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| Le croiseur protégé Olympia, photographié par l'auteur à Philadelphie, en 2023 |
Alors qu’ils en étaient à l’origine totalement dépourvus, les dits croiseurs s’étaient progressivement vus doter d’un léger blindage, d’abord uniquement limité au pont, on parlait alors de croiseurs protégés, comme l’américain Olympia de 1895, puis couvrant également les flancs, et dès lors appelés croiseurs-cuirassés, comme le Warrior britannique de 1905.
Mais le premier Dreadnought était encore sur cale, que son "père", le Premier Lord de la Mer John Fisher, a alors proposé l’idée d’un nouveau type de navire capable de reprendre les missions jusque-là dévolues aux croiseurs,... mais aussi d’écarter, et d’écraser, tous les croiseurs adverses, un navire ressemblant à s’y méprendre à un cuirassé, ayant la même taille, le même déplacement et le même puissant armement qu’un cuirassé, et, en conséquence, coûtant aussi cher qu’un cuirassé (!)… mais qui ne serait pas un cuirassé !
Ce navire, c’est le croiseur de bataille, dont le premier, l’Inflexible, de la classe Invincible, est mis en service en 1908, soit deux ans après le Dreadnought.
Schématiquement, le croiseur de bataille est en fait un cuirassé avec un dosage cette fois radicalement différent des ingrédients : par rapport au Dreadnought, l’armement, à 8 x 305mm contre 10 x 305mm, n’est pas véritablement réduit, mais la puissance des machines, en revanche, est quasiment doublée, puisqu’elle passe de 23 000 à quelque 41 000 CV, ce qui permet à l’Inflexible de filer à 25 nœuds contre seulement 21 nœuds pour le Dreadnought.
Mais puisque l’armement et le déplacement, à quelque 18 000 tonnes, demeurent les mêmes, ce spectaculaire bond de la puissance des machines, et donc de la vitesse, n’a pu être obtenu que par une réduction tout aussi spectaculaire, mais néanmoins invisible, du blindage, qui est passé de 280 à 150mm sur les flancs, et de 280 à 180mm sur les tourelles…

2 commentaires:
Bonjour !Pour voir le degré de protection d'un "croiseur protégé" il n'y a qu'à relire l'article très cocardier et dithyrambique de Gaston Leroux (oui, LE Gaston Leroux de Rouletabille et du Mystère de la chambre jaune également reporter à l'Echo de Paris ) à propos du combat de Tchemoulpo 'en Corée qui avait marqué le coup d'envoi de la guerre Russo-Japonaise. Le Flambant neuf croiseur russe Varyag et la vieille canonnière (en bois) Korieetz étaient au mouillage dans ce port (où , colonialisme oblige , il y avait aussi des navires de guerre français anglais italiens...etc) et sans déclaration de guerre (comme à Pearl Harbour) une escadre japonaise se présenta dans la passe étroite de ce port enclavé dans les terres...Le commandant du Vayag , Roudnieff, décida d'appareiller et de tenter de passer , suivi du Korieetz....le temps d'un aller retour dans le chenal de Tchemoulpo, et malgré un feu nourri qui ne fit pas vraiment de dégâts chez les japonais, le Varyag était troué comme une passoire , avait perdu son gouvernail , ses cheminées, ses superstructures...et il ne lui restait plus qu'à se saborder en transférant ses marins sur les navires neutres...les japonais vinrent les réclamer...mais ne les obtinrent pas .
Le croiseur "protégé" avait été réduit à l'état d'épave fumante en dix minutes chrono ...à rapprocher du sort des croiseurs anglais à Coronel, à la fuite piteuse mais prudente de l'amiral Troubridge face au Goeben, et à l'expression "Fisher's five minute ships" attribuée par les marins anglais aux croiseurs ("de bataille" ou pas) et à leur "survivabilité" dans une bataille rangée entre escadres
Il est intéressant de voir que malgré un doublement de la puissance on ne gagne que 4 noeuds.
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