samedi 11 juin 2022

7226 - un absent toujours présent

Hirohito, en 1935, sur son cheval blanc et en grand uniforme
 … parce qu’il ne voulait à aucun prix connaître à nouveau "l’humiliation" dont il avait été témoin en 1918, Adolf Hitler - comme nous l’avons vu à maintes reprises dans ces chroniques - s’était toujours refusé à parler de "défaite" et, a fortiori, à envisager toute idée de "Capitulation sans condition"

Comme Hitler ne vivait entouré que d’ultras, et comme il n’existait de toute manière aucune figure d’importance en mesure - ou même simplement désireuse (!) - d’incarner une légitimité nouvelle advenant un éventuel Coup d’État contre son régime ou une tentative d’assassinat contre sa propre personne, le peuple allemand, que cela lui ait plu ou non, était donc condamné à combattre jusqu’à la mort de son Führer,... et même quelques jours au-delà.

Au Japon, et en cet été de 1945, la situation est en revanche plus complexe puisque les responsables politiques qui ont décidé la guerre, qui la gèrent au quotidien, et qui, pour certains, envisagent bel et bien d’y mettre un terme, ne doivent en réalité leur poste qu’à l’Empereur Hirohito, et ne tirent leur légitimité que de celui-ci.

Or Hirohito contrairement à Hitler, n’a pas été élu par le peuple, mais a simplement accédé au trône en 1926, par le double privilège de l’hérédité et du droit divin.

A l’exception d’une poignée de privilégiés, l’immense majorité des Japonais, du reste, ne l’a jamais vu ailleurs que sur les portraits officiels car l’Empereur, en authentique dieu vivant, ne s’abaisse évidemment pas à donner des  discours, à parler à la radio, ou à apparaître en public, ce qui fait de Lui un absent… toujours présent.

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