mercredi 19 mars 2025

8229 - séparés par davantage qu'une même langue

Le Colorado, en 1923 : 33 000 tonnes et 8 canons de 406mm...
 … les cuirassés des uns et des autres ne pourront de surcroit pas dépasser un tonnage maximum de 35 000 tonnes, et un calibre maximal de 16 pouces (406mm) pour l'artillerie.

Mais d’autres mesures de limitation sont également prévues pour les croiseurs (10 000 tonnes et 8 pouces - 203mm - au maximum) ainsi que pour ces nouveaux-venus que sont les porte-avions, dont le rôle et le véritable potentiel restent encore à ce point énigmatiques qu’ils se voient carrément autorisés à emporter eux aussi des canons d'un calibre allant jusqu’à 8 pouces,... soit équivalant à celui des croiseurs !

Malgré ses défauts, et les innombrables récriminations dont il va rapidement faire l’objet, le Traité de Washington est le premier exemple réussi d’accord de limitation des armements entre grandes puissances, puisqu’il va bel et bien stopper la course à la surenchère pendant plus d’une décennie.

Toutefois, si les contribuables ont toutes les raisons de se réjouir du dit accord, les amiraux et les milieux nationalistes ne peuvent en revanche s'empêcher de faire triste mine, et c’est particulièrement vrai chez les Japonais qui, en ces années 1920 où le prestige des Nations se calcule encore au nombre et la taille des cuirassés et de leurs canons, jugent proprement humiliant d’avoir à se contenter de 10 cuirassés ou croiseurs de bataille quand Britanniques et Américains sont autorisés à en posséder 18 !

Et c’est aussi le cas chez les Britanniques qui, dès 1927, et pour la première fois, vont en effet devoir partager le trône à égalité avec les Américains, lesquels, s’il faut du moins en croire George Bernard Shaw, sont certes des cousins "séparés par une même langue" (1), mais aussi, et de plus en plus, des rivaux particulièrement dans ce Pacifique qu’ils en sont venus à considérer comme une véritable Mare Americana où les Britanniques sont désormais de trop.

Pour les responsables de la Royal Navy, et pour le gouvernement de Sa Gracieuse Majesté, les Américains, bien que fort déplaisants, sont cependant loin de représenter la menace la plus grave pour l'Empire...

(1) "The English and the Americans are two peoples divided by a common language"


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