jeudi 30 juin 2022

7245 - créer une nation de suicidaires

Étudiantes du Kokumin Giyū Sentōtai, s'entraînant au maniement des armes, 1945
… au Japon, où l’embrigadement débute dès la petite enfance, y compris pour les filles, chacun se prépare en effet comme il peut à "la plus grande des batailles", celle qui décidera non seulement de son propre sort mais aussi, et peut-être surtout, de celui de l’Empire tout entier.

Car malgré les pertes qu’ils ont subi à Okinawa, les Américains, contrairement à ce que l’on avait espéré, ne manifestent aucune intention d’entreprendre des pourparlers et se limitent en fait à répéter inlassablement leur exigence - totalement inacceptable pour le Japon - de "Capitulation sans condition", déjà formulée à Casablanca, en janvier 1943 !

"Deux postulats fondamentaux sous-tendaient encore le raisonnement stratégique japonais : d’abord le fait que les Américains devraient nécessairement envahir leurs îles natales pour revendiquer la victoire ; et ensuite que, dans cette éventualité, ils pourraient être repoussés.

Tous les éléments déjà utilisés à cet effet sur Okinawa seraient déployés à de multiples reprises au Kyushu : défenses fixes, avions kamikazes, bateaux-suicides, bombes-fusées-suicides "ohka", unités antichars suicides.

Le manuel de terrain récemment publié par l'armée japonaise pour cette bataille décisive dans la mère-patrie appelait à se montrer résolument impitoyable envers tout Japonais, jeune ou vieux, homme ou femme, qui entraverait la défense ou serait utilisé comme bouclier par les envahisseurs.

Il n'y aurait pas de retraite. Les blessés devraient être abandonnés. Ceux dont les armes et les munitions seraient épuisées devraient continuer à se battre à mains nues. Il s'agissait d'un engagement à créer non seulement une armée de suicidaires, mais une nation toute entière" (1)

(1) Hastings, op cit

1 commentaire:

Anonyme a dit...

Sur la photo il y en a cinq qui regardent par dessus le parapet complètement ailleurs :)