dimanche 25 octobre 2026

9434 - "L'opération en elle-même contrevient à tous les principes théoriques de la guerre navale"

Raeder et Hitler (ici en 1943) "l'opération en elle-même contrevient à tous les principes de la guerre navale"
… avec une population tout juste inférieure à trois millions d’habitants, une Armée de Terre d’à peine 60 000 hommes, une Aviation qui repose encore sur une poignée de chasseurs biplans (!), et une Marine de Guerre qui se contente de deux étranges "navires de défense côtière" âgés de 40 ans (!), d’une demi-douzaine de destroyers très inférieurs à leurs futurs adversaires allemands, et d’une centaine de petits et même très petits bâtiments qui ne font peur à personne, la Norvège n’est évidemment pas de taille à repousser une invasion allemande, bien qu’elle puisse malgré tout compter également, pour sa défense, sur différentes fortifications certes anciennes mais encore - et comme nous allons le voir - en mesure de mordre.

Tout cela n’aurait cependant pas de quoi inquiéter le grand-amiral Raeder si la menace des Britanniques, et surtout celle de leur Royal Navy, n’occupait constamment son esprit !

"lors d'une conférence, le 9 mars, Raeder convint que l'occupation de la Norvège était devenue urgente pour devancer les Britanniques. Dans le même temps, l'examen des risques encourus par la marine allemande le conduisit, avec un certain retard, à en avertir Hitler de manière détaillée. 

C'était sans doute une sage précaution lorsqu'on servait un autocrate : Raeder "couvrait ses arrières" (…) "L'opération en elle-même", lui déclara-t-il, "contrevient à tous les principes théoriques de la guerre navale. Selon cette théorie, nous ne pourrions la mener à bien qu'en disposant de la suprématie navale. Or, nous ne la possédons pas : au contraire, nous lançons l'opération face à une flotte britannique largement supérieure. 

Malgré cela, et en autant que l'effet de surprise soit total, nos troupes peuvent être - et seront - transportées avec succès en Norvège" (…) "L'étape la plus délicate pour les navires sera [toutefois] le voyage de retour, qui impliquera de forcer le passage à travers les forces navales britanniques".

Rien ne pouvait en effet les soustraire à cette épreuve. La possibilité de lourdes pertes était donc envisagée, et même acceptée dès le départ, bien que l'on puisse douter qu'elle ait réellement été anticipée à la hauteur de ce qui se produisit réellement" (1)

(1) Macintyre, op cit, pp 15-16 

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