Les combats n’ont bien sûr pas complètement disparus en Mer du Nord mais, comme en 1915, ceux-ci se limitent désormais à de petites escarmouches sporadiques, opposant ici et là croiseurs légers, destroyers, voire simple dragueurs ou mouilleurs de mines des deux camps.
Parlant de mines, un affrontement un peu plus sérieux, et donc digne de figurer dans cette chronique, va néanmoins opposer - quoi que de fort loin - quelques cuirassés et croiseurs de bataille des deux camps en Baie de Heligoland, le 17 novembre 1917.
Tout commence au début de l’automne, par une hausse importante du minage britannique dans la Baie de Heligoland, minage auquel les Allemands répliquent naturellement par l’envoi d’un nombre de plus en plus important de dragueurs de mines, petits navires fort utiles mais si lents et si vulnérables qu’ils doivent être soutenus à distance par quelques destroyers et croiseurs légers voire même, "au cas où", et à encore plus grande distance, par l’un ou l’autre cuirassé de la Hochseeflotte.
Début octobre, grâce une fois encore à l’efficacité de leurs services de décryptage, les Britanniques apprennent en tout cas que leurs adversaires doivent lancer le 17 octobre une vaste opération de déminage en Baie de Heligoland, réunissant une quinzaine de dragueurs de mines appuyés par huit destroyers et quatre croiseurs légers ainsi que, mais de fort loin, par les cuirassés Kaiser et Kaiserin du contre-amiral Ludwig von Reuter.
Pourquoi ne pas leur tendre un piège ?
Le 16 novembre, l’ordre d’attaque est donc transmis à l’amiral Beatty, devenu comme nous l’avons vu, commandant-en-chef de la Grand Fleet…

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