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| Tourelle arrière du Scharnhorst, à une date inconnue mais probablement à Tsingtao |
Partie à destination des Marshall, la petite escadre allemande arrive à Eniwetok le 20 aout, et va y demeurer quelques jours, histoire d’analyser la situation... mais aussi se ravitailler en charbon.
Le 8 septembre, puisque les Américains sont neutres, et vont encore le demeurer durant trois ans, Spee expédie alors le Nürnberg à Honolulu (îles Hawaï) afin d’informer l’État-major allemand de ses intentions, mais aussi de rapporter des nouvelles de la guerre, puisqu’en 1914, et là où il se trouve, il n’a aucun moyen de transmettre ni même de recevoir des informations
Dans l'attente de son retour, il apprend tout de même la perte des Samoa allemandes, dont les Néo-Zélandais se sont emparés le 29 aout, et qu’ils conserveront jusqu’en 1962.
Spee décide toutefois de se rendre sur place avec les Scharnhorst et Gneisenau, histoire de vérifier cette information, mais aussi de voir s’il ne pourrait pas y débusquer l’un ou l’autre navire ennemi, puisqu'il est tout de même en guerre et n'a toujours pas tiré un seul coup de canon depuis le début de celle-ci.
Hélas la mer est vide et les Samoa bel et bien occupées. Et comme il n’existe de toute manière aucun moyen de les reconquérir ni de s'y ravitailler, il ordonne alors de reprendre la route en direction de l’Île de Pâques, où il a donné rendez-vous au Nürnberg ainsi qu'à d’autres bâtiments de l’Ostasiengeschwader toujours éparpillés sur l'océan.
Mais en chemin, autant s’arrêter à Bora-Bora, puis Tahiti, où l’on trouvera assurément du charbon français.
Lorsqu'il se présente devant Bora-Bora, qui est déjà paradisiaque mais pas du tout touristique, et où on ne sait rien de la présence d’une escadre allemande dans les parages, Spee joue de ruse, fait hisser un pavillon tricolore, et envoie des officiers et marins francophones sur l'île, afin de discuter avec quelques fonctionnaires et douaniers, lesquels, moyennant paiement, leur livrent alors, à défaut de charbon, de l’eau et de la nourriture, mais aussi, et sans se douter de rien, de solides renseignements sur l’état des forces françaises présentes à Papeete et l’emplacement des précieuses réserves de charbon…

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