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| L'Amérique sauvant Cuba des Espagnols, affiche de propagande américaine |
A priori, cette ambition est complètement contre-intuitive, pour ne pas dire totalement absurde, puisque l’Allemagne, puissance continentale par excellence et "rejetée par la géographie dans un coin de la Mer du Nord" (1), ne possède ni expérience ni moyens maritimes !
Mais il se fait qu’à l’instar de tant d’autres avant elle, cette Allemagne-là est à présent victime d'une redoutable maladie connue sous le nom de fièvre coloniale : à tort ou à raison - quoi que le plus souvent à tort comme l’Histoire coloniale finira par le démontrer - les économistes, financiers et politiciens de l’époque sont en effet convaincus qu’il ne peut exister de développement durable sans colonies et comptoirs commerciaux en Afrique ou en Asie, lesquels, soutiennent-ils, absorberont inévitablement les surplus industriels de la métropole tout en fournissant à celle-ci les matières premières bon marché - et si possible gratuites ! - dont elle a besoin.
A cette brillante théorie s’ajoute le vieux principe du "si l’autre en a, il m’en faut un aussi et même plus gros !" : la Grande-Bretagne n’est-elle pas la puissance coloniale par excellence ? la France n’a-t-elle pas elle aussi des colonies un peu partout dans le monde ? L’Italie ne s’est-elle pas emparée, en 1882 et 1889, de l’Érythrée et de la Somalie ? Les États-Unis ne viennent-ils pas, en 1898, d’arracher à l'Espagne ses colonies de Cuba, de Porto Rico, de Guam et, surtout, des Philippines ?
Alors, Gott im Himmel, si les autres le font, pourquoi pas nous ?
(1) Mordal, 25 siècles de guerre sur Mer, tome 2, page 80

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