jeudi 28 avril 2022

7181 - "Les ordres sont les ordres"

Le Yamato : l'ultime - mais dérisoire - atout de la Marine impériale
Kusaka, qui en vérité a bien peu à offrir si ce n'est la vague promesse que les escadrilles d'avions kamikazes auront, d'ici-là, sérieusement entamé le potentiel aéronaval américain, ne s'attendait certes pas à pareil accueil !

Ne sachant déjà pas quoi répondre à Ito qui lui demande ce qu'il conviendra de faire au cas où ses bâtiments se retrouveraient gravement endommagés avant-même d'atteindre Okinawa, il finit d’ailleurs par s'emporter face à Nobii Morishita, chef d'État-major de la Seconde Flotte, qui ne cesse d'énumérer des objections aussi pratiques que le manque de mazout, ou encore l'absence totale de prévisions météo !

"Les ordres sont les ordres, que vous les aimiez ou pas !", s'exclame-t-il, avant d'ajouter, non sans maladresse, "Je pense qu'il est nécessaire que vous compreniez que la réputation du Yamato prête à la critique. La seule action de ce navire a été un échec, et certains se demandent s'il n'est pas devenu un hôtel confortable pour amiraux désœuvrés" (1)

Ce rappel de la carrière il est vrai jusqu'ici fort peu glorieuse du super-cuirassé, et en particulier de son lamentable échec de Leyte face à une poignée de porte-avions d'escorte et de destroyers en fer blanc, a évidemment pour effet d'ulcérer les officiers du Yamato qui, pour un peu, en viendraient bien aux coups !

Les invectives fusent de tous côtés : de toute son histoire, jamais la Marine impériale n'a été aussi proche de la mutinerie !

Mais comme l'a si bien fait remarquer Kusaka, "les ordres sont les ordres", et l'assentiment impérial de ceux-ci ne peut, au final, qu'emporter la décision.

"Messieurs, nous nous voyons offrir la chance de mourir. Je n'ai aucun regret et m'en vais de mon plein gré", souligne d'ailleurs l'amiral Ito…

(1)  Russel Spurr, ibid

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