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| Canon de 15" (380mm) à Singapour : l'illusion de la puissance... |
Et pour la Grande-Bretagne, et plus encore pour la Royal Navy, le péril japonais s’avère particulièrement difficile à appréhender !
Sur le papier, et même après le Traité de Washington, Albion domine encore largement en terme de navires de guerre avec, par exemple, 18 cuirassés contre seulement 10 au Japon, mais le problème, c’est qu’elle n’a d’autre choix que de les éparpiller sur toutes les mers du Monde et aux quatre coins de son vaste empire alors que le Japon, lui, peut concentrer l’intégralité de ses forces navales, mais aussi aériennes ou terrestres, dans le seul Océan Pacifique.
Dit autrement, pour l’emporter contre la Marine impériale japonaise dans un classique combat navire contre navire, la Royal Navy devrait disposer d’une flotte deux à trois fois plus grande qu’elle ne l’est, ce que les conditions financières, et à présent légales, interdisent absolument !
Tout au long des années 1920 puis 1930, les Britanniques, bien conscients de leur faiblesse, vont alors s’appuyer sur une stratégie qui, à défaut de briller par son incomparable génie, offre du moins l’avantage de la simplicité puisque reposant toute entière sur deux principes essentiels : les gros canons des batteries côtières, et en particulier ceux de l’île-forteresse de Singapour, d’une part, la Flotte américaine du Pacifique de l’autre.
Les premiers auront pour mission sinon de dissuader les Japonais, du moins d’en retarder la progression suffisamment longtemps pour permettre l’arrivée d’une flotte britannique de renfort prélevée sur les effectifs de l’Atlantique et/ou de la Méditerranée, et qui pourra ensuite opérer depuis Singapour-même ou, dans le pire des cas, depuis l’Australie.
Quant à la Flotte américaine du Pacifique, pour l’heure stationnée sur la côte californienne (1), sa participation aux côtés de la Grande-Bretagne semble garantie, puisque personne n’imagine en effet une Guerre du Pacifique qui se limiterait à un simple conflit Grande-Bretagne/Japon
Voilà pour la stratégie…
(1) la Flotte américaine du Pacifique demeura stationnée à San Pedro (à proximité de Los Angeles) jusqu’au printemps de 1940, lorsque la montée des tensions dans le Pacifique incita le gouvernement Roosevelt à la délocaliser à Pearl Harbor

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