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| L'explosion de "Gadget" à Alamagordo, 16 juillet 1945 |
… Alamagordo (Nouveau Mexique), 16 juillet 1945, 05h29
L’usage d’un détonateur classique, fonctionnant à l’impact, ayant été écarté car jugé bien trop risqué, les bombes destinées au Japon doivent exploser en hauteur, grâce à un détonateur altimétrique, ce pourquoi "Gadget", la bombe d'environ 4 tonnes destinée au test, est-il hissé le 15 juillet au sommet d’une tour métallique de 30 mètres de haut hâtivement assemblée dans le désert.
A cette époque où les ordinateurs sont encore balbutiants, et la simulation informatique un rêve de science fiction, on espère ainsi simuler du mieux possible l’effet des futures explosions au-dessus du Japon.
La tension est palpable et chacun s’affaire dans l’urgence car Truman qui, avec Churchill et Staline doit participer à la Conférence de Postdam, a exigé que les résultats du test lui soient communiqués avant l’ouverture des travaux, qui doivent débuter le 17.
Mais personne sur le site ne peut dire ce qui va réellement se passer : les physiciens présents, parmi lesquels figure évidemment Oppenheimer, tiennent même des paris sur la puissance que dégagera l’explosion, les plus pessimistes tablant carrément sur un échec total !
Le lendemain, à 05h29, l’engin est finalement mis à feu : un éclair illumine le ciel pendant une à deux secondes; le bruit de l’explosion, assourdissant, est perçu à une distance de 160 km tandis qu’un monstrueux champignon s’élève lentement dans le ciel jusqu’à une altitude de 12 000 mètres.
Le test, dont on pouvait craindre le pire, s’avère donc un succès total,… surtout pour le physicien Isidor Isaac Rabi, qui avait parié sur une puissance équivalente à 18 000 tonnes de TNT alors que l’explosion de "Gadget" en a en réalité généré environ 20 000…
L’usage d’un détonateur classique, fonctionnant à l’impact, ayant été écarté car jugé bien trop risqué, les bombes destinées au Japon doivent exploser en hauteur, grâce à un détonateur altimétrique, ce pourquoi "Gadget", la bombe d'environ 4 tonnes destinée au test, est-il hissé le 15 juillet au sommet d’une tour métallique de 30 mètres de haut hâtivement assemblée dans le désert.
A cette époque où les ordinateurs sont encore balbutiants, et la simulation informatique un rêve de science fiction, on espère ainsi simuler du mieux possible l’effet des futures explosions au-dessus du Japon.
La tension est palpable et chacun s’affaire dans l’urgence car Truman qui, avec Churchill et Staline doit participer à la Conférence de Postdam, a exigé que les résultats du test lui soient communiqués avant l’ouverture des travaux, qui doivent débuter le 17.
Mais personne sur le site ne peut dire ce qui va réellement se passer : les physiciens présents, parmi lesquels figure évidemment Oppenheimer, tiennent même des paris sur la puissance que dégagera l’explosion, les plus pessimistes tablant carrément sur un échec total !
Le lendemain, à 05h29, l’engin est finalement mis à feu : un éclair illumine le ciel pendant une à deux secondes; le bruit de l’explosion, assourdissant, est perçu à une distance de 160 km tandis qu’un monstrueux champignon s’élève lentement dans le ciel jusqu’à une altitude de 12 000 mètres.
Le test, dont on pouvait craindre le pire, s’avère donc un succès total,… surtout pour le physicien Isidor Isaac Rabi, qui avait parié sur une puissance équivalente à 18 000 tonnes de TNT alors que l’explosion de "Gadget" en a en réalité généré environ 20 000…

3 commentaires:
Bonjour, compliments pour votre blog.
Pour ce qui est du détonateur altimétrique il y avait d'autres raisons que la simple sécurité / fiabilité du dispositif : l'explosion en altitude maximisait les dégâts au sol.
la bombe de Hiroshima, à l'Uranium , moins puissante que celle de Nagasaki (au plutonium et très semblable dans son principe à la bombe test Gadget) fit en fait plus de dégâts, car Hiroshima était en plaine alors que Nagasaki était dans une région vallonnée
En fait le déclenchement de la bombe de Hiroshima (où la masse critique était obtenue avec un "canon à Uranium" )était un système à multiples tiroirs : un câble (genre parachutage automatique) actionnait un dispositif à retardement, lequel en fin de course actionnait un altimètre classique (barométrique), qui à son tour activait un radioaltimètre qui (enfin) faisait détoner la bombe...
Le colonel Tibbets, pilote du fameux "Enola Gay", fit prudemment tester le 19 avril une bombe d'exercice munie du système primitif , juste le radioaltimètre(conçu pour laisser à l'avion le temps de faire un virage acrobatique et de s'enfuir à pleins moteurs, surpuissance enclanchée) ...et bien lui en prit, la bombe d'exercice réglée pour péter à 1800M explosa juste sous l'avion , à 9500 M d'altitude.
Quelques jours plus tard le système "à tiroirs" décrit plus haut fut testé sur une seconde bombe d'exercice larguée au dessus de la mer....qui eut pour seul résultat un gros plouf! et une gerbe d'écume...
Comme on dit, le Diable est dans les détails
Je croyais ue le gagnant du paris était Edward Teller qui a plus tard fondé le Laurence Livermore laboratory.
D'après le site (en espagnol) de Luis Jar Torre, ex Capitaine de Vaisseau, puis spécialiste en sécurité navale qui revisite le projet Manhattan dans un article de la très sérieuse revue officielle de la marine espagnole -Revista General de Marina-, article facétieusement baptisé subproyecto Pepe Gotera * et pointe avec un humour dévastateur tous les cafouillages et les loupés de cette entreprise abondamment vantée par la propagande US, et toutes les erreurs de prédictions des savants atomistes, Teller qui , lui était du genre va t'en guerre avait pronostiqué 45KT (quasiment 2 fois trop) ...Isaac Rabi avait choisi l'estimation un peu au hasard et Fermi avait fait une mesure grossière lors de l'explosion en observant l'agitation de bouts de papiers jetés en l'air...tandis que d'autres spécialistes firent des évaluations à l'aide de ...canettes de bière vides fixées sur des piquets ou des murs, plus ou moins écrasées par l'onde de choc, une mesure reprise de façon extensive lors des tests "Able" et "Baker" sur l'atoll de Bikini...on croirait des expériences de physique amusante pour gamins de 14 ans ...mais il paraît que çà marchait...
* Pepe Gotera est un anti-héros de Bande Dessinée crée en Argentine et connu dans tout le monde hispanique...ce plombier particulièrement "chapucero" (cafouilleux) est du même tonneau que Gaston Lagaffe ou que le soldat SNAFU de Tex Avery
Lien vers l'article, hilarant pour qui lit le castillan https://www.grijalvo.com/Batracius/Batracius_Proyecto_Manhattan_SUBPROYECTO_PEPE_GOTERA_.htm
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