jeudi 9 juillet 2026

9326 - errare humanum est,... sed perseverare diabolicum

Le Deutschland, à son lancement, en 1931
Errare humanum est, l’erreur est humaine, affirme le célèbre dicton

Et de fait, au lendemain de l’Armistice de 1918, les puissances navales du monde entier, qu’elle soient victorieuses ou non, n’avaient eu d’autre choix que de reconnaître la kolossale erreur qu’elles avaient toutes commise en bâtissant, avant la guerre, de gigantesques flottes de combat articulées autour de monstrueux cuirassés et croiseurs de bataille d’une puissance certes jamais vue, mais si coûteux et surtout si vulnérables aux mines et aux torpilles de sous-marins qu’il avait fallu, quasiment dès les premières heures du conflit, les maintenir au port, de peur de les voir rapidement succomber les uns après les autres.

En conséquence, et alors que chacun les avait pourtant jusque-là perçus comme les nouvelles armes absolues de la guerre sur mer, les behemoths britanniques et allemands ne s'étaient pour ainsi dire jamais rencontré de toute la guerre, leur seul affrontement véritablement notable, celui du Jutland, en mai 1916, s’étant de surcroît soldé par un match nul si étrange (1) qu’il avait permis aux deux camps de crier victoire en même temps… mais pas pour les mêmes raisons !

Après cette faillite sans appel, on se serait normalement attendu à ce que tout le monde en tire les conséquences,… et cesse donc immédiatement de construire des navires d’un coût aussi exorbitant et d’une utilité militaire aussi pitoyable.

sed perseverare diabolicum, mais persévérer [dans l’erreur] est diabolique, soutient le même dicton.

De fait, les mêmes puissances navales, loin de renoncer à construire de gigantesques cuirassés armés de non moins gigantesques canons, avaient persévéré dans l’erreur,... et rapidement sombré dans le diabolique, en recommençant à mettre sur cale de nouveaux navires qui, en l’espace de quelques années, allaient supplanter leurs devanciers de la 1ère GM autant en vitesse, en blindage, en puissance de feu… qu’en coût et, une fois de plus, en totale inutilité !

Et le paradoxe veut qu’après le Dreadnought britannique de 1906, c’est l’Allemagne, autrement dit l’adversaire vaincue de 1918, qui allait, à peine une dizaine d'années plus tard, donner le coup d’envoi d’une nouvelle et formidable course aux armements, avec un navire d’un type, là encore, complètement nouveau…

… le cuirassé de poche.

(1) Saviez-vous que… Le Choc des Titans

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