jeudi 7 mai 2026

9263 - la proue ou la poupe ?

Les torpilleurs allemands à l'attaque. Plusieurs d'entre-eux n'en reviendront pas...

… 19h45

Mais au lieu d’abattre vers la droite, c-à-d par la proue et vers les Allemands, Jellicoe décide plutôt de le faire vers la gauche, c-à-d  par la poupe et dans la direction opposée à ceux-ci !

En terme de surface offerte aux torpilles, la différence est parfaitement négligeable, mais pour l’issue de toute cette bataille, elle est au contraire décisive !

Car au lieu de continuer à se rapprocher des cuirassés de Scheer, et d’achever les croiseurs de bataille de Hipper complètement au bout de leur rouleau, les navires de Jellicoe s’en éloignent au contraire mètre après mètre !

Aucune torpille ne touche, ce qui du point de vue de Jellicoe est assurément l’essentiel, mais à 19h45, lorsque ce dernier ordonne de remettre le cap au sud-ouest, les navires de son adversaire lui ont repris plus de 4 000 mètres, et sont à présent hors de portée !

Comme l'écrira un historien britannique, "Vingt-huit torpilles et la ferme détermination de ne faire courir aucun risque à sa flotte de ligne, venaient de dérober à Jellicoe le pouvoir de remporter une victoire décisive" (1)

Car à 19h45, la visibilité, déjà fort précaire, est réduite à presque rien !

Comment retrouver la flotte allemande dans ces conditions ?

(1) cité par Jacques Mordal, op cit, page 112

1 commentaire:

Anonyme a dit...

De = Herve' PETITJEAN - diapason415@orange.fr - France
Bonjour,
La manoeuvre d'éviction des torpilles choisie par Jellicoe a été effectivement très commentée. Mais offrir la poupe à la menace présente l'avantage supplémentaire de diminuer la vitesse relative de la torpille (en gros, 35-20 = 15 noeuds..), retardant le moment d'un éventuel impact et augmentant les chances que l'engin arrive en limite de portée...
Il reste en cela cohérent avec son attitude durant toute la bataille, et plus généralement pendant la durée de son commandement.