samedi 14 mars 2026

9209 - Deutsche Qualität

Schéma de l'impact d'un 343mm du Lion sur l'arrière du Seydlitz

... mais à part réussir leur fuite (!), les navires allemands n’ont strictement rien accompli au niveau militaire, tandis que la perte du Blücher, avec quelque 800 marins et officiers, ne peut en aucune manière être considérée comme un succès,... et d’autant moins que dans le camp d’en face, les Britanniques ne déplorent qu’une cinquantaine de morts et de blessés.

Le Lion, touché à pas moins d’une quinzaine de reprises (!), a certes été gravement endommagé par les différents tirs allemands, et ne reprendra du reste son poste qu'au mois d'avril, mais il n’a toutefois pas été coulé.

Au plan matériel, on peut toutefois souligner que, compte tenu du déluge d’obus auquel ils ont été soumis, les trois croiseurs de bataille allemands - Deutsche Qualität oblige - ont bien mieux résisté qu’on ne pouvait raisonnablement l’espérer dans les circonstances, et aussi, mais à condition de vraiment aimer les statistiques sportives, mentionner que, Blücher mis à part, ces derniers n’ont finalement encaissé que sept malheureux obus alors qu’ils en ont tout de même mis vingt-deux sur les navires britanniques.

Rien de tout cela ne saurait cependant transformer une défaite en victoire, et telle est d’ailleurs l’opinion du Kaiser qui, après cette douloureuse Bataille du Dogger Bank, va, tout comme Hitler dans vingt-cinq ans (!), édicter des règles encore plus strictes, réduisant encore un peu plus la liberté d’action de sa marine de guerre,... et la condamnant encore un peu plus à demeurer au port !

Dans l’immédiat toutefois, il faut bien que des têtes tombent, mais plutôt que celle de Hipper, c'est celle de son supérieur et commandant-en-chef de la Hochseeflotte, Friedrich von Ingenohl, qui roule dans la poussière le 2 février 1915 (1).

(1) privé de commandement par la suite, Friedrich von Ingenohl mourra à Berlin en décembre 1933 




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