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| Opératrices au Calutron du Centre Y-12. Aucune d'entre elles ne sait à quoi sert ce qu'elles font |
… dès le début des années 1930, la plupart des grandes nations industrielles ont commencé à s'intéresser au concept d’une bombe "atomique".
Jugé théoriquement réalisable, le dit concept butait néanmoins sur d’innombrables détails pratiques, à commencer bien sûr par son coût extravagant pour des Économies qui commençaient à peine à sortir de la Grande Dépression.
L’arrivée de la guerre allait rapidement changer tout cela car, comme le reconnut un jour candidement le professeur Solly Zuckerman, spécialiste britannique du bombardement stratégique, "L'état de guerre incite le scientifique à de grands élans d'imagination. Le monde à sa disposition s'élargit soudain dans des proportions insoupçonnées. Cela se traduit notamment par la possibilité de disposer de ressources à un degré dont on ne peut que rêver en temps de paix".
Aux États-Unis, ces ressources ont été réunies par le Président Roosevelt dans le cadre d’un projet gigantesque, Manhattan, qui est, de loin, le programme le plus complexe mais aussi le plus coûteux de son temps.
Pendant des années, bénéficiant de crédits illimités, des dizaines de milliers de scientifiques, d’ingénieurs, de techniciens, mais aussi de simples ouvriers et employés, hommes ou femmes, ont, chacun à leur niveau, toujours dans le plus grand secret, et sur une multitude de sites différents, patiemment conçu, fabriqué, testé, assemblé, mis au point, les milliers de pièces d’un énorme puzzle dont la plupart ignorent tout de la forme et de la destination finale…
Jugé théoriquement réalisable, le dit concept butait néanmoins sur d’innombrables détails pratiques, à commencer bien sûr par son coût extravagant pour des Économies qui commençaient à peine à sortir de la Grande Dépression.
L’arrivée de la guerre allait rapidement changer tout cela car, comme le reconnut un jour candidement le professeur Solly Zuckerman, spécialiste britannique du bombardement stratégique, "L'état de guerre incite le scientifique à de grands élans d'imagination. Le monde à sa disposition s'élargit soudain dans des proportions insoupçonnées. Cela se traduit notamment par la possibilité de disposer de ressources à un degré dont on ne peut que rêver en temps de paix".
Aux États-Unis, ces ressources ont été réunies par le Président Roosevelt dans le cadre d’un projet gigantesque, Manhattan, qui est, de loin, le programme le plus complexe mais aussi le plus coûteux de son temps.
Pendant des années, bénéficiant de crédits illimités, des dizaines de milliers de scientifiques, d’ingénieurs, de techniciens, mais aussi de simples ouvriers et employés, hommes ou femmes, ont, chacun à leur niveau, toujours dans le plus grand secret, et sur une multitude de sites différents, patiemment conçu, fabriqué, testé, assemblé, mis au point, les milliers de pièces d’un énorme puzzle dont la plupart ignorent tout de la forme et de la destination finale…

2 commentaires:
Étrangement le brevet de la bombe A est français...
Au départ, les américains n'étaient pas spécialement dans la course à la bombe (pacifisme, isolationnisme recherche scientifique plus orientée vers les aspects pratiques).
Les plus avancés étaient les allemands de l'institut Kaiser Whilhelm qui avaient bien senti la physique théorique"changer de base" dans le sillage des théories d'Einstein et de Niels Bohr...
Oui, mais voilà , bon nombre de savants étaient des juifs, en général fort peu pratiquants et pas du tout intégristes (Einstein, Lise Meitner, Niels Bohr). L'épouse d'Enrico Fermi était juive , elle aussi (mais l'Emigration de Fermi aux USA était aussi une question de salaire, de prestige académique et des tentatives de Mussolini d'imposer une académie des sciences philo-fasciste (l'Académie d'Italie) pour supplanter la très ancienne et très prestigieuse Académie des Lynx (dont Einstein démissionna avec pertes et fracas pour protester contre cette intrusion du politique dans le domaine scientifique.
En France on avait la famille Joliot Curie + Langevin , des chercheurs de haut vol, et le meilleur accélérateur de particules (le grand cyclotron, installé au collège de France à Paris, que les allemands s'empresseront de confisquer)
Joliot Curie était en pointe sur la question du modérateur de neutrons (ce qui intéressait ce progressiste compagnon de route du Parti Communiste, c'était la production d'électricité, la pile atomique à réaction contrôlée, même s'il envisageait aussi d'utiliser les bombes atomiques pour réaliser un vieux rêve de Jules Verne , creuser le Sahara pour y faire entrer la mer au niveau du Chott el Djerdid - lire le peu connu livre de Jules Verne, La mission Barsac).
Le modérateur atomique le plus prometteur, à l'époque, était l'eau lourde produite quasiment"accidentellement" en Norvège dans une usine attenante au barrage de Vermork...
Avant la débâcle de 40 , les services secrets français, qui n'étaient pas ridicules du tout, réussirent à subtiliser le stock mondial d'Eau Lourde au nez et à la barbe des allemands, à la suite de la mise en garde de Frédéric Joliot - Curie...c'était le début de la "Bataille de l'Eau lourde" magistralement racontée dans le film franco-norvégien de Jean Dréville et Titus Vibe-Muller, où Joliot Curie et le ministre des armements Raoul Dautry jouent leur propre rôle.
La fuite des cerveaux (juifs ou pas) en Angleterre (projet Maude, puis Tube Alloys) puis aux USA annula l'avantage allemand et ce d'autant mieux que Hitler , très conservateur petit-bourgeois, était incapable de comprendre la physique "surréaliste" ou "cubiste" révélée par la vision d'Einstein. Le conseiller scientifique de Hitler était un scientifique nettement dépassé, Philip Lenard (prix Nobel de Chimie 1913 quand même) choisi pour ses convictions nazies...
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