mercredi 5 août 2026

9353 - autrement plus menaçants

La tourelle arrière du Scharnhorst avec, sur son toit, la plate-forme de la catapulte pour hydravion
… mais le 6 mai 1935, soit un mois auparavant, et en prévision de cet accord, les travaux ont déjà commencé sur le futur Gneisenau, puis, le 15 juin, sur son jumeau Scharnhorst !

Histoire de jouer l’apaisement, et même s’ils avouent en réalité leurs 32 000 tonnes bien tassées, ces deux nouveaux navires sont officiellement annoncés comme des "26 000 tonnes" - soit précisément le tonnage que les Français accordent eux-mêmes à leurs Dunkerque et Strasbourg - et sont toujours dotés des mêmes canons de 280mm et des mêmes tourelles triples que les Panzerschiffe, lesquelles passent ici simplement de deux à trois.

Ce choix est a priori curieux si l’on se rappelle que les bâtiments français portent du 330mm et qu’en cette année 1935, même les plus vieux cuirassés encore en service dans le monde, comme l’américain Texas, portent au minimum du 305mm.

Mais bien au-delà de la volonté d’apaisement, ce choix s’explique par l’impossibilité pour l’industrie allemande, qui croule déjà sous les commandes militaires, de concevoir et de fabriquer rapidement les énormes canons de 380mm voire 406mm, ainsi que les non moins énormes tourelles, dont rêvent déjà les responsables de la Kriegsmarine.

Alors, pour gagner du temps, les deux Schlachtschiffe seront donc équipés avec les canons de 280mm et les tourelles triples déjà commandés pour les nouveaux Panzerschiffe à présent annulés, puis seront remplacés "dès que possible" - et en pratique, jamais - par les pièces de 380mm et les tourelles doubles que l’on a commencé à étudier pour les futurs cuirassés de la classe Bismarck.

Qu’importe : avec leurs 32 000 tonnes, leurs neuf pièces de 280mm et douze de 150mm, les Scharnhorst et Gneisenau paraissent dores et déjà autrement plus menaçants que les cuirassés de poche.

En particulier pour les Français…

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