’est pas non plus à la fête.

Après maints débats techniques, la mise sur cale de l’ersatz Preussen, et futur Deutschland, en février 1929, avait déjà longuement agité le Reichstag, où nombre de députés s’étaient interrogés sur l’utilité de dépenser autant d’argent pour de nouveaux navires de guerre, mais aussi sur la légalité de ces derniers en regard du Traité de Versailles de 1919, et du Traité de Washington de 1922.

En poursuivant de la sorte, ne risquait-on pas non seulement d’appauvrir les Allemands, mais aussi, et peut-être surtout, d’inciter Français et Britanniques à intervenir et à déclencher une nouvelle guerre que l’Allemagne, dans sa situation actuelle, n’aurait aucune chance de gagner ?

Suite à une longue opposition des socio-démocrates, la construction du second cuirassé de poche, l’ersatz Lothringen, futur Lützow, ne débute donc que le 25 juin 1931, soit plus de deux ans après celle du Deutschland (!) et celle de l’ersatz Braunschweig, futur Admiral Graf Spee, que le 1er octobre de l’année suivante.

En conséquence, si la mise en service du Deutschland s’effectue le 1er avril 1933, celles du Lützow et du Graf Spee vont devoir respectivement attendre les 12 novembre 1934 et 6 janvier 1936.

Dans l’intervalle, un certain Adolf Hitler est arrivé au Pouvoir le 30 janvier 1933 et, suite à l’incendie du Reichstag, le 28 février 1933, puis à la mort du vieux Président Paul Hindenburg, le 2 aout 1934, a successivement obtenu les pleins pouvoirs puis le titre de Führer, en cumulant ainsi les fonctions de chef du gouvernement et de chef de l’État

La République de Weimar a vécu, le Troisième Reich vient de naître,… et celui-ci a de bien plus grandes ambitions que son prédécesseur…