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| Le Roi George V et Beatty (à droite) sur le pont du cuirassé Queen Elizabeth |
Saviez-vous que...
mardi 2 juin 2026
9289 - en Mer du Nord... rien de nouveau
lundi 1 juin 2026
9288 - le casus belli
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| Rapidement rendu public, le télégramme Zimmerman précipita l'entre en guerre des USS |
Complaisamment, et pour d’évidentes raisons, transmis aux Américains le 19 février, la copie déchiffrée du télégramme Zimmerman ne manque évidemment pas de provoquer la colère à Washington !
Le 1er mars, le Président Wilson décide même de le rendre public. Interrogé deux jours plus tard à Berlin par un journaliste américain, Arthur Zimmerman lui-même en reconnaît ingénument l’authenticité, et la réitère le 29 devant le Reichstag.
Aux États-Unis, l’indignation est dès lors à son comble : dans ce pays où la Doctrine Monroe (1) est la pierre angulaire de toute la diplomatie depuis près d’un siècle, le simple fait qu’un État européen veuille intervenir sur le continent américain, et surtout inciter un État du continent américain à entrer directement en guerre contre les États-Unis, est rien moins qu’un casus belli !
Le 6 avril 1917, le Congrès des États-Unis décide donc de déclarer la guerre à l’Allemagne, une guerre qui, selon Wilson, vise rien moins qu’à "mettre fin à toutes les guerres", et ce "afin de rendre le monde plus sûr pour la démocratie".
A supposer-même qu’il soit sincère, Wilson se berce naturellement d’illusions, mais cette déclaration de guerre va en tout cas faire définitivement basculer l’équilibre des forces en faveur de la Triple-Entente (1), et, dans un an et demi, sonner le glas de l’Allemagne, de l’Empire allemand,… et de la Marine impériale allemande
Mais n’anticipons pas…
dimanche 31 mai 2026
9287 - le télégramme Zimmerman
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| Le télégramme Zimmerman, ou le projet d'accord secret entre le Mexique et l'Allemagne en cas d'entrée en guerre des USA |
Car sur le Front terrestre, la situation parait plus bloquée que jamais : à l’Est, et malgré d’importantes pertes dans ses rangs, la Russie tsariste continue en effet de combattre vaille que vaille, et immobilise ainsi de nombreuses divisions allemandes qui seraient assurément bien utiles sur le Front de l’Ouest, où l’offensive allemande sur Verdun et celle, franco-britannique, sur la Somme, se sont toutes deux achevées à la fin de l’automne 1916,… sans autre résultat concret qu’une gigantesque boucherie qui a fait plus d’un million sept-cents mille morts et blessés dans les deux camps !
Reste que la reprise de cette guerre sous-marine ne va pas manquer d’irriter les Américains, toujours neutres mais qui, depuis le torpillage du paquebot Lusitania, en mai 1915, n’ont cessé de condamner le recours à cette arme, et sont de plus en plus portés à une intervention militaire au profit de la Grande-Bretagne et de la France.
L’élément déclencheur se produit le 17 janvier 1917, suite à l’interception et au décryptage par les services de renseignement britannique d’un télégramme codé adressé par le Secrétaire d’État aux Affaires étrangères allemand, Arthur Zimmerman, à l’ambassadeur d’Allemagne au Mexique, Heinrich von Eckardt, dans lequel le premier demande au second de proposer au gouvernement mexicain une alliance militaire entre le Mexique et l’Allemagne en cas d’entrée en guerre des États-Unis.
"Le 1er février, nous avons l'intention d'entamer une guerre sous-marine sans restriction. Malgré cela, notre intention est de nous efforcer de maintenir les États-Unis dans la neutralité. Si cette tentative échoue, nous proposons à l'égard du Mexique une alliance reposant sur les bases suivantes :
Nous ferons la guerre ensemble et ferons la paix ensemble; nous apporterons un soutien financier général, et il est entendu que le Mexique reconquerra les territoires qu'il a perdus : le Nouveau-Mexique, le Texas et l'Arizona. Les détails de cet accord sont laissés à votre discrétion.
Vous avez pour instruction d'informer le Président du Mexique de ce qui précède, sous le sceau du plus grand secret, dès qu'il sera établi qu'un conflit éclatera avec les États-Unis (…) Veuillez attirer l'attention du Président du Mexique sur le fait que le recours à une guerre sous-marine sans merci promet désormais de contraindre l'Angleterre à faire la paix d'ici quelques mois"...
samedi 30 mai 2026
9286 - comme une redite de 1915...
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| Le Hindenburg, ultime grand navire de la Hochseeflotte |
A priori anecdotique dans l’immense carnage de la 1ère G.M., cette affaire n’en marque pas moins un changement radical - et définitif - côté allemand.
Plus question à présent du moindre affrontement contre la flotte cuirassée britannique : la seule priorité, désormais, c’est la guerre sous-marine, et donc la construction des sous-marins, ainsi que, mais dans une moindre mesure, les opérations en Baltique, contre la ridicule petite marine tsariste.
Conséquence de ce choix, les quatre nouveaux croiseurs de bataille de 32 000 tonnes de la classe Mackensen ne seront jamais terminés, pas plus d’ailleurs que les deux derniers dreadnought de la classe Bayern.
Le 14 mars 1917, le jumeau du Bayern, le Baden, deviendra même l’ultime cuirassé à rallier les rangs de la Hochseeflotte, le 14 mars 1917.
Encore deux mois, et le 10 mai 1917, le croiseur de bataille Hindenburg, de la classe Derfflinger, sera quant à lui l’ultime grand navire allemand à entrer en service avant l’Armistice.
Tout comme en 1915, et une fois encore à l’exception de ses plus petits bâtiments, la Hochseeflotte va donc quasiment disparaître de la Mer du Nord, ce qui, comme en 1915, a évidemment l’avantage de préserver l’outil… sans que l’on sache toutefois dans quel but (!), mais qui, plus encore qu’en 1915, mine le moral des équipages, de plus en plus démoralisés par cette guerre qui n'en finit plus et qu'ils doivent mener au port, parce qu'il est impossible de la gagner sur Mer, et qui ne cessent dès lors de multiplier désertions, sabotages et actes de rébellion.
Et dans ce domaine, on n’a encore rien vu…
vendredi 29 mai 2026
9285 - une kolossale mission de sauvetage
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| Le sous-marin, U20, échoué sur la côte danoise, et sabordé par son équipage |
Car le U-20 et son commandant, le Kapitänleutnant Walther Schwieger, sont ceux-là même qui, le 7 mai 1915, rappelons-nous, ont envoyé par le fond nul autre que le célèbre paquebot Lusitania !
Pas question de permettre aux Britanniques, qui sont également au courant de ce double échouage, de leur mettre la main dessus : pour Scheer, devenu par la force des choses le nouvel apôtre de la guerre sous-marine, il faut au contraire leur envoyer de toute urgence une flotte de secours,… et même une flotte véritablement kolossale, puisque composée de plusieurs destroyers et, surtout, du croiseur de bataille Moltke, lui-même protégé à distance par quatre cuirassés de la Hochseeflotte !
Pour deux sous-marins et un capitaine, fut-il devenu tristement célèbre, c’est tout de même beaucoup,… et c’est surtout de nature à attirer toute l’attention des Britanniques, ce qui, pour les Allemands, tombe d’autant plus mal qu’un sous-marin britannique, le J1, rôde justement dans les parages !
Et ce qui devait arriver arrive : le 5 novembre 1916, immédiatement prévenu par radio de l’arrivée imminente des navires allemands, le dit J1 ne manque pas placer une torpille sur le cuirassé Grosser Kurfurst et, pour faire bonne mesure une autre sur Kronprinz, qui se voient dès lors tous deux contraints de rentrer au port pour plusieurs semaines de réparations !
Si on y ajoute le fait que le U-20, jugé impossible à sortir de sa fâcheuse position, a dû être sabordé sur place, cette mission de secours se solde donc par un véritable désastre pour les Allemands, et en particulier pour Scheer lui-même, qui a autorisé l’opération et n’a d’autre choix que de présenter des excuses, et surtout une vigoureuse défense, au Kaiser, lequel, comme beaucoup d’autres, ne comprend pas pourquoi l’intéressé a risqué autant d’hommes et autant de navires pour secourir deux simples sous-marins...
jeudi 28 mai 2026
9284 - la seule planche de salut
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| La Hochseeflotte, ou comment combattre si on doit demeurer au port... |
mercredi 27 mai 2026
9283 - le ballon de baudruche
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| Le cuirassé allemand Westfalen, peu avant la 1ère G.M. |
Mais plutôt que d’un Jutland 2.0, on va plutôt assister au dégonflage en accéléré d’un énorme ballon de baudruche !
Il faut dire que dès 06h00, le croiseur léger Nottingham se retrouve torpillé par un sous-marin allemand en maraude, et s’engloutit peu après, ce qui incite aussitôt Jellicoe, qui faisait jusque-là route au sud-est dans la direction présumée de l’escadre allemande, à mettre le cap au nord, et à ne s’en retourner au sud-est que trois heures plus tard.
Côté allemand, si un zeppelin réussit cette fois à repérer une formation de quelques navires de guerre britanniques, il ne s’agit en réalité que de simples croiseurs légers,... qu’il a confondu avec des cuirassés.
S’agit-il enfin de l’occasion tant attendue ? Scheer, en tout cas, décide de faire route vers la dite formation, mais à 14h00, un autre sous-marins repère cette fois la véritable Grand Fleet au grand complet, à quelque 100 km sur son nord.
Inutile d’insister : nullement désireux de se retrouver piégé comme au Jutland, l’amiral allemand décide, à 14h35, de faire demi-tour vers ses ports, un demi-tour dont Jellicoe est lui-même informé vers 16h00.
Et comme il n’existe aucune possibilité de couper la route aux Allemands et aucun espoir de les rejoindre avant qu’ils aient rallié leurs côtes, le Britannique décide à son tour de rentrer au bercail avec toute sa flotte, perdant toutefois au passage un deuxième croiseur léger, le Falmouth, torpillé par un troisième sous-marin allemand...
Pour les Britanniques, la seule consolation de la journée, ce sont les dommages infligés par une torpille d’un de leurs propres sous-marins au cuirassé allemand Westfalen près de Terschelling, dommages qui l’immobiliseront jusqu’à la fin du mois de septembre…






