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| Hirohito, sur le pont du cuirassé Musashi, en juin 1943 |
A supposer-même que le Premier Ministre Kantarō Suzuki, qui a succédé à Koiso le 7 avril (1), prenne à présent la décision de capituler - au risque de se faire aussitôt assassiner comme nombre de ses prédécesseurs ! - la dite capitulation ne pourrait de toute manière être acceptée par l’Armée et par la population qu’à la condition expresse d’être aussitôt endossée par l’Empereur en personne.
Mais que veut exactement Hirohito ? Quel rôle joue-t-il précisément dans la politique japonaise et les affaires de l’Empire depuis son accession au trône, en 1926 ? Quel pouvoir exerce-t-il - ou non - sur le gouvernement et l’appareil militaire de son pays ?
Les réponses à ces questions n’ont jamais cessé de diviser les historiens, partagés depuis toujours entre d'un côté le courant "classique" du "prisonnier virtuel et sans pouvoir" qui "ne pouvait faire autre chose qu'approuver les décisions du cabinet Tojo au moment de l'ouverture des hostilités", tel qu’il se décrira lui-même dans une lettre à MacArthur, et que le dit MacArthur, pour des raisons politiques évidentes, s’empressera ensuite de populariser et même d’imposer à l’opinion publique, et, de l'autre, un courant plus "moderne", qui fait de lui le premier et principal responsable de la Guerre du Pacifique et, avant cela, de l’invasion de la Mandchourie puis de la Chine, événements auxquels il aurait bel et bien pu s’opposer… s’il l’avait réellement voulu !
Quoiqu’il en soit, en cet été de 1945, la seule chose qui soit sûre, c'est que seul Hirohito est en mesure de mettre un terme à cette guerre et aux souffrances du peuple japonais.
Et toute la difficulté est évidemment de l’amener à poser un tel geste...
(1) Koiso avait démissionné de son poste quelques jours après le début du débarquement américain à Okinawa
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