lundi 18 avril 2022

7171 - pourquoi continuer ?

Véhicules et soldats australiens à Balikpapan, juillet 1945. Que fait-on encore ici ?
… qu’ils soient Australiens, Néo-Zélandais, Anglais, Pakistanais, Indiens ou Américains, les soldats alliés savent que la victoire est leur et à présent l’affaire de quelques mois, voire de quelques semaines seulement.

Mais paradoxalement, à mesure que l'on s’approche du but, cette certitude s’accompagne à présent de la hantise, et du refus, de devenir "le dernier mort de la guerre".

Et ce phénomène est particulièrement perceptible chez ceux qui, comme les Australiens, et parce qu’ils combattent sur un Front dit "secondaire", en des endroits dont personne n’avait jamais entendu parler jusque là, et qui n’intéressent de toute manière personne, savent par avance qu'ils n’auront jamais les honneurs des médias, ni les félicitations et la reconnaissance de leurs propres compatriotes !

De toute manière, à quoi bon s’obstiner à "libérer" des bleds perdus et imprononçables de Birmanie lorsque la population locale, une fois "libérée", ne vous adresse au mieux qu’un vague sourire poli, et lorsque vous devinez déjà qu’elle vous montrera la porte, cette fois beaucoup moins poliment, une fois la guerre terminée ?

A quoi bon pourchasser jour après jour, mois après mois, dans les jungles putrides de Nouvelle-Guinée ou de Bougainville, des Japonais insaisissables, coupés de leur métropole depuis une éternité, et carrément réduits au cannibalisme pour ne pas mourir de faim ?

A quoi bon monter une vaste offensive amphibie contre un complexe pétrolier de Bornéo qui, depuis des mois, n’expédie plus une seule goutte de pétrole au Japon,... et à quoi bon traquer ensuite leurs gardiens japonais, réduits depuis des mois au simple rôle de concierges ?

A quoi bon continuer cette guerre, et continuer de mourir pour cette guerre ?

Aucun commentaire: