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| Devant un bâtiment en flammes un soldat escorte un (rare) prisonnier japonais, Pegu, mai 1945 |
… pour ces soldats de la 14ème Armée comme pour leurs camarades américains des Philippines ou du Pacifique, c’est aujourd’hui l’heure de la revanche, une revanche certes chèrement acquise, mais qu’ils sont bien décidés à savourer comme il se doit.
"J'ai bien peur d'avoir apprécié cette campagne", déclara ainsi le capitaine Ronnie McAllister. "C’était très amusant. Nous n'avons jamais pensé à la Birmanie comme un théâtre secondaire, mais bien comme un magnifique théâtre d’opérations. Nous étions tous extrêmement fiers du régiment et de la division" (1)
Mais contrairement à leurs compatriotes qui, au même moment, se voient follement acclamés dans toutes les villes de l’Europe libérée, les soldats de cette "Armée oubliée" ne récoltent, et ne récolteront jamais, les honneurs de la Presse et la reconnaissance de l’opinion publique
"C'était toujours une déception", écrivit Slim, "d’entrer dans une ville qui avait été un nom sur la carte et un objectif pour lequel des hommes s’étaient battus et étaient morts. Il n'y avait pas pour les vainqueurs ce frisson de défiler dans des rues qui, même ravagées, étaient celles d'une grande ville, peut-être historique, comme Paris ou Rome.
Il n'y avait pas de foules libérées pour saluer les troupes. Au lieu de cela, mes soldats marchaient prudemment, toujours attentifs aux pièges et aux tireurs d'élite, à travers un enchevêtrement de poutres brûlées et de tôles ondulées tordues, avec, ici et là, s'élevant parmi des ruines sordides, les pagodes massives ébréchées et tachées d'un temple bouddhiste.
Quelques Birmans effrayés, vêtus de misérables haillons, pouvaient les regarder et parfois même les saluer timidement, mais ce n'était certes pas un accueil très inspirant, et plus d’un soldat, réalisant le prix de ses semaines d'efforts, crachait avec mépris" (2)
(1) et (2) Hastings, op cit
"J'ai bien peur d'avoir apprécié cette campagne", déclara ainsi le capitaine Ronnie McAllister. "C’était très amusant. Nous n'avons jamais pensé à la Birmanie comme un théâtre secondaire, mais bien comme un magnifique théâtre d’opérations. Nous étions tous extrêmement fiers du régiment et de la division" (1)
Mais contrairement à leurs compatriotes qui, au même moment, se voient follement acclamés dans toutes les villes de l’Europe libérée, les soldats de cette "Armée oubliée" ne récoltent, et ne récolteront jamais, les honneurs de la Presse et la reconnaissance de l’opinion publique
"C'était toujours une déception", écrivit Slim, "d’entrer dans une ville qui avait été un nom sur la carte et un objectif pour lequel des hommes s’étaient battus et étaient morts. Il n'y avait pas pour les vainqueurs ce frisson de défiler dans des rues qui, même ravagées, étaient celles d'une grande ville, peut-être historique, comme Paris ou Rome.
Il n'y avait pas de foules libérées pour saluer les troupes. Au lieu de cela, mes soldats marchaient prudemment, toujours attentifs aux pièges et aux tireurs d'élite, à travers un enchevêtrement de poutres brûlées et de tôles ondulées tordues, avec, ici et là, s'élevant parmi des ruines sordides, les pagodes massives ébréchées et tachées d'un temple bouddhiste.
Quelques Birmans effrayés, vêtus de misérables haillons, pouvaient les regarder et parfois même les saluer timidement, mais ce n'était certes pas un accueil très inspirant, et plus d’un soldat, réalisant le prix de ses semaines d'efforts, crachait avec mépris" (2)
(1) et (2) Hastings, op cit

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