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| Le Baden, en mai 1918 : ultime cuirassé mis en service au sein de la Hochseeflotte |
… partout en Allemagne, les murs se couvrent donc d'affiches de Propagande soulignant fièrement les trois croiseurs de bataille, les trois croiseurs-cuirassés, les torpilleurs et les cent-treize mille tonnes de ferrailles anglaises envoyés par le fond
Reste que même devenus héros nationaux au lendemain de la bataille, Scheer et Hipper ne sont pas dupes, puisque ce résultat flatteur ne remet nullement en cause la supériorité numérique de la Grand Fleet qui, dans moins d'un mois, s'offrira même le luxe de sortir en mer avec davantage de cuirassés et de croiseurs de bataille qu'elle n'en alignait au Jutland !
Côté allemand, les navires endommagés, en ce et y compris le miraculé Seydlitz, seront certes rapidement remis en état, et la Hochseeflotte recevra même, dans un mois, son premier super-dreadnought, le Bayern, doté, tout comme les Queen Elizabeth, de huit pièces de 380mm, puis, au début de l’année suivante, son jumeau Baden, et finalement, en mai 1917, le croiseur de bataille Hindenburg.
Mais ces trois bâtiments seront aussi les derniers grands navires de ligne mis en service par la Hochseeflotte avant la fin de la guerre.
Car bien que victoire allemande au niveau des pertes infligées autant que subies, la Bataille du Jutland n’a strictement rien changé à l’équilibre des forces en Mer du Nord, où la Grand Fleet règne toujours en maîtresse absolue, et où la Hochseeflotte se retrouve à nouveau contrainte à demeurer dans ses ports sous peine de subir une inévitable destruction en mer.
Et comme plus personne, pas même Reinhard Scheer, n’envisage de monter une seconde opération visant une fois encore à attirer une partie de la flotte britannique dans un piège, la conclusion ne va pas tarder à s’imposer : puisqu’on ne peut plus espérer l’emporter un jour sur la Grand Fleet, à quoi bon continuer à construire de grands et puissants navires de guerre ?

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