mardi 5 juillet 2022

7250 - la phase finale

Staline, à la Conférence de Potsdam. Il a triomphé de l'Allemagne mais rêve déjà à autre chose...
… compte tenu de ces cinq années de bienveillante neutralité mutuelle dans un monde pourtant entièrement ravagé par la guerre, et des relations forcément privilégiées qu’entretient Moscou avec Washington et Londres, il n’y a évidemment rien d’étonnant à ce que nombre de responsables japonais se soient dit que l’URSS était le meilleur intermédiaire possible pour d’éventuels pourparlers de paix avec les Américains, et aient dès lors placé tous leurs espoirs entre les mains du gouvernement de Joseph Staline.

Mais le problème, c’est qu’en cinq ans, la face du Monde, et la situation politique et militaire de l’URSS, ont radicalement changé !

Pendant des années, le Petit Père des Peuples, entièrement préoccupé par sa lutte à mort contre l’Allemagne nazie, est certes demeuré totalement sourd à toutes les demandes de ses alliés occidentaux de partir en guerre contre le Japon, mais pour Staline, tout n’est jamais qu’une question d’opportunités, comme l’avait - rappelons-nous - fort justement deviné un diplomate américain qui, en octobre 1943, soulignait "qu’on peut s’attendre à ce que les Soviétiques agissent contre les Japonais quand ils en ressentiront l’envie, ce qui ne se produira peut-être pas avant la phase finale de la guerre, et uniquement dans le but d’être en mesure d’en imposer les termes au Japon, et d’établir [avec lui] de nouvelles frontières stratégiques" (1)

Et justement, avec l’effondrement du Troisième Reich, et l'arrêt des hostilités en Europe, la guerre vient bel et bien d’entrer dans sa phase finale…

(1) Hastings, op cit.

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