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| L'Agincourt - et ses incroyables SEPT tourelles - derrière l'Erin, en 1918 |
Et c’est alors qu’intervient un jeune et déjà célèbre Britannique de 31 ans qui, en octobre 1911, a accepté avec enthousiasme le poste de Premier Lord de l’Amirauté, soit l’équivalent d’un Secrétaire d’État à la Marine…
… Winston Churchill
A ce poste, Churchill n’a pas tardé lui non plus à être atteint de la "fièvre du dreadnought"… dont il avait pourtant dénoncé les coûts exorbitants trois ans plus tôt, lorsqu’il était Ministre du Commerce !
Et puisque les Allemands se sont eux mis eux aussi à construire des dreadnought, la Grande-Bretagne, dit-il, doit se mettre à fabriquer des… Super-dreadnought de 33 000 tonnes et 8 canons de 381mm - les futurs Queen Elizabeth - qui seront bien sûr encore plus gros, encore plus puissants… et encore plus chers que tous leurs prédécesseurs !
Mais le 29 juillet 1914, alors que les perspectives de guerre se renforcent, et que ces cinq nouveaux "super-cuirassés" sont encore loin d’être achevés, Churchill prend une décision qui va certes plaire à la Royal Navy, mais en revanche fortement... déplaire à l’Empire ottoman : réquisitionner, et faire verser à cette même Royal Navy, sous les noms d’Agincourt et Erin (1), les Dreadnought Sultân Osmân-ı (ex Rio de Janeiro brésilien) et Reşadiye, qui terminent tous deux leurs essais en mer, ultime étape avant livraison à l’Empire ottoman !
Avec l’entrée en guerre de la Grande-Bretagne contre l’Allemagne qui apparait de plus en plus imminente, et le rapprochement de plus en plus évident de l’Allemagne avec l’Empire ottoman, la décision de Churchill est on ne peut plus logique : à quoi bon en effet livrer à autrui des armes alors considérées comme la clé de toute victoire sur Mer, des armes dont on risque d’avoir urgemment besoin pour soi-même,… et des armes qui risquent fort d’être utilisées contre soi dans les jours ou les semaines à venir…
(1) intacts, et en relativement bon état, à la fin de la guerre, les Agincourt et Erin seront néanmoins ferraillés en 1922, en application des clauses du Traité de Washington sur la réduction des armements navals.

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