samedi 24 janvier 2026

9160 - Grand Fleet de l'autre...

Les Aboukir, Hogue et Cressy, coulés par le U-9. Tableau allemand de 1915
… Île de May (Écosse), 5 septembre 1914

Quel incroyable paradoxe : alors qu’ils sont - et de loin - les plus formidables bâtiments de guerre jamais conçus par l’Homme, les cuirassés britanniques et allemands se contentent donc de patienter tranquillement à l’ancre, en laissant à des navires bien plus petits et moins puissants qu’eux le soin d’en découdre sur mer !

Il faut dire qu’à Londres comme à Berlin, chacun commence déjà à s’inquiéter de la vulnérabilité de ces mastodontes et de l’impact que ne manquerait pas d’avoir, autant sur les Finances publiques que sur l’opinion publique, la disparition éventuelle de l’un d’entre-eux !

Et il y a effectivement de quoi s’inquiéter ! 

Si la menace aérienne n’est encore qu’une lointaine vue de l’esprit, celle des torpilles de sous-marins et des mines est en revanche déjà bien présente !

Le 5 septembre, au large de l’Île de May, c-à-d à proximité immédiate des mouillages de la Grand Fleet, le croiseur Pathfinder se brise en effet en deux sous l’effet d’une seule torpille tirée par le sous-marin U-21 à moins de 2 000 mètres.

Le 22, et en moins d’une heure, l’U-9 fait mieux encore, en réussissant le triplé parfait au détriment du croiseur-cuirassé Aboukir, puis de ses homologues Hogue et Cressy, qui ont stoppé pour lui porter secours !

En moins de trois semaines, le menace sous-marine est devenue telle que la Grand Fleet, plutôt que de patrouiller en mer et de chercher l'engagement avec la Hochseeflotte, préfère se disperser provisoirement tant elle juge ses actuels mouillages de Rosyth et de Scapa Flow peu sécuritaires...

3 commentaires:

Anonyme a dit...

Bonjour!
Le triplé des croiseurs de la patrouille de la Manche (Hogue, Aboukir et Cressy, tous portant des noms de défaites françaises) doit autant à la légèreté des commandants anglais pas encore conscients de la menace sous-marine qu'à l'habileté du commandant du U boot.

Celui ci torpille un premier croiseur...mais les commandants des deux autres sont persuadés que leur collègue a sauté sur une mine, du coup ils s'approchent en avant lente et stoppent pour mettre leurs canots de sauvetage à l'eau et porter assistance à leurs infortunés collègues.. qu'ils ne vont pas tarder à rejoindre car pour un U Boot , rien de plus facile (si les torpilles sont bien réglées) que de s'approcher à faible distance et de tirer comme un mauvais chasseur tire un canard posé sur l'eau...

Quant à l'île de May, elle sera le théâtre d'une autre "bataille navale" (en 1918) impliquant des sous marins...tous anglais, les énormes et très peu manoeuvrables classe K (comme Kalamity ou Katastrophe)... à propulsion par vapeur!
Ces béhémoths nautiques qui naviguent en formation serrée s'entre aborderont et s'entre couleront par éperonnage suite à une fausse interprétation de signaux nocturnes

Anonyme a dit...

Petite erreur dans la légende : c'est le U9 (c'est écrit sur le texte allemand) et pas l'U21 qui a coulé le trio de croiseurs anglais.

D'Iberville a dit...

C'est corrigé, merci