vendredi 27 février 2026

9194 - la mort du Bouvet...

Le chavirage du Bouvet : plus de 600 morts en quelques secondes...

... sur le Bouvet, personne ne connait la raison de cette formidable explosion, mais personne n'a non plus le loisir de mener la moindre enquête : en quelques secondes, la gîte atteint en effet 10, 20, 30 degrés, et rien ne semble en mesure de la stopper.

Horriblement mal conçu et mal compartimenté, comme la plupart des pré-dreadnought, particulièrement français, de l'époque, le Bouvet se couche sur son flanc à une vitesse effrayante.

Machineries, équipements, et bientôt obus, s'arrachent de leurs supports et se fracassent contre les parois, accentuant d'autant la gîte, tandis que, piégés dans leurs casemates ou chaufferies, ou dans tous les ponts inférieurs, des centaines de marins, incapables de rallier la moindre issue vers l'extérieur, sont condamnés à une mort atroce.

Le Bouvet chavire et s'engloutit, emportant 660 marins et officiers, soit 90% de son équipage, avec lui.

Au total, l'affaire a duré moins de deux minutes (1)

Sur les autres bâtiments de la flotte, c'est naturellement la consternation, mais dans le feu de l'action, avec les obus ottomans qui continuent de s'abattre, et avec les torrents de fumée noire vomis par les cheminées et les tubes des canons, personne n'est en mesure de dire ce qui - mine, torpille, obus ou alors simple explosion accidentelle (2) - a anéanti ce 12 000 tonnes mis en service en 1898.

C'est la guerre. Et à 15H15, preuve que la guerre continue et que le feu ottoman est encore vivace, voilà que l’Irresistible, est atteint par un obus de gros calibre, et donnant de la bande sur tribord, finalement autorisé à retraiter, de même, que l’Inflexible, quelques minutes plus tard…

(1) certains parlent même de 55 secondes seulement !

(2) les explosions accidentelle n'étaient pas rares sur les cuirassés, véritables poudrières flottantes

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