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| L'épave du croiseur Emden, contraint de s'échouer aux îles Coco |
Et même si l’on disposait de tout le charbon nécessaire, encore faudrait-il réussir à le transférer des navires charbonniers vers les navires de guerre au fur et à mesure des besoins.
Car voilà bien l’autre problème de cette époque où l’on chauffe au charbon : le transbordement ne peut s’effectuer qu’avec des sacs, que l’on se passe d’un navire à l’autre, opération aussi pénible que fastidieuse et qui, surtout, ne peut s’effectuer que dans un port ou, au pire, dans une anse isolée, à l’arrêt, et par une mer très calme.
L’un dans l’autre, on va donc progresser à la vitesse la plus économique possible mais aussi, et puisqu’on est tout de même en guerre (!), on s’en prenant à tous les cargos, et si possible charbonniers, ennemis que l’on croisera sur son passage, en n’hésitant pas, de surcroit, à en faire de même au détriment de toutes les îles et installations coloniales ennemies où on est susceptible de trouver du charbon.
Le 13 août, Spee décide en tout cas de rendre sa liberté de manœuvre à l’Emden, qui est le plus petit de ses croiseurs, ainsi qu’au Prinz Eitel Friedrich, qui n’est pour sa part qu’un ancien paquebot de la Norddeutscher Lloyd transformé à la hâte à Tsingtao en croiseur auxiliaire armé de quatre pièces de 105mm.
Abandonnant leurs camarades qui poursuivent leur route, ces deux bâtiments, devenus corsaires, vont ainsi pouvoir mener, dans les semaines suivantes, un fructueuse guerre de course, dont nous reparlerons sans doute un jour, au détriment de tous les cargos marchands alliés qu'ils rencontreront (1)...
(1) après avoir détruit ou capturé une vingtaine de navires britanniques ou alliés, l'Emden sera finalement mis hors de combat en novembre 1914 par le croiseur australien Sydney à proximité des îles Coco, tandis que le Prinz Eitel Friedrich, après avoir lui aussi détruit ou capturé une dizaine de navires, se laissera interner aux États-Unis en mars 1915

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