mardi 14 octobre 2025

9058 - un difficile retour au travail...

Le croiseur britannique Uganda, en octobre 1944, juste avant son transfert à la marine canadienne
… Manus, 06 juillet 1945

Revenons à présent à la "grande soeur" de l’East Indies Fleet, autrement dit à la British Pacific Fleet, que nous avons laissée à Sydney, à la fin du mois de mai 1945.

A l’exception du porte-avions Implacable et de quelque croiseurs nouveaux venus dans le Pacifique, et qui, comme nous l’avons vu, sont tous partis s’entraîner à Truk… au détriment de la garnison japonaise (!), le reste de la flotte est demeuré à Sydney jusqu’à la fin juin, histoire de se remettre en état et de goûter un repos bien mérité après plus de deux mois passés en mer à mitrailler et bombarder les terrains d’aviation japonais pour le compte des Américains et dans le cadre d’une Campagne d’Okinawa, qui s’est terminée - officiellement du moins - le 22 juin sur une nouvelle victoire américaine.

Le 28 juin, après quatre semaines au port, toute la flotte appareille donc pour Manus, où l’Implacable et les navires qui l’accompagnaient les attendent depuis le 17, afin de participer, toujours sous la direction et pour le compte des Américains, à une vaste campagne de bombardements des côtes nippones, prélude à un futur débarquement.

Toute la flotte… non, car l’Indefatigable a malheureusement dû demeurer en Australie, victime d’insondables problèmes avec les quatre compresseurs qui alimentent ses catapultes (1), catapultes sans lesquelles aucun de ses appareils ne serait capable de décoller, du moins à pleine charge !

Pour la British Pacific Fleet, ce retour au travail commence donc plutôt mal, puisque la nouvelle Task Force 37 (2) qui appareille de Manus le 06 juillet se compose des seuls porte-avions Formidable, Victorious et Implacable, du cuirassé King George V (navire amiral), de six croiseurs - dont le mal nommé canadien… Uganda (!) - d’une quinzaine de destroyers, et de quelque 255 avions embarqués, soit des chiffres qui, considérés d’un point de vue britannique ou alors américain, veulent dire beaucoup ou alors pas grand-chose.

Reste maintenant à savoir qu’en faire…

(1) les porte-avions de cette époque utilisent encore des catapultes à air comprimé 

(2) Halsey ayant officiellement succédé à Spruance à la mi-mai, la 5ème Flotte américaine est redevenue la 3ème, et la Task Force 57 britannique tout aussi logiquement devenue la 37 

1 commentaire:

Anonyme a dit...

Bonjour! Bravo pour le blog...On, est traditionaliste dans la marine et surtout dans la marine anglaise post victorienne : On tarde à accepter le concept du sous-marin, on envoie paître Elmer Sperry et son compas gyroscopique à la veille de la bataille des Falklands, et on s'accroche à des règles de relevé d'amers dépassées , ce qui fait que comme l'amiral Jean Cras a inventé dans les années 30 une géniale règle-rapporteur en plastique transparente, les officiers de marine anglais en stage sur les navires français se transforment en pickpockets...

Par contraste les américains prennent pas mal de traditions navale par dessous la jambe et innovent gaillardement : Roosevelt convoque Harry J Kaiser un industriel self made man qui ne connait rien à la construction navale et l'envoie visiter les chantiers navals...et il chamboule tout pour construire les cargos Liberty Ships en six fois moins de temps que les chantiers classiques.
Les anglais s'étaient clairement endormis sur leurs lauriers après la guerre de 14 , même s'ils avaient quand même pris en marche le train de la chauffe au mazout, des porte-avions (mais pas des avions embarqués robustes et fonctionnels) et des sous marins...Quant aux nageurs de combat ce sont les...italiens qui leur ont donné la leçon avec Gibraltar et Alexandrie...à leur décharge ils ont su se mettre à niveau...

Pour le mazoutage en mer les américains avaient clairement été plus innovants en déployant des systèmes de ravitaillement en marche "à couple" et des pétroliers d'escadre rapides...