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| L'arrière du Goeben, avant de devenir ottoman. Notez le filet pare-torpilles replié sur le flanc |
Tout comme Spee, son commandant, le contre-amiral Wilhelm Souchon, a immédiatement compris qu’il ne servait à rien de demeurer sur place mais, plutôt que de tenter un impossible retour vers l’Allemagne à travers le Détroit de Gibraltar, a alors choisi de prendre la route de Constantinople afin de livrer son navire à l’Empire ottoman,... ce même Empire ottoman qui, rappelons-nous, est toujours sous le choc de la saisie des dreadnought Sultân Osmân-ı et Reşadiye par Churchill !
Et le 7 aout 1914, le Goeben est tombé sur les croiseurs-cuirassés du contre-amiral Ernest Troubridge, qui étaient certes quatre mais néanmoins dépassés autant en vitesse, qu’en blindage et en puissance de feu.
Vu son infériorité dans ces trois domaines, Troubridge a alors décidé… de ne rien faire, et donc de laisser tranquillement passer le croiseur de bataille allemand qui, le 10 aout, a tranquillement franchi le Détroit des Dardanelles.
Et en apprenant l’action, ou plutôt l’inaction, de Troubridge, Churchill s’est aussitôt emporté, de même d'ailleurs que l'Amirauté et la quasi-totalité de l'opinion publique britannique !
Immédiatement rappelé à Londres, Troubridge a été expédié devant une court-martiale, qui finira certes par l'acquitter mais ne rétablira jamais sa réputation, en particulier aux yeux du même Churchill qui, dans les décennies ultérieures, citera à plusieurs reprises cet incident comme "une des pires infamies jamais commises par un officier de Sa Majesté"
Quant au Goeben, celui-ci a tout simplement été "transféré", avec son équipage allemand,… à la Marine ottomane (1) qui, du coup, a ainsi récupéré, grâce à l’Allemagne, une bonne partie de la puissance navale qu’elle avait dû abandonner en Grande-Bretagne,... avec laquelle elle va d'ailleurs entrer en guerre le 5 novembre !
(1) le 16 aout 1914, le Goeben devint très officiellement devenu ottoman sous le nom de Yavuz Sultan Selim






