mardi 4 juillet 2023

7615 - le chaos dès le départ

L'Avenger, début 1942, juste avant sa livraison à la Royal Navy
... Loch Ewe (Écosse), 02 septembre 1942

Le 02 septembre, le PQ18 appareille non pas d'Islande, mais bien directement d'Écosse, ce qui, en pratique, ne change cependant rien puisque la géographie étant ce qu'elle, il va de toute manière inévitablement se retrouver au large de l'Islande, où il sera du reste rejoint en mer par un autre petit convoi d'une demi-douzaine de cargos parti depuis l'Islande, et qui l'accompagnera jusqu'à Arkhangelsk.

Au total, le PQ18 compte une quarantaine de navires de commerce - c'est un record - ainsi que plusieurs pétroliers-ravitailleurs et un navire de sauvetage, qui, comme à l'accoutumée, sont entourés et protégés par une quinzaine de destroyers, corvettes, dragueurs de mines et chalutiers armés constituant son escorte rapprochée.

A quelques encablures, on trouve aussi le porte-avions d'escorte Avenger, lui-même flanqué de deux destroyers, et enfin, et hors de vue, les destroyers du "Fighting Destroyer Escort group", les croiseurs et destroyers de la force de couverture rapprochée, et les deux cuirassés, le croiseur et les destroyers de la couverture éloignée

Pour l'Arctique, c'est un convoi impressionnant, qui ne le cède en rien au PQ17 de sinistre mémoire, mais c'est aussi, et malheureusement, un convoi qui commence bien mal puisqu'il plonge immédiatement dans la tempête, qui occasionne divers dégâts aux bâtiments, et sème carrément le chaos sur l'Avenger

"Dans le hangar, les avions étaient retenus au bout des ailes et à la queue avec des élingues en acier qui s'avérèrent complètement inutiles.  En quelques minutes, ils se sont tous détachés et se sont écrasés les uns contre les autres et contre les côtés du hangar.

Se tenant difficilement sur leurs pieds, les marins avaient commencé à sécuriser les avions avec des cordes lorsqu'un bruit de roulement et d'écrasement dans le puits d'ascenseur leur apprit qu'une quantité de bombes de 500 livres, toutes amorcées, étaient également occupées à dégringoler. "Nous avons finalement sécurisé les bombes en étalant des duffle-coats avec des attaches de corde et lorsqu'une bombe roulait sur les manteaux, nous les sécurisions avec les attaches. Dieu seul sait comment nous l'avons fait, mais nous l'avons fait" (1)

(1) Woodman, op cit, page 320

1 commentaire:

Anonyme a dit...

drôle de silhouette cet Avenger...on reconnaît bien une coque de cargo avec une plateforme boulonnée dessus...

Certains porte avions d'escorte britanniques étaient encore plus frustes : tous les avions en pontée, pas de hangar ou d'ascenseur....mais les cales étaient conservées et pouvaient embarquer des marchandises (chaque nuage a sa doublure argentée disent les british)...et la conversion des Hurricanes et des Spitfires avec des ailes repliables et une crosse d'appontage était assez bidouillée sur les premières versions...

Le Seafire n'est devenu vraiment naval qu'avec un moteur R R Griffon entraînant une hélice double contra rotative (avant il embarquait sauvagement sur un bord par effet de couple)et son emploi sur porte avions était délicat (repli du train vers l'extérieur et voie étroite) inadaptée à l'aéronavale.. Les anglais ont dû, beaucoup plus que les américains, faire avec du matériel juste suffisant et des improvisations plus ou moins heureuses