mardi 1 avril 2025

8242 - "dans le but de forcer le Japon à se tenir tranquille"

Churchill, en 1941, sur le pont du Prince of Wales en route pour la Conférence de l'Atlantique
... de manière pour le moins ahurissante, un cuirassé comme le Prince of Wales, que l'on considère incapable de triompher d'un Bismarck ou d'un Tirpitz en combat singulier, un cuirassé que l’on se refuse, par crainte qu'il ne lui arrive malheur, à risquer trop près des côtes et donc à portée des terrains d’aviation allemands - raison pour laquelle on l'envoie d'ailleurs en Extrême-Orient par la route du Cap plutôt que par la Méditerranée et le Canal de Suez - et un cuirassé que Churchill lui-même a toujours considéré, et considérera toujours, comme "gravely undergunned", "gravement sous-armé", ce cuirassé, donc, est néanmoins jugé suffisamment puissant pour affronter - et désormais pour affronter seul ! - toute menace, aérienne ou navale, que le Japon est susceptible de dresser sur sa route !

"C'est", écrit Churchill à Staline, "dans le but de forcer le Japon à se tenir tranquille que nous envoyons dans l'Océan Indien le Prince of Wales, notre plus récent cuirassé, un bâtiment qui peut affronter et détruire n'importe quel navire japonais" (sic)

Et dans une autre missive. adressée cette fois au Président Roosevelt, le même Churchill de souligner que "nous envoyons ce puissant navire dans l'Océan Indien en tant que composante [principale] d'une force que nous rassemblons là-bas. Il n'y a rien de tel que de disposer de quelque chose qui peut affronter et détruire n'importe quel ennemi".

Pour le Premier Ministre britannique, qui suit jour après jour, et quasiment heure après heure, la traversée du Prince of Wales, et qui ne cesse de réclamer de le voir progresser plus rapidement, l'échouage du porte-avions Indomitable ne constitue donc en définitive qu'un banal incident, certes fâcheux dans l’absolu, mais en aucune manière décisif.

Il se trompe...

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