mercredi 10 juin 2026

9297 - à quel jeu joue donc Reinhard Scheer ?

Le cuirassé Ostfriesland : en 1918, il n'était plus lui aussi que l'ombre de lui-même...

… mais non content d’être déjà totalement illégal en soi, l’Ordre naval du 24 octobre est également parfaitement irréaliste… du moins pour qui considère que tout plan de bataille doit nécessairement laisser entrevoir la possibilité d’une victoire, aussi ténue soit-elle.

Mais de victoire, il ne saurait en être question ici : déjà numériquement très inférieure à la Grand Fleet à l’été 1914, la Hochseeflotte n’est en effet plus que l’ombre d’elle-même en cet automne de 1918 !

Sur le papier, elle aligne certes encore 18 cuirassés et 5 croiseurs de bataille plus ou moins opérationnels, mais leurs équipages sont désormais plus que démoralisés, tandis que la majorité de leurs officiers d’expérience ont carrément été mutés dans les sous-marins.

De toute manière, que représente pareille force face aux… 35 cuirassés (dont 5 américains) et 11 croiseurs de bataille, ainsi qu’aux marins et officiers entraînés et motivés, dont dispose la Grand Fleet ?

A un contre deux, et même avec énormément d’imagination, personne ne saurait raisonnablement imaginer une victoire allemande dans pareilles conditions ! 

Alors à quel jeu joue donc Reinhard Scheer ?

Pour certains, les plus romantiques, l’amiral allemand, craignant de voir ses précieux cuirassés et croiseurs de bataille saisis par les Alliés après l’Armistice - ce qui finira d’ailleurs par arriver - préfère leur offrir une mort glorieuse et mémorable au combat, tandis que pour d’autres, les plus réalistes, l’idée est de faire tout simplement capoter l’Armistice.

Mais quelle qu’en soit la véritable raison, et on pourrait encore en trouver d’autres, les équipages des navires visés, eux, ne sont pas du tout enclins à suivre leur commandant-en-chef dans cette aventure… 

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