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| Le Dreadnought, ou le début d'une nouvelle course aux armements navals... |
Au niveau de la propulsion déjà, et par rapport aux derniers pré-dreadnought britanniques de la classe Lord Nelson (1), les machines à triple expansion avec leurs cylindres, leurs pistons et leurs bielles, qui offraient à peine 17 000 CV et une vitesse de 18 nœuds, ont été remplacées par des turbines autrement plus efficaces, offrant 23 000 CV et 21 nœuds
Surtout, la diminution drastique du nombre de casemates a permis de sauver du poids et de le convertir en blindage supplémentaire, tandis que l’armement a été non seulement simplifié, mais aussi considérablement renforcé, puisqu’on est passé de 4 x 305mm (deux tourelles double), 10 x 234mm, 24 x 76mm et 12 x 47mm sur les Lord Nelson à… 10 x 305mm (cinq tourelles double) et 27 x 76mm.
Autrement dit, la puissance de l’artillerie principale a été multipliée par moins de 2,5 !
Tout n’est certes pas encore parfait : par exemple, seules quatre des cinq tourelles peuvent tirer du même bord - défaut qui sera supprimé sur les dreadnought ultérieurs - mais par rapport aux pré-dreadnought, le progrès est considérable !
Malheureusement, le Dreadnought est aussi beaucoup plus gros, plus complexe et plus coûteux à construire et à entretenir que tous les navires de la génération précédente et, surtout, l’écart de performances entre lui-même (et ses futurs successeurs) et les cuirassés antérieurs est tel que toute cohabitation est pour ainsi dire impossible ce qui, en pratique, implique donc de mettre à la ferraille des bâtiments qui, comme le Kansas américain, viennent à peine d'être mis en service ou sont encore en construction !
La course au dreadnought est lancée, et elle ne va pas s’arrêter de sitôt…
(1) ces Lord Nelson (Lord Nelson et Agamemnon) ne doivent pas être confondus avec les futurs Nelson (Nelson et Rodney) du début des années 1920)





