samedi 9 juillet 2022

7254 - entre marginale et inexistante

Churchill, à Berlin-Gatow, en juillet 1945. Malgré son prestige, son influence est désormais proche de zéro...
… en termes non-diplomatiques, on dirait des responsables japonais à la recherche d’une paix négociée avec les États-Unis qu’ils se font carrément rouler dans la farine.

D’abord parce que l’intermédiaire en principe neutre qu’ils ont choisi pour porter leur message à Washington, à savoir l’URSS de Joseph Staline, n’a en vérité aucun intérêt à voir cette paix se réaliser et, pire encore,... s’est au contraire déjà secrètement entendu avec les États-Unis pour se rallier à eux et contre le Japon !

Ensuite, et surtout, parce que les États-Unis, comme ils ne cessent d’ailleurs de le rappeler sur tous les tons depuis janvier 1943 (!), ne veulent entendre parler d’aucune "négociation", si ce n’est, peut-être, pour régler les détails triviaux - comme l’échange des stylos ou la forme de la table ! - de la cérémonie de "Capitulation sans condition" qu’ils exigent !

Comme c’était déjà le cas avec l’Allemagne nazie, Churchill et les Britanniques seraient néanmoins prêts à discuter avec les Japonais,... si ceux-ci s’adressaient directement à eux plutôt qu’à Moscou, mais, même ainsi, et comme avec l’Allemagne nazie, les Américains se montreraient de toute manière inflexibles !

"Winston Churchill était le premier et le plus important dirigeant allié disposé à nuancer l’exigence de Capitulation sans condition exigée du Japon. Devant les chefs d'état-major réunis au Caire, le 9 février 1945, il affirma que "certaines formes d'atténuation seraient utiles, si elles permettaient de s’épargner un an ou un an et demi d'une guerre où tant de sang et de richesses seraient gaspillés". Roosevelt balaya le Premier Ministre du revers de la main. L'influence britannique en ce domaine, comme d'ailleurs en tout ce qui concernait la Guerre du Pacifique, variait entre marginale et inexistante. Les décisions sur la manière de s'adresser aux Japonais, que ce soit par la force ou par des pourparlers, relevaient exclusivement de Washington" (1)

(1) Hastings, op cit

1 commentaire:

Anonyme a dit...

Bonjour!
Vous résumez fort bien la perte de l'influence et le déclin de l'Empire britannique...

Churchill et Roosevelt sont d'ailleurs en instance de départ , le premier vers un monde qu'on dit meilleur et le second vers la retraite anticipée...les anglais n'ont pas été assez bêtes pour oublier que le grand chef de guerre est aussi un conservateur quasi réactionnaire, partisan de la manière forte avec les grévistes, qui fit mitrailler les mineurs gallois dans la bourgade de Tonypandy...

Alors même que la guerre et les futures indépendances coloniales vont écrouler la prospérité économique anglaise, les anglais qui en ont bavé sous les bombes et les torpilles allemandes et subi les restrictions alimentaires ont bien l'intention que les promesses de "Wefare state" (sécurité sociale) ne soient pas que des promesses électorales n'engageant que les braves couillons qui y croient et préféreront voyer Clement Atlee pour les voir se concrétiser