lundi 13 juin 2022

7228 - la chair des cuisses

Prisonniers japonais écoutant le discours de Capitulation de l'Empereur, Guam 15 aout 1945
… mais en cet été de 1945, que peut encore espérer Hirohito, que peuvent encore espérer les Japonais qui ont appris l’effondrement, suivi, justement, de la "Capitulation sans condition" de leur allié allemand, synonyme pour eux de l’arrivée, à plus ou moins brève échéance, de divers renforts américains et britanniques venus d’Europe ?

Que peuvent, surtout, encore espérer les fantassins japonais qui, en Birmanie, en Chine, en Indochine, en Indonésie, sont coupés de la métropole et privés de tout ravitaillement au point, comme en Nouvelle-Guinée ou à Bougainville, de s’adonner au cannibalisme pour ne pas mourir de faim ?

"De tels gestes n'étaient pas rares. Lorsqu'ils étaient poussés par la faim à manger leurs propres morts, les soldats japonais préféraient la chair coupée des cuisses. Un récit de l'île de Biak décrit "de nombreux cadavres allongés… dont des parties ont été retirées avec un couteau".

Un prisonnier japonais de la 108ème unité de construction d'aérodrome déclara avoir vu trois cadavres de civils frais gisant dans une mare de sang à environ quinze pieds d'un chemin dans la jungle, chacun avec des blessures de baïonnette à la poitrine, "et la chair retirée des cuisses" (1)

Et, signe que la Fin est proche, les redditions, encore inimaginables quelques mois auparavant, se font cette fois plus nombreuses : "à partir de mai, des prisonniers dans un état épouvantable arrivaient quotidiennement, rapporta une unité d'artilleurs britanniques en Birmanie, "beaucoup d'entre eux armés de rien de plus dangereux que des lances de bambou, et tremblant d'un mélange de paludisme et d'humiliation" (2)

(1) et (2) Hastings, op cit

Aucun commentaire: