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| L'Indianapolis le 12 juillet 1945, peu avant son ultime voyage |
Le 16 juillet, soit le jour-même où "Gadget" illumine le ciel du Nouveau-Mexique, l’USS Indianapolis, un 10 000 tonnes de la classe Portland, quitte le port de San-Francisco pour Tinian avec, à son bord, une mystérieuse caisse contenant les éléments d'un "projet secret" qui n’est autre que "Little Boy", la bombe atomique destinée à Hiroshima
Car pas question de soumettre le précieux engin aux aléas d’une longue traversée au-dessus des terres puis de l’océan : acheminée par train spécial depuis le Nouveau Mexique, la bombe effectuera donc le long voyage jusqu’à Tinian dans les entrailles d’un croiseur lourd.
Et ce voyage est loin d’être sans risque, vu la présence persistante de sous-marins japonais, qui sont quasi les seuls bâtiments de la Marine impériale encore autorisés à percevoir un peu de mazout.
Pour minimiser ce risque, le croiseur voyagera donc seul, à sa vitesse maximale, et dans un silence radio absolu : personne, pas même les opérateurs américains, ne doit savoir qu'il est en mer, où il se trouve, ni vers quel endroit il se dirige.
Pour la même raison, l’équipage ignore tout de la nature de la cargaison qui, par précaution, a de surcroît été camouflée et installée sur un radeau. En cas de naufrage, les ordres sont stricts : le dit radeau devra être mis à la mer avant même les canots de sauvetage !
Mais la traversée se révèle sans histoire : après une brève escale à Pearl Harbor le 19, le croiseur rallie en effet Tinian le 26, après avoir parcouru plus de 9 000 km en seulement 10 jours…

1 commentaire:
Bonjour!
Le transport de la bombe à bord de l'USS Indianapolis (dessiné dans les limites du traité de Washington et réputé assez instable à cause d'un empilement de canons de DCA ajoutés après coup) comportait des aspects farcesques (avant de tourner au drame lors du voyage de retour): Le pacha n'était pas dans le secret , déclarant à ses officiers réunis au carré "ne me demandez pas ce que c'est que cette mission, je ne le sais pas moi-même".
Pour "tranquiliser" les marins la bombe était accompagné d'un médecin (réputé spécialiste des maladies dues aux radiations) armé d'un compteur geiger (outil hautement mystérieux et inquiétant pour le commun des matelots de l'époque) ...peu de jours après il indiqua à un officier sa spécialité médicale d'origine...la ...gynécologie!
Les matelots étaient morts de rire de voir des haut gradés abondamment galonnés manipuler la mystérieuse cargaison comme de simples dockers...avec les cafouillages afférents à ce genre de situation.
La bombe (en caisse) était , comme vous l'avez relaté, dans un radeau de sauvetage "carley" destinée à la sauver en cas de naufrage mais le noyau d'uranium était, lui, carrément soudé/boulonné dans la plus belle cabine du bord (celle de l'Amiral Raymond Spruance, auquel l'Indianapolis servait parfois de navire amiral d'escadre), et la cabine gardée en permanence par des fusiliers marins lourdement armés, et eux aussi porteurs de compteurs Geiger. Leurs instructions étaient claires : S'il y avait à abandonner le navire, ce qui est dans la cabine de l'Amiral doit être mis dans une chaloupe de sauvetage avant même le moindre homme d'équipage"
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