A ce stade, Harwood ignore encore les véritables intentions de Langsdorff : son idée à lui est simplement de suivre le Graf Spee à bonne distance jusqu’à la tombée de la nuit, puis de profiter de l'obscurité pour l'attaquer à la torpille.
Mais l’Allemand, incapable de réparer en pleine mer son système de purification de diesel, a déjà décidé de mettre le cap vers l’Uruguay, pays neutre, et plus précisément vers le port de Montevideo où, espère-t-il, il pourra remettre son navire en état et faire soigner ses propres blessés.
Tout le reste de la journée, et jusqu’en début de soirée, débute alors une étrange partie de chasse à deux contre un - l’Exeter ayant à présent pris la route des Falklands - où l’Ajax et l’Achilles, en arrière et respectivement sur le bâbord et le tribord du Graf Spee, se contentent de pister le Panzerschiff qui, de son côté, leur expédie de temps à autres une bordée de 280mm, juste pour leur rappeler de se tenir à bonne distance de lui.
Vers 19h00, chacun, dans le camp anglais, comprend que le Graf Spee se dirige bel et bien droit vers l’estuaire du Rio de la Plata, avec l’intention évidente de chercher refuge soit en Uruguay, soit, en poursuivant quelque peu sa route, en Argentine.
L’Uruguay et l’Argentine étant pays neutres, il n’est pas question de le poursuivre jusque-là,… et encore moins de guerroyer au beau milieu des ports de Montevideo ou Buenos Aires !
Après une dernière bordée du Panzerschiff vers l’Achilles, sur le coup de 21h00, les deux croiseurs britanniques abandonnent donc la poursuite et se postent en faction devant l’estuaire, et à la limite des eaux territoriales.
Le bruit des combats ayant cessé, place maintenant à celui, plus feutré, de la diplomatie…






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