vendredi 3 juillet 2026

9320 - l'éternel recommencement

La Kriegsmarine : la même obsession pour les cuirassés, et le même manque de moyens....

… condamnée autant par la mutinerie que par la signature de l’Armistice, la Hochseeflotte fut finalement contrainte de lever l’ancre une dernière fois pour aller se constituer prisonnière à Scapa Flow, c-à-d dans l’antre-même de son ennemie britannique.

Durant plus de six mois, elle s’y morfondit à nouveau à l’ancre, en attendant que ses vainqueurs décident de son sort, puis, au bout du compte s’y saborda toute entière, pour ne pas se voir livrée toute entière à ceux-ci.

Les navires les plus puissants et les plus modernes ayant ainsi définitivement disparu, la Reichsmarine, soit la petite Marine militaire de la nouvelle République de Weimar qui avait douloureusement succédé à l’Empire allemand, fut donc condamnée quant à elle à ne pouvoir mettre en oeuvre qu’un poignée de cuirassés d’un autre âge et bien incapables de faire la guerre à qui que ce soit.

Une génération plus tard, après l’arrivée au Pouvoir d’un certain Adolf Hitler qui, pas plus que Guillaume II, n’entendait quoi que ce soit aux choses de la Mer mais connaissait très bien le prix des navires, son héritière Kriegsmarine entreprit elle aussi de construire, ou plutôt de reconstruire, une vaste flotte de combat articulée, une fois encore, autour de gros, puissants et fort coûteux cuirassés.

Mais pour les mêmes raisons, et pas plus qu’Ingenohl, Pohl, Scheer et finalement Hipper avant lui, son commandant-en-chef, l’amiral Erich Raeder, ne fut jamais en mesure d’en acquérir suffisamment pour en faire un outil capable de rivaliser avec la Royal Navy, et d’en triompher sur mer.

Dès le départ, et comme en 1914, la poignée de cuirassés et de croiseurs de bataille de cette Kriegsmarine fut donc condamnée elle aussi, sous peine de rapidement disparaître, à se morfondre à l’ancre pendant la quasi-totalité d’une nouvelle guerre mondiale, et aussi à voir les sous-marins accaparer progressivement la main d’oeuvre, les équipages, l’acier et les crédits qui lui avaient été destinés.

L’Histoire des guerres n’est jamais qu’un éternel recommencement…

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