Mais Hitler n’en a cure : la conquête du lebensraum ne saurait attendre et, de toute manière, les choses de la mer de l’intéressent pas.
Le 3 septembre 1939, à l’annonce de l’entrée en guerre de la France et de la Grande-Bretagne, le grand-amiral, résigné, s’est donc contenté de lui adresser un mémorandum qui lui assure que, dans les circonstances, la Marine n’en fera pas moins de son mieux et "saura succomber bravement dans un combat inégal pour préparer les résurrections futures"
Tout un programme…
Fidèle à ce qu’on appelle généralement "l’appel du Devoir", le Graf Spee, après avoir appareillé de Wilhelmshaven le 21 aout, est pour sa part passé entre l’Islande et les Îles Féroé, avant de mettre le cap et l’Ouest puis de filer plein Sud jusque sous l’Équateur.
Le 10 septembre, il a fait le plein auprès du pétrolier-ravitailleur Altmark, qui a reçu pour mission de l’accompagner, aussi discrètement que possible et toujours à bonne distance, lors de son raid dans l’Atlantique Sud.
Mais de véritable raid, il n’est toujours pas question puisque Hitler, nous l’avons dit, tergiverse, en conséquence de quoi le Graf Spee, tout comme son jumeau Deutschland, se contente de naviguer mollement de-c de-là,… et de fuir systématiquement dès qu’une vague fumée de cheminée est aperçue à l’horizon !
Comme corsaire redoutable, on a déjà vu mieux…






