vendredi 8 juillet 2022

7253 - la journée des dupes

Le Pacte nippo-soviétique du 13 avril 1941 : neutres jusqu'à ce qu'on en décide autrement...
… même s’ils sont dans l'ignorance de ce qui s’y est dit, et s’ils ignorent en particulier l’accord conclu entre Roosevelt et Staline, les responsables japonais n’en ont pas moins été alarmés par cette nouvelle rencontre entre les deux hommes. 

"Le 22 février, l'ambassadeur du Japon à Moscou, Naotake Sato, ancien ministre des Affaires étrangères, rendit visite à Vyacheslav Molotov, ministre des Affaires étrangères de Staline, à son retour de la Conférence de Yalta.

Sato se vit garantir que les relations bilatérales russo-japonaises, et l'avenir du pacte de neutralité des deux pays, n'avaient rien à voir avec les Américains et les Britanniques.

Cette pâle tromperie fut accueillie avec satisfaction à Tokyo. Le Japon avait besoin de toute la bonne volonté russe afin de sauver son empire chancelant, au moment précis où Staline s’était lui-même secrètement engagé à le piller" (1)


Car Staline, en qui les Japonais ont placé tous leurs espoirs en vue de pourparlers de paix avec les États-Unis, n’a en vérité aucune envie de voir celle-ci se concrétiser,... puisqu’il se verrait alors privé d’un prétexte pour entrer lui-même en guerre et s’approprier une part du butin japonais !

"Les Russes (…) avaient désormais le plus grand intérêt possible à ce que les Japonais continuent à se battre. Si Tokyo faisait la paix avec Washington avant que Staline n'ait déplacé ses armées vers l’Est et soit prêt à déclarer la guerre, les Américains pourraient revenir sur le butin promis à Yalta » (2)

(1) et (2) Hastings, op cit

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