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| Les Dardanelles : avec des si et des peut-être... |
Toute fois, l’amiral John Michael De Robeck, qui a remplacé Carden, hésite : il compte des centaines de morts et de blessés dans ses rangs; il a déjà perdu trois cuirassés - et avec l’Inflexible peut-être même un quatrième (!), - et il n'en connait toujours pas la raison; les bâtiments survivants ont tous subi de nombreux et parfois importants dommages; le soir tombe et, surtout, rien ne garantit que cette soudaine accalmie ne dissimule pas une ruse des Ottomans visant à attirer leurs adversaires plus prêt des rives avant de recommencer à les canonner.
L’un dans l'autre, De Robeck ordonne plutôt de retraiter vers la sortie du Détroit. A-t-il raison ? A-t-il tort ? Un siècle plus tard, il est toujours impossible de trancher, mais ce qui est sûr, en revanche, c’est que cette retraite offre bel et bien la victoire aux Ottomans !
Nonobstant, la dite victoire est-elle... définitive ?
C’est en tout cas ce que pense le commandant-en-chef de la Mediterranean Expeditionary Force, le général Hamilton, qui, dès le lendemain de la bataille, écrit au généra Kitchener qu’il est à présent "contraint d’admettre que le rôle de l’armée ne sera nullement subsidiaire comme on l’avait pensé. Ce sera elle qui devra rendre possible le passage de la flotte"
A contrario, les Ottomans, eux, auraient plutôt tendance à penser le contraire, s’il faut en croire du moins l’ambassadeur des États-Unis à Constantinople, et futur Secrétaire d’État au Trésor, Henry Morgenthau, qui, dans un message à son gouvernement, souligne que chacun dans la la capitale de l'Empire s’attend à une nouvelle attaque, et estime ne pouvoir y résister que quelques heures…






