jeudi 2 avril 2026

9228 - apporter la clarté dans la confusion

Signaleur, avec une lampe Aldis portative

… l’ennemi dûment identifié comme tel, ne reste plus qu’à lui tirer dessus… du mieux qu’on peut.

Car avec la houle et de mauvaises conditions de visibilité, mettre au but relève en définitive de la chance,… et c’est encore plus vrai lorsqu’il n’y a pas un unique mais bien plusieurs navires de guerre ennemis à l’horizon, et surtout lorsqu’on n’est pas seul, mais bien plusieurs, à leur tirer dessus en même temps !

Salve après salve, les tirs s'apprécient et se corrigent en effet par l’observation des geysers d’écume qu’on aperçoit tant bien que mal quelques dizaines ou centaines de mètres devant, derrière, à gauche ou à droite du navire visé, mais si le même navire est visé par plusieurs bâtiments en même temps, comment savoir si ce geyser-ci ou ce geyser-là est dû à un de ses propres obus ou alors à l’obus d’un autre bâtiment ami ?

Sur le papier, la discipline, l’entraînement au tir et, parfois, l’usage de marqueurs de différentes couleurs doivent faciliter cette identification, et aussi empêcher que plusieurs bâtiments s’en prennent en même temps à un même navire ennemi, mais en pratique, depuis le début de la guerre, et dans le feu de l’action, tout cela a fréquemment pris le bord !

Il même parfois arrivé - et ce sera encore le cas dans quelques heures ! - que tel ou tel navire ennemi se retrouve carrément "ignoré" plus ou moins longtemps par l’adversaire, chacun concentrant en effet son tir sur le navire qui le suit ou le précède directement !

Toujours sur le papier, ce genre de bévue peut se résoudre par une bonne communication entre bâtiments, mais en ce printemps de 1916, la TSF, encore balbutiante et qui pourrait de toute manière être facilement  interceptée par l’ennemi, ne sert aucunement à cette fin : les messages passent encore de bâtiment à bâtiment au moyen de multiples et différents fanions hissés aux mats, ou alors par l’intermédiaire de lampes Aldis diffusant des signaux lumineux en morse, ce qui, dans les deux cas, ne peut fonctionner qu'à courte distance et implique de toute manière que les observateurs, qui rappelons-le ne disposent que de simples jumelles, soient en mesure de les apercevoir au milieu de la fumée et, parfois, des incendies, et les interprètent ensuite correctement…

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