Et de fait, quelques minutes plus tard, Scheer se retrouve pour la seconde fois au bord de l’abime !
"Scheer réalisa que, quelles qu'aient été ses intentions initiales, il avait commis une erreur désastreuse. Mais c’était un homme de décisions rapides !
A 19h13, il fit passer un ordre stupéfiant par pavillons de signalisation : "Schlachtkreuzer ! Ran an den Feind. Voll einsetzen", ce qu’on pourrait traduire cela par : "Croiseurs de bataille, à l'attaque ! Donnez tout !"
Un signal similaire, mais formulé différemment, fut transmis par radio : "Croiseurs de bataille, tournez vers l'ennemi et engagez-le de près ! À l'attaque !". Une minute plus tard, Scheer précisa que les croiseurs de bataille devaient opérer contre l'avant-garde britannique. Néanmoins, ils devaient attaquer quelles qu'en soient les conséquences"
(…) Scheer comptait sur cette mesure désespérée pour gagner du temps et couvrir un nouveau "Gefechtwendung nach Steuerbord" de la flotte principale de cuirassés afin de s'échapper vers l'ouest.
[Il estimait que] la tactique habituelle d'une attaque à la torpille lancée par les destroyers de couverture serait insuffisante dans les circonstances. Une charge des croiseurs de bataille était la seule option viable qui lui restait, car elle permettrait de diluer le feu britannique, et offrirait à ses destroyers la possibilité de s’approcher davantage et de ne lancer leurs torpilles qu’à portée décisive.
Il ordonna le virage à tribord vers 19h18, dès que ses croiseurs de bataille et ses destroyers eurent commencé leur attaque". (1)
Au plan tactique, cette décision peut sans doute se défendre, et est peut-être même la seule possible dans les circonstances, mais pour les croiseurs de bataille allemands, elle s'avère rien moins que dramatique…
(1) ibid, page 305

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