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| A Heligoland, des Britanniques contemplent le croiseur Mainz en flammes et en train de sombrer |
Le 28 aout 1914, donc, en voulant tendre un piège aux destroyers allemands opérant dans la Baie de Heligoland, à l’embouchure de l’Elbe, les croiseurs et destroyers du commodores Tyrwhitt ont en effet été surpris par l’arrivée aussi inattendue que rapide de plusieurs croiseurs légers allemands accourus en renfort de leurs petits camarades, et n’ont finalement dû leur salut qu’à l’apparition tout aussi spectaculaire, mais pas du tout prévue à l’origine (1), des trois croiseurs de bataille du vice-amiral David Beatty, qui ont rapidement transformé en amas de ferrailles les croiseurs légers Cöln et Ariadne,… et presque aussi vite propulsé Beatty lui-même au rang de héros national, au plus profond déplaisir de son supérieur, John Jellicoe, avec lequel il ne s’entend du reste pas du tout - nous y reviendrons.
Après cette action, qui a valu aux Allemands la perte de trois croiseurs légers et de plus de 700 hommes, mais aussi au propre fils du grand-amiral Tirpitz de se retrouver prisonnier des Britanniques qui l’avaient secouru après le naufrage du croiseur Mainz sur lequel il servait (!), le Kaiser lui-même s’est ému et a exigé de la Kaiserliche Marine qu’elle fasse désormais preuve de prudence et s’abstienne en particulier "de se lancer dans des actions susceptibles d’entrainer des pertes importantes", formulation extraordinairement vague mais qui n'encourage certainement pas l'initiative.
Tout comme un jour un certain… Adolf Hitler, l’Empereur Guillaume II n’entend rien aux choses de la mer, mais il sait en revanche fort bien ce que coûtent les navires de guerre, et est parfaitement conscient du fait que l’Allemagne, qui dans ce domaine accuse déjà un gros retard sur la Grande-Bretagne, aura bien plus de difficultés qu’elle à remplacer les navires perdus au combat, ce qui accroitra encore son handicap.
Depuis que la guerre navale existe, interdire aux navires de se risquer en mer, ou du moins encadrer leurs sorties et les réduire au minimum, a toujours été la meilleure manière de les préserver - Hitler arrivera d'ailleurs exactement à la même conclusion dans 25 ans - mais à ce compte-là, pourquoi se doter d’une énorme marine de guerre, et pourquoi s’entêter à l’entretenir…

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