![]() |
| Le Schnellboot : comme le MTB britannique... en plus grand |
Après les gros canons, place maintenant aux petites embarcations, et plus exactement aux MTB (Motor Torpedo Boat), c-à-d aux vedettes lance-torpilles.
Sur le papier, le Plan Fuller a prévu une douzaine de MTB, mais en ce début d’après-midi du 12 février 1942, et comme nous l’avons vu, seules huit d’entre-eux sont réellement disponibles.
Aussitôt l’ordre d’attaque communiqué, cinq ont appareillé de Douvres, et les trois autres de Ramsgate, quelques minutes plus tard.
Même s'il y en avait douze, ce ne serait guère,... et d’autant moins qu’en face, les deux croiseurs de bataille et le croiseur lourd allemands disposent de six destroyers, mais aussi… d’une bonne trentaine de vedettes analogues - les célèbres Schnellboot (1) - pour protéger leurs flancs !
Soumis à un déluge de mitraille en provenance des uns et des autres tout au long de leur approche, les huit MTB font ce qu’ils peuvent, mais dans ces conditions, il serait vain d’espérer un miracle, et de fait, aucune de leur torpilles, lancées en limite de portée, soit à environ 4 km, ne réussit à toucher quoi que ce soit !
Et une fois les torpilles lancées, il ne reste évidemment plus qu’à faire demi-tour et à s’enfuir à toute vitesse, et toujours sous la mitraille (!), ce qui, néanmoins s’effectue sans perte, non par chance ou habileté des barreurs, mais tout simplement parce que les Allemands, de leur côté, sont soumis à des règles d’engagement très strictes, lesquelles leur interdisent formellement de poursuivre tout bâtiment ennemi en retraite, même éclopé, attendu que la seule chose qui compte lors de toute cette opération est d’assurer le retour sain et sauf en Allemagne des trois navires de Brest…
(1) bien destiné aux mêmes missions, le schnellboot allemand est une dizaine de mètres plus long et beaucoup plus lourd que le MTB britannique, et dispose donc de meilleures qualités nautiques et d'une plus grande autonomie.

1 commentaire:
Une fois la "cartouche" des Vedettes Lance Torpilles tirées, ce sera à l'aviation et aux destroyers de Harwich de tenter quelque chose...sans spoiler on va dire que çà ne va pas très bien marcher.
Il existe une vidéo d'instruction de la Royal Navy intitulée "raising steam" (mettre sous pression de vapeur) datant précisément de 1942 montrant le processus de mise en route d'un destroyer (fictif) le HMS Jovial entre l'arrivée d'une charmante Wren à motocyclette bottée de cuir et porteuse d'un ordre d'appareillage de l'amirauté et le passage entre les digues du port du navire, filant vers la haute mer (mais pas à sa vitesse maxi, car il faut encore monter en température et en pression aux machines) Le film est plein de plans de coupe et d'ellipses et dure quand même 21 minutes (Dans la vraie vie c'est sans doute bien 3 fois plus) https://www.youtube.com/watch?v=uwMRCU0olS0 .
Dans le film "Coulez le Tirpitz" , on voit aussi ce genre de scène (les équipages des sous marins de poche ont été capturés, on leur a offert un godet de schnaps, mais les bombes à retardement sont sous la coque et le compte à rebours est commencé ... on voit l'officier mécanicien, hypnotisé par son manomètre de vapeur tapotant d'un air angoissé le cadran en espérant qu'il pourra dégager le navire de son mouillage avant l'explosion...sans spoiler, çà rate...).
Au temps de la vapeur, le seul moyen d'appareiller rapidement c'était de garder les feux allumés 24X24 (à petite pression) . Le fameux remorqueur de sauvetage Iroise (Remorques de Vercel et le légendaire film de Duvivier avec Gabin et Michèle Morgan) basé à Brest brûlait du charbon 24 H sur 24 ...et a fini par être supplanté par un remorqueur allemand , le Seefalke, bien plus moderne, (le vrai Iroise, alias Cyclône et ex Tchernomor était une très solide récupération de la flotte des russes blancs , internée à Bizerte en Tunisie par les français...bien entendu équipé d'un monumental tournebroche à pistons triple expansion et d'une paire de grosses chaudières)...
Le remorqueur Seefalke, avec ses diesels pouvait appareiller en moins d'un quart d'heure , comme les sous marins français qui ont fui Toulon vers Alger au moment de l'invasion de la zône pétainiste Sud..les gros navires n'ont pu que se saborder.
Publier un commentaire