vendredi 22 juillet 2022

7267 - l'Empire de la procrastination

Shigenori Togo : "Il est difficile de décider d'un seul coup des conditions de paix concrètes"
 … Tokyo, 29 juillet 1945

Reste que les railleries de la Presse ne sauraient pallier longtemps l’absence d’une réponse gouvernementale officielle, ce pourquoi, après bien des hésitations, le Premier Ministre Kantaro Suzuki finit-il, le 29 juillet, par proclamer qu’il entend "ignorer" (sic) cet ultimatum qui n’est, dit-il, "qu’une resucée de la Déclaration du Caire. Le gouvernement ne pense pas que cela ait une valeur sérieuse. Nous ne pouvons que l'ignorer. Nous ferons tout notre possible pour mener la guerre jusqu'au bout".

Alors que le temps presse, les responsables japonais continuent donc de refuser l’évidence et de se réfugier dans la procrastination, tétanisés il est vrai par la crainte de se voir aussitôt assassinés par les ultras s’ils manifestent le moindre signe d’acceptation envers les exigences des Alliés

A Moscou, l’ambassadeur du Japon n’est cependant pas dupe qui, le lendemain, 30 juillet, câble à son gouvernement "qu’il n'existe d'autre alternative que la capitulation immédiate et sans condition si nous voulons essayer de calmer l'Amérique et l'Angleterre et d'empêcher la participation de la Russie à la guerre"

Mais non content d’attendre trois jours avant de lui répondre (!), Shigenori Tōgō, Ministre des Affaires étrangères, continue de temporiser : "Il est difficile de décider d'un seul coup des conditions de paix concrètes", déclare-t-il, avant d’ajouter que "l’Empereur suit de près les développements à Moscou" tandis que le Premier Ministre Suzuki et les chefs de l’Armée "explorent la question de savoir si la déclaration de Potsdam offre un champ de négociation".


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