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| Le Courageous : un "grand croiseur léger" de seulement deux tourelles et quatre canon |
Sur le papier, l’idée se tient : avec sa vitesse, le croiseur de bataille pourra en effet facilement traquer les cuirassés ennemis, mais aussi leur échapper, tandis qu’avec sa puissance de feu, il pourra tout aussi facilement éliminer les croiseurs et, a fortiori, les destroyers ou torpilleurs de l’adversaire.
A condition, évidemment, de ne l’utiliser que ce pour quoi il a été conçu…
En attendant la véritable épreuve du feu, l’idée paraît en tout cas si géniale que toutes les marines de guerre du monde, à commencer bien sûr par la Kaiserlische Marine de Guillaume II, se mettent frénétiquement à fabriquer des croiseurs de bataille comme ils s’étaient déjà mis à fabriquer des dreadnought !
Et comme avec les dreadnought, l’inflation ne tarde pas à frapper fort : aux 18 000 tonnes et 8 canons de 305mm de l’Inflexible de 1908 vont par exemple succéder les Lion britanniques de 27 000 tonnes et 8 canons de 343mm de 1912, les Kongo japonais (mais conçus et, pour le premier construit, en Grande-Bretagne) de 28 000 tonnes et 8 canons de 356mm de 1913, en attendant un jour le Hood britannique de 47 000 tonnes et 8 canons de 380, qui n’entrera toutefois en service qu’en 1920.
Et en 1915, Fisher, dont le cerveau est manifestement en ébullition, va encore accoucher d’un nouveau concept : le "large light cruiser" ou "grand croiseur léger" qui, schématiquement, est un croiseur de bataille... débarrassé de la moitié de son armement afin de réduire son poids (!), ou plus exactement son tirant d’eau, et ainsi de pouvoir évoluer plus facilement dans les passes étroites et peu profondes de la Baltique,... en appui d’un éventuel débarquement sur les côtes allemandes.
Mais cette fois, la recette parait si indigeste qu’aucune autre marine ne va s’y intéresser, les trois navires construits étant finalement transformés… en porte-avions.

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