jeudi 30 avril 2026

9256 - les barres du T

Le Jutland : tirer... et se faire tirer dessus en permanence...

… dans le camp allemand, et plus précisément sur la passerelle du Friedrich der Grosse, Scheer, après avoir savouré à juste titre la destruction de l’Invincible, a commencé à se rendre compte qu’il affrontait finalement bien davantage que quelques croiseurs de bataille et super-dreadnought britanniques en pleine retraite.

Comme il le rapportera lui-même après la bataille, "Il était désormais manifeste que nous nous trouvions face à une large portion de la flotte anglaise ; quelques minutes plus tard, leur présence à l'horizon, droit devant nous, fut signalée par des salves tirées par des canons de gros calibre. 

Tout l'arc s'étendant du nord à l'est n'était plus qu'une mer de feu. Les éclairs jaillissant de la gueule des canons se distinguaient nettement à travers la brume et la fumée à l'horizon, même si les navires eux-mêmes demeuraient indiscernables" (1)

Dit autrement, l’amiral allemand est bel et bien en train de se faire "barrer le T" !

S’ils continuent ainsi, ses cuirassés, qui occupent la barre verticale du "T", non contents d’être déjà moins nombreux et armés de moins gros canons, sont en effet condamnés à ne pouvoir utiliser que leurs seules tourelles avant, alors que leurs adversaires, qui occupent la barre horizontale de ce même "T" pourront quant à eux tirer de toutes leurs tourelles !

En fait, dans le camp anglais, et après les tragédies des heures précédentes, tout irait désormais pour le mieux si Jellicoe, sur la passerelle de l’Iron Duke, parvenait quant à lui à se faire une bonne idée non seulement de la position des navires de Scheer, mais aussi de celle de ses propres bâtiments…

(1) ibid, page 263 

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