![]() |
| L'Empress of Australia, avant-guerre... et avant de participer au "Convoi de la Honte" |
... Liverpool, 31 octobre 1944
Mais si le JW61 n'a rien pour retenir l'attention des historiens, il en va tout autrement du JW61A, que l'on pourrait surnommer "Convoi de la Honte", et qui appareille de Liverpool le 31 octobre.
Et quel singulier convoi que celui-là !
D'abord parce qu'il se compose non pas de plusieurs dizaines de cargos mais seulement de deux paquebots réquisitionnés, à savoir le canadien Empress of Australia (1) et le britannique Scythia (2)
Ensuite, et surtout, parce que leurs passagers sont des passagers contraints et forcés, en l’occurrence quelque 11 000 Soviétiques ayant servi plus ou moins volontairement - et généralement beaucoup moins que plus ! - au sein de la Wehrmacht, faits ensuite prisonniers par les Alliés après le Débarquement de Normandie,... et finalement réclamés, ou plus exactement exigés, par Staline.
"Beaucoup d'entre eux étaient Ukrainiens et tous avaient été capturés au service de la Wehrmacht, un grand nombre comme artilleurs, lors de l'invasion de la Normandie. Churchill venait de rentrer d'un dialogue "extrêmement cordial" avec Staline et la décision de rapatrier ces malheureux précéda la discorde qui éclata après Yalta" (3)
Et c'est souvent à la pointe des baïonnettes que ceux-là ont embarqué à Liverpool (4), et c'est encore à la pointe de baïonnettes, soviétiques celles-là, qu'ils sont finalement débarqués à Mourmansk le 06 novembre après un voyage sans histoire mais qui n'en préfigure hélas pas moins un des épisodes les plus noirs, et les moins glorieux, de celle de la 2ème G.M.
Car le sort (5) qui attend ces "rapatriés" que l'URSS considère comme des "traîtres à la patrie", ou qu'elle a au contraire déjà déclaré "morts héroïquement pour la Patrie" est hélas facile à deviner...
(1) construit en Allemagne pour la Hamburg America Line, saisi par les Alliés après l'Armistice de 1918, revendu en 1921 aux chemins de fer du Canadien Pacifique (CP) et rebaptisé Empress of Australia, ce paquebot de 22 000 tonnes avait été transformé en transporteur de troupes au début de la 2ème G.M.
(2) construit en 1919 pour la Cunard, ce paquebot de 19 000 tonnes était devenu transport de troupes en 1941
(3) Woodman, op cit, page 483
(4) des épisodes analogues à cet embarquement sont notamment évoqués dans le roman "Any Old Iron" ("Ferraille à vendre") d'Anthony Burgess et le film de James Bond "Golden Eye"
(5) on estime que 80% des quelque 1,6 millions de Soviétiques rapatriés de force par les Occidentaux à la fin de la guerre ont été envoyés croupir plusieurs années au goulag, ou carrément fusillés dès leur arrivée en URSS...
Mais si le JW61 n'a rien pour retenir l'attention des historiens, il en va tout autrement du JW61A, que l'on pourrait surnommer "Convoi de la Honte", et qui appareille de Liverpool le 31 octobre.
Et quel singulier convoi que celui-là !
D'abord parce qu'il se compose non pas de plusieurs dizaines de cargos mais seulement de deux paquebots réquisitionnés, à savoir le canadien Empress of Australia (1) et le britannique Scythia (2)
Ensuite, et surtout, parce que leurs passagers sont des passagers contraints et forcés, en l’occurrence quelque 11 000 Soviétiques ayant servi plus ou moins volontairement - et généralement beaucoup moins que plus ! - au sein de la Wehrmacht, faits ensuite prisonniers par les Alliés après le Débarquement de Normandie,... et finalement réclamés, ou plus exactement exigés, par Staline.
"Beaucoup d'entre eux étaient Ukrainiens et tous avaient été capturés au service de la Wehrmacht, un grand nombre comme artilleurs, lors de l'invasion de la Normandie. Churchill venait de rentrer d'un dialogue "extrêmement cordial" avec Staline et la décision de rapatrier ces malheureux précéda la discorde qui éclata après Yalta" (3)
Et c'est souvent à la pointe des baïonnettes que ceux-là ont embarqué à Liverpool (4), et c'est encore à la pointe de baïonnettes, soviétiques celles-là, qu'ils sont finalement débarqués à Mourmansk le 06 novembre après un voyage sans histoire mais qui n'en préfigure hélas pas moins un des épisodes les plus noirs, et les moins glorieux, de celle de la 2ème G.M.
Car le sort (5) qui attend ces "rapatriés" que l'URSS considère comme des "traîtres à la patrie", ou qu'elle a au contraire déjà déclaré "morts héroïquement pour la Patrie" est hélas facile à deviner...
(1) construit en Allemagne pour la Hamburg America Line, saisi par les Alliés après l'Armistice de 1918, revendu en 1921 aux chemins de fer du Canadien Pacifique (CP) et rebaptisé Empress of Australia, ce paquebot de 22 000 tonnes avait été transformé en transporteur de troupes au début de la 2ème G.M.
(2) construit en 1919 pour la Cunard, ce paquebot de 19 000 tonnes était devenu transport de troupes en 1941
(3) Woodman, op cit, page 483
(4) des épisodes analogues à cet embarquement sont notamment évoqués dans le roman "Any Old Iron" ("Ferraille à vendre") d'Anthony Burgess et le film de James Bond "Golden Eye"
(5) on estime que 80% des quelque 1,6 millions de Soviétiques rapatriés de force par les Occidentaux à la fin de la guerre ont été envoyés croupir plusieurs années au goulag, ou carrément fusillés dès leur arrivée en URSS...

1 commentaire:
Les américains capitalistes ont eu aussi leur bateau de la honte...en 1919: un paquebot mixte, ni très marin, ni très neuf , ni très prestigieux , le Buford a servi à expulser pêle-mêle des anarchistes des supposés communistes lors de la première "red scare" (trouille des rouges) réexpédiés en Union soviétique (ou en Finlande, ou au diable vauvert) et dans des conditions indignes...tout çà plus de trente ans avant le Mac-Carthysme et la chasse aux sorcières.
Par une coïncidence curieuse , le Buford est devenu très célèbre quelques années plus tard sous le nom de Navigator , alors même qu'il était en instance de ferraillage, en servant de décor à un des films muets les plus drôles dans la série des longs métrages de Buster Keaton: La croisière du Navigator....
Publier un commentaire